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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 23:26
La souris verte

"Un roman magnifique de Robert Sabatier, morceaux choisis :

Comment un homme peut-il être à ce point hanté par un souvenir de jeunesse ? Je n'en finirais pas de m'interroger. "Si tu poses des questions, tu n'obtiendras que des réponses !" dit un proverbe africain.

En ce temps-là, on arrosait la terre avec du sang, des larmes, et il poussait de petits dictateurs. Naissaient des sigles, R.P.F, P.P.F., L.V.F, S.O.L. préfigurant la Milice, tandis que les quatre D détestés : Marnand, Déat, Degrelle, Doriot se grisaient de leur déchéance..."

 J'ai trouvé ces lignes juvéniles sur les pages d'un cahier à reliure spirale portant la date 1942.

 Toute guerre a l'intérêt de nous enseigner la géographie. que savais-je d''El-Alamein, de Stalingrad ou de Pearl Harbor avant de planter ces drapeaux faits d'une épingle et d'un papier replié peint aux couleurs d'une nation sur une mappemonde fixée au mur de ma chambre ? 

Nous étions en 1942. "Plus un pas en arrière !" avait proclamé le maréchal Staline.

 

 Une affiche proposait l'échange d'un litre de vin contre deux cents grammes de cuivre : on attirait le Français réputé ivrogne avec du vin comme les rats avec du fromage.

 Comme pour mes héros médiévaux, j'avais l'obsession des noms propres : Eisenhower, Montgomery, Clark répondaient à Paulus, Keitel, Brauchitsch ou Guderian. En France, on ne parlait que d'amiraux, Auchan, Platon, Abrial, Decoux, Esteva, Michelier tandis que la Flotte se sabordait à Toulon.

 De sottes affiches témoignaient de la duperie de la Relève des prisonniers : "Ils donnent leur sang. Donnez votre travail.", ou "Je suis heureuse. Mon mari travaille en Allemagne."

C'est à ce moment-là que je l'ai rencontré. La première fois, elle me parla de photographies et de son oncle. Il tenait un rôle de Bel-Ami comme dans ce film allemand que je ne voulais pas voir. Elle me dit :

- Je ne suis pas une guerrière. Seulement une traductrice. Le nom est Nachrichtenhelferinnen. Comme ce serait trop difficile à prononcer, vous dites "souris grises".

 J'aurais préféré une autre couleur, "souris verte" par exemple. Vous savez : Une souris verte qui courait dans l'herbe...

- ... Je l'attrape par la queue...

- ... Je la montre à ces messieurs..."

 

Plus tard, allongé dans mon lit, j'entrepris d'écouter la B.B.C.

A force de caresser le bouton de l'appareil et de tendre l'oreille. au contraire des grincements haineux de Jean-Harold Paquis sur Radio-Paris, j'appris l'ouverture de négociations entre de Gaulle et Giraud, puis après les curieux messages personnels, j'entendis la Voix des Belges libres qui se terminait par cette phrase : "Allez, les Belges, au revoir et courage, on les aura, les boches !"

J'allai à la fenêtre. Sur le trottoir d'en face, une fillette sautait à la corde. J'en étais là quand je vis celle que je ne voulais pas attendre. Elle sourit à la fillette, lui parla, lui caressa la tête et traversa la rue. je compris que je n'aurai pas le courage de faire le mort. Je me répétai alors qu'elle n'était pas allemande, qu'elle ne pouvait pas être une allemande. J'étais près de la porte avant même qu'elle eut sonné.

Je l'entend encore : "Je sais : personne ne nous regarde. C'est pourquoi il y avait des panneaux d'indication en allemand partout dans les grandes artères. Nous appelons Paris Die Stade orne Blick, la ville sans regard.

 Pour les Allemands, c'était champagne, cognac, femmes dénudées, strass et faux luxe, plaisirs frelatés. Pour eux, Paris était une récompense. Il existait un slogan : Jeder einmal in Paris, "Chacun une fois à Paris".

 Puis elle murmura : "Marc..." et je dis : "Maria..."

 

 Je n'avais jamais connu un tel émoi ; je ne devais jamais le retrouver auprès d'autres femmes. Le temps cessa d'exister.

 La suite ? Elle voulait connaître Paris par mes yeux, librement, comme si elle n'était pas une Allemande. Parc cette parole, par cette allusion à la liberté, j'eus cette pensée que les occupants étaient plus prisonniers que nous.

Je reçus les commentaires de Mme Olympe : Ah ! jeunesse.. Tu as bien raison, va ! Comme dit la chanson, "Il faut cueillir le printemps !" Vingt ans c'est la belle âge..."

Aujourd'hui, chaque quartier me porte confidence d'un souvenir. Je revois encore Maria qui fit danser ses doigts en signe d'au-revoir. Elle esquissa ce sourire éclatant qui me faisait fondre.

 Tous ceux qui ont aimé longuement, ardemment, et, après une longue attente, reçu l'offrande d'un corps comprendront ce que je ressentis : l'éblouissement, une vague d'effroi devant la féminité, une ferveur, mille sentiments et sensations mêlés qui m'enflammèrent et me modérèrent tour à tour en m'inspirant désir et délicatesse.

 Des riens m'apparurent : écorces d'orange, fleurs séchées, billes de verre, soldat de plomb, collier d'attaches-trombones.

 Toute ma chambre sembla s'éveiller.

 Pour ouvrir les portes de la félicité, j'avais mon sésame : je ne cessais, comme je le ferais durant des années, de répéter le prénom de Maria.

 Maria. Sa voix au téléphone, son pas dans l'escalier, le froissement de sa robe, son rire, sa danse dans mes bras, son visage, sa bouche, sa peau... Notre amour était devenu aveugle de l'éblouissement provoqué par sa propre lumière.

"Venez , mon petit Marc. Après le repas, nous écouterons de la musique.

 

 Dans le brouhaha, les bruits de verres et de bouteilles, des exclamations fusaient, des "Vive Charles !", des bribes d'Internationale, de Jeune Garde, de Drapeau rouge, mêlés à la Marche Lorraine ou à celle des Bat' d'Af', sans oublier des chansons de salle de garde.

"Je viens de l'apprendre par la T.S.F. Messieurs...

Les petits gars, si vous ne le savez pas, j'ai une nouvelle à vous annoncer... Paris est libre ! Oui, Paris s'est libéré tout seul, tout seul, je vous le dis !"

 Ce fut une clameur, des cris de joie, des applaudissements, des embrassades, des danses. Le messager fut porté en triomphe jusqu'au bar où un verre lui fut servi. Le pianiste d'occasion joua La Marseillaise. Le silence fut total.

 Ensuite, on entonna : Il est sur la terre africaine, une, deux, un régiment dont les soldats, dont les soldats... Je revis les défilés allemands sur l'avenue de Versailles : Heidi, Heido, Heida...

 Je chantais moi aussi ou je faisais semblent. J'entendais d'autres voix, d'autres couplets : Une souris verte qui courait dans l'herbe... Tous tes enfants qui t'aiment et vénèrent tes ans... Nous sommes les enfants de Lénine par la faucille et le marteau... Heidi, heido, Heida, ah  ah ah ah...

​​​​​​​ L'étendard sanglant est levé.

Oh ! Maria.

​​​​​​​ Elle chanta : "Mais le plus bonheur n'est plus un rêve."

​​​​​​​Et ce fut tout.

La suite prochainement.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin