photo-mv-campagne.jpeg"L'invitation.


 

 C'était à deux pas de Montirat - en pleine cambrousse -, où avec Mamie, on était invité dans un manoir pour une fête familiale d'un ami de Mamie. Le maître des lieux ? Alain de la Renaudié (nom changé par la rédaction). Un personnage dont l'austérité des traits et du maintien laissait présager une soirée à ranger du côté des instants funèbres de la vie. C'était un peu une obligation et il était évident qu'on allait pas se marrer des tonnes.

 

 Ça débute de façon frisquette. Je me dis que si, les entrées non terminées, on en est déjà à chercher des sujets de conversation, ça risque d'être longuet. Et à un moment, je vois mon personnage esquisser un sourire, je lui demande pourquoi, il me montre un disque que ma Mamie avait posé sur le coin de la table : des chansons de Jacqueline François, vedette des années 50. Je lui demande en quoi ça l'amuse, et il m'avoue connaître toutes ses chansons par coeur. Pourquoi pas, après tout.

 

 Je m'étonne pour briser le silence et on a pas fini les rillettes que, sans se faire prier et, même avec un plaisir évident, il entame un récital. Tout le monde est scié : vous avez à votre table un condensé de notaire de province mitigé de haut fonctionnaire d'administration pénitentiaire, avec quelque chose d'un podologue dans la démarche, et le voici qui se lance dans la chansonnette, une jolie voix d'ailleurs avec trémolos et glissandos. Comme quoi.

 

 Du coup, on repousse les assiettes et on pose les fourchettes ; après quatre chansons enchaînées, légèrement rougissant il nous informe que, s'il est fou de Jacqueline François, il peut, si nous le désirons, taper dans le répertoire de Lys Gauty - qu'on ne présente plus - qu'il connaît sur le bout des ongles : acceptation unanime et enthousiaste autour de la table. A la nuit tombée, il entame Yvette Giraud qui a quitté son vieux rancho pour être "à San Francisco en voilette avec dentelles, son ombrelle et son petit manchon, sa guêpière et ses longs jupons...".

 

Un festival !

 

 Mamie et moi sommes jaloux et prenons la relève avec Lili Fayol et notre grand succès, un tube que nous avons baladé vingt ans à tous les karaokés du camping de la Tama au village naturiste du Cap d'Agde : "La guitare à Chiquita". Alain intervint à son tour avec un air qui l'a rendu célèbre dans le haut Saumurois, et dont nous ignorons toujours le titre, mais dont les paroles sont inoubliables : "Jim, c'est moi Jim, la terreur des pampas du Mexique...Imparable !

 

La nuit est déjà là, elle se continuera avec d'anciennes goualantes : une douceur, sous les étoiles.


 

Collection "Mamie en ballade"

La routurière - Mamie à Lagrave - L'Hôpital - La maison de retraite - Mamie chez les Bretons - Mamie voulait revoir sa Normandie ! - La fouace Normande - La campagne, ça vous gagne...

voiture-rouge.jpeg"Bulletin de santé.

 

Ma Mamie a attrapé toutes les maladies. Enfin, presque toutes.

 

Gamine, elle a eu tour à tour : la coqueluche, la gangrène, la lèpre, la grippe aviaire, la peste, le choléra (classe de neiges en 1924), la scarlatine, la syphilis, la rougeole (voyage scolaire en Angleterre de 1937) et la tuberculose. Rien de bien méchant mais quand même.

 

Adolescente, la typhoïde l'a séché. Clouée au lit pendant des mois, elle a eu du mal à retrouver du poil de la bête. Sans parler de ses rhumatismes... 

 

A l'âge adulte, elle n'a pas pu éviter : la variole, la varicelle, les oreillons, l'otite, la pneumonie atypique, la fièvre de la vallée du Rift, l'encéphalite de Saint-Louis (son voyage de noces au Sénégal), la toxoplasmose, la gale, la maladie de Creutzfeld-Jakob, le kuru, le syndrome de Gerstmann-Straussier-Scelnker et l'asthme.

 

A la retraite, elle a eu un peu d'urticaire, de l'eczéma, une trisomie 21, un diabète de type 2 et enfin, un scorbut.

 

C'est bien simple, dans la famille, on a toujours dit : "Dès qu'il y a une maladie dans l'air, un virus qui traîne : c'est pour Mamie !"

 

Pourtant, à la surprise générale, ma Mamie n'a pas attrapé la grippe A !

 

Comme quoi...

 

 

Collection "Comédie"

Mamie et la grippe A - "Casse-toi pauvre Régis !" - Papi est sur Meetic ! - Mamie est sur Facebook ! - La petite maison close dans la prairie - Papi court le marathon - Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes !Papi est sur adopte un mec.com - Mamie, Armand, Gaston et Jeannot ! -  Mamie et le débat sur l'identité nationale

Tour-de-france.jpeg"La question est posée.

 

Il faut dire ce qui est, tout le monde se la pose dans la famille. Voici les scénarios loufoques qui pourraient perturber l'histoire.

 

Une course folle

COTE 0,5%

André à 60 ans de retard sur Papi. Il décide de sortir le grand jeu. Après plus d'un demi-siècle de cadeaux de retard, il passe à l'attaque pour rattraper le temps perdu. Chez Monoprix, c'est la débandade et la rupture de stock. La caissière en a plein le dos. Le coursier rempli la maison de bijoux, ustensiles de cuisines et de verres Duralex en quantité industrielle. André gagne le sprint d'une course à laquelle il n'a même pas participé - ou si peu -, et Papi, écoeuré, abandonne à 10 mètres de la cuisine devant l'impossibilité de rentrer dans une maison pleine à craquer.


L'avis de Papi : "C'est un scénario impossible, André se battra jusqu'au bout pour la gagne mais il part de trop loin, à ce niveau de la compétition on ne peut créer le désordre. Il fallait qu'il m'élimine avant la campagne." 


Mamie pète un plomb

COTE : 1 %

Depuis deux mois, Mamie se tient à carreau. Tout juste deux petites embrouilles : un coup de tête à Papi après son inscription sur Meetic la semaine dernière et la polémique suite à son refus de renvoyer les tampons usagés des clientes de adopte un papi.com. Des broutilles ! Mamie a même fait preuve de classe en saluant la voisine d'en face, son ennemi juré, au marché. Mais sous le chapeau, ça bouillonne toujours. Un mot provocateur de Papi, un petit écart de conduite et Mamie pète un câble. Elle se tire avec son courtisan de Facebook et les noces d'or sont annulées.


L'avis de Papi : "Mamie peut être son pire ennemi. Mais là, avec l'enjeu et la perspective d'attirer tous les regards et de faire les grands titres dans la Dépêche du Midi, c'est impossible qu'elle dérape".

 

Un chien traverse la route

COTE : 2%

Le jour de son mariage, Mamie ne craignait plus qu'une seule chose : la pluie. Pire : l'averse qui rendrait la chaussée glissante sur les pavés Carmausins. Mais ce n'est pas le ciel qui lui tombe sur la tête. Imaginons que dimanche, dans l'avenue Jean Jaurès, un chien échappe à son maître et déboule sur la route devant le vélosolex de Mamie. Encore marqué par le décès de son caniche égorgé par la Gestapo pendant son voyage de noces à Cagnac-les-Mines, Mamie fait un écart pour l'éviter. Elle percute le trottoir, passe par dessus la barrière et termine la tête dans le public.


L'avis de Papi : "La chute, c'est encore la seule chose qui peut la priver d'être à mes côtés. Mais pour moi, après soixante ans de bons et loyaux services, elle a déjà gagné ma reconnaissance éternelle et ce serait dommage qu'elle la perde comme ça."

 

Faites vos jeux ! 

squelette.jpeg"Ce sera une fille !

 

Tonton Kiko a quatre ans quand la famille s’agrandit. Toute la famille lui annonçait sa venue :

- Alors, mon Kiko, tu vas avoir une petite soeur ?

 

Il n’y tenait guère. Il préférait ne pas y penser. Une petite soeur tout de même...

 

Un jour, Papi l'embarque et l’amène devant un bâtiment inconnu pour lui. Au long des couloirs, les gens circulent vêtus de blancs. Dans la chambre ou Papi le fait entrer, il pousse un cri en découvrant Mamie allongé sur un lit, en peignoir rose. Il se jette dans ses bras et elle lui désigne deux berceaux accolés :

 - Va embrasser tes petits frères, mon chéri. Ils s’appellent Jacques et Georges.

 

Usant d’un mot totalement inconnu de mon oncle, elle précise : "des jumeaux". Et la petite soeur ? Pour la première fois de sa vie, tonton a douté de la parole des grandes personnes. Durant la grossesse de Mamie, le médecin accoucheur, professeur à la faculté de médecine d'Albi, n’y avait vu que du feu. Au cours des dernières semaines, il s’émerveillait :

- Quel enfant robuste ! Il y a une minute (montrant le point précis du ventre de sa patiente), il était là et maintenant (montrant l’opposé), il est ici ! 

 

C’est après avoir lui-même mis au monde Georges que, penaud - c’était le moins -, il avait murmuré :

- Je crois qu’il y en a un autre...

 

Ainsi ont pris place, dans la famille, les premiers jumeaux. Tonton Georges m’a toujours dit : 

- Je n’ai pas eu d’enfance personnelle. On ne parlait ni de Jacques, ni de Georges. On disait : les jumeaux.

 

 Compliqué les jumeaux, des bébés de quelques mois qui - alternance bien connue des parents de jumeaux - hurlent la nuit chacun leur tour.

 

 Compliqué les jumeaux, surtout pour leurs anniversaires. Infortunés bambins dont la famille équilibre quasi scientifiquement les cadeaux de l’un afin d’éviter toute jalousie de l’autre.

 

 Compliqué les jumeaux, surtout que comme dit Mamie, Georges est tellement narcissique qu'il n'arrête pas de regarder Jacques !

 

 Rideau.

Banania"Vive les mariés !


En France, le chocolat franchit officiellement les Pyrénées avec Anne d'Autriche, fille du roi d'Espagne, qui emporte du cacao dans sa corbeille de mariage. Elle a même amené sa première demoiselle, experte dans le maniement du moulinet qui fait mousser le chocolat.


La saga du chocolat chaud vit ainsi ses premières aventures à Bayonne. Il y est dégusté chaud, liquide et parfumé à la cannelle. La France toute entière va ensuite adopter cette boisson. Le succès du bol de chocolat chaud - qui a fait fondre des millions d'enfants - est aussi dû a de grandes marques créées en France.


Menier d'abord. Poulin ensuite. Enfin, comment pourrions-nous oublier Banania, ce breuvage délicieux composé de farine de banane, de céréales pilées, de cacao et de sucre ? Cette marque sera très populaire grâce à son tirailleur sénégalais qui orne les boîtes et le fameux slogan Y'a bon Banania. D'autres marques plus anciennes... et plus récentes (Benco, Nesquick, Van Houten...) viendront à leur tour colorer les moustaches de tous les enfants de l'hexagone.

 

Le bol de chocolat chaud deviendra alors un rituel de notre pays, surtout pour les écoliers au lever, mais aussi à l'heure du goûter. Cet aliment ancré dans les traditions est bien souvent chargé de souvenirs d'enfance. Cette boisson est classiquement accompagnée de tartines de pain frais ou de biscottes. A la maison, le dimanche ce sont les croissants !


Si les Anglais préfèrent du jambon ou des oeufs, si les Allemands ont un faible pour le fromage blanc et les yaourts, tandis que les pays Nordiques sont prêts à tuer père et mère pour du poisson fumé, nous, on serre de nos mains encore endormies un bol de chocolat qui fume... Une grosse tasse onctueuse qui exhale de délicieux arômes, qui mousse, dans lequel on plonge le nez avec délice.

 

Qui ne s'est jamais pourléché les babines avec une telle friandise ? A part ma Mamie qui déteste ça.

 

Mais bon, vous savez ce que dit une célèbre maxime : "Neuf personnes sur dix aiment le chocolat. La dixième ment..."


 

Collection "Les choses de Mamie"

Mamie boit dans un verre Duralex - Mamie porte le n°5 - Le bol de chocolat chaud - Le cadeau Bonux - Les pantoufles - Les pâtes alphabet - Le vélosolex - La "bleue" - Le Bikini - L'accordéon - Super Cocotte -  Mamie roule en DS - Le béret béarnais - Le savon de Marseille - Les cachous Lajaunie - Le couteau Opinel 

carmaux.jpg"Carmaux.

 

La ville de Jaurès. Champion de France de rugby en 1951. Mamie est passée à Carmaux. Enfin ! Un juste retour aux sources en quelque sorte. Et une bonne idée. L'intention était louable : mettre le feu (au sens figuré) à la résidence. Seulement voilà, à la maison de retraite de Carmaux, il y a M. Pécheux...


Bref rappel des faits : M. Pécheux a tiré six ans à Fleury-Mérogis. Peu de gens le savent, on connaît pourtant la vitesse avec laquelle se propagent les médisances. Surtout à Carmaux. Pécheux n’est pourtant pas un voleur, ni un meurtrier, il est un incendiaire.


 Il a commencé très jeune. En primaire déjà, à l'école Jean Moulin, il a tenté à quatorze reprises de foutre le feu à son école. Il n’aimait pas sa maîtresse et avait jugé les pupitres hautement combustibles. Il n’eut pas de chance car les flammes s’éteignirent d’elles-mêmes, ce qui arrive lorsqu’on manque de matériau de propagation. Une leçon dont il devait se souvenir par la suite. Il réussit tout de même à enflammer une armoire et une partie de l’estrade, ce qui occasionna douze jours de vacances. Ces jours bénis à vagabonder dans les rues au lieu de s’acharner à apprendre des conneries l’incitèrent à penser que le feu avait du bon et pouvait lui être, dans le futur, d’un grand secours.


Il tomba alors amoureux d’une conductrice d’autobus. Presque chaque soir, il demandait à celle qu’il considérait comme sa fiancée, d’aller se promener avec lui le lendemain, mais la réponse était toujours négative, toujours ces foutus horaires. Il décida alors d’entrer en action et mit le feu au dépôt de la RATP desservant les machines des lignes 80 et 95. La présence de carburant le servit et dix-sept véhicules furent détruits et Pécheux put, le lendemain, aller se balader le long des berges du Vior avec sa copine en chômage technique pour quatre mois. Ce fut une période de bonheur intense.


Cette dernière terminée, Emilienne - c’était le nom de la conductrice - trompa Pécheux avec Antonin Pion, propriétaire d’une librairie-papeterie place Gambetta.


Il n’est pas très utile d’en dire plus.


Il aurait suffi d’une allumette, et Pécheux avait briqué et bidon d’essence. La librairie-papeterie brûla en trois quarts d’heure. Manque de pot, Pion n’était pas là le jour de l’incendie, et il épousa Emilienne le trimestre suivant, ruiné mais toujours amoureux.


 Pécheux eut alors recours aux grands moyens, il décida de brûler la mairie de Blaye-les-Mines où la cérémonie devait avoir lieu. Il ne parvint qu’à brûler l’écharpe du maire et les registres de mariages et de naissances du village de 1912 à nos jours.


Ce fut ce jour-là qu’il se fit attraper et eut la douleur de constater que, à l’instant où Pion passait la bague au doigt d’Emilienne, un inspecteur de la PJ lui passait les menottes aux poignets. Sa peine effectuée, il s’installa à la maison de retraite de Carmaux où il mène une vie rangée et apparemment anodine. A la fin du spectacle, il s'est fendu d'un commentaire laconique : "C'était le feu !"

 

 Tout était dit.

 

 

Collection "Mamie en ballade"

La routurière - Mamie à Lagrave - L'HôpitalLa maison de retraite - Mamie chez les Bretons -Mamie voulait revoir sa Normandie ! - La fouace Normande - La campagne, ça vous gagne...

 

Toulouse.jpeg"Service gériatrie.

 

 L'aventure se poursuit à l'Hôpital. Un hôpital Toulousain. Pourquoi pas, après tout. Comme dit Mamie : "Qu'on est loin de son pays natal quand on se retrouve à l'hôpital." C'était donc l'occasion de voyager, un temps soit peu, dans son pays natal justement. Apporter un peu de chez soi, en quelque sorte.

 

 On a bien fait de venir. Rien de tel qu'un spectacle sur la mémoire pour des gens qui la perdent justement. Et puis, on peut parler de réussite. En effet, d'après nos informations, le lendemain de la représentation, certains patients auraient demandé - au cuistot médusé -, si on pouvait rajouter au menu des rutabagas et des topinambours ! On a donc bien fait de venir. Et puis, on a revu Solange.

 

 Mamie l'appelle Solange la Recup. Elle avait fait partie de la génération 68. Les barricades. Elle n'avait rien loupé : compagnons hirsutes, granges pourries, marijuana, guitare merdique, robe indienne et après quelques meetings pour libérer le Larzac, elle avait épouser Antonio Barontelli (cousin d'Auguste Barontelli), colonel de gendarmerie et proche de Gérard Pelletier.


 Alors qu'elle l'avait bombardé de pommes de terre au cours d'une manifestation Peace and Love, il l'avait arrêté, mise en garde à vue et ils s'étaient fiancés dans la foulée. Solange abandonna les robes indiennes et les colliers de fleurs pour les tailleurs Chanel et les montres Rolex. Elle cessa de jouer Jeux Interdits sur une gratte cabossée et se mit au piano où elle tenta d'apprivoiser Rachmanikov. Elle eut deux enfants et oublia tout ce qu'elle devait appeler les années bécasses. Rien, absolument rien ne restait chez elle de 68 sauf une chose : la récup.

 

 Elle ne l'abandonna jamais. Mamie m'a dit que faire le marché avec elle était une entreprise très particulière : alors que le commun des mortels revient avec des carottes, des tomates et des aubergines, suivant la saison, elle remplit son cabas de bouts de ficelle, de cageots cachés, de papier d'emballage, de bouteilles vides et tout un fracas de saloperies apparemment inutilisables. Je dis bien apparemment parce que c'est là qu'intervient le talent de Solange. Elle a offert à Mamie il y a deux ans un dessous de plat confectionné avec des boutons de liège et du fil de fer. Ce n'est là qu'une composition assez anodine. 

 

 Pour situer, alors qu'elle pourrait rouler en Porsche, elle s'est confectionné avec des tôles ondulées et du contre-plaqué  une sorte de side-car à pédales qui lui permet, dans les fortes descentes, d'atteindre le cinq kilomètres-heures chrono. Je ne sais pas ce qu'elle faisait à l'hôpital, une visite sans doute, la seule chose que je sais c'est qu'elle s'y est rendu avec son side-car.

 

 Rideau.


 

Collection "Mamie en ballade"

La routurière - Mamie à Lagrave - L'HôpitalLa maison de retraite - Mamie chez les Bretons - Mamie voulait revoir sa Normandie ! - La fouace Normande - La campagne, ça vous gagne...

 

Lagrave"La générale.

 

 Un départ à Lagrave. Il fallait bien commencer quelque part, après tout. Lagrave donc, dans le département du Tarn. Une charmante petite bourgade à quinze minutes d'Albi (en roulant bien). Et un jolie clin d'oeil puisque Mamie était venu pêcher un jour dans les parages et qu'elle en garde un jolie souvenir.

 

 On fait le tour de l'église, on tourne à droite, puis à gauche avant de rentrer au club des aînés. Sitôt la porte poussée, on se retrouve avec un petit vin blanc à la main et un gâteau à la bouche. Une foisse. A Lagrave, on sait recevoir. Deux heures plus tard, le cidre avait remplacé le blanc pour accompagner le gâteau. Une tarte aux fraises faîte maison, excusez du peu. On a vraiment bien fait de venir de venir à Lagrave. Et puis on a retrouvé Baroncelli.

 

 Le nom de Baroncelli ne dit aujourd'hui plus rien à personne. Il faut dire que sa notoriété fut essentiellement provinciale mais des gens aujourd'hui âgés se souviennent peut-être de leur émerveillement d'enfant lorsqu'ils pénétraient au cours de leurs vacances bretonnes ou vendéennes sous le chapiteau du grand cirque interntional Baroncelli. "Grand"était une exagération évidente, la piste, où ce qui en tenait lieu, ne dépassait pas dix mètres de diamètres. Quant à "international", on touchait là aux frontières du mensonge éhonté car le cirque Baroncelli n'avait jamais dépassé la Roche-sur-Yon au Nord, et Mirandol au sud.

 

 La troupe se composait d'Alessio Baroncelli, le père, de Lily Baroncelli, la mère, de Monica Baroncelli, la fille, et d'Augusto, le fils. Le père domptait les puces, faisait sauter trois caniches, exécutait une série de trois soleils au trapèze. La mère battait du tambour, jouait les écuyères sur la jument Clarabelle et exécutéait avec sa fille un numéro de main à main mâtiné de jonglage. Et Augusto ? se demande le lecteur étonné. Augusto ne faisait rien. Enfant de la balle, son père avait tout tenté et n'était arrivé à rien, aucun talent de jonglage, encore moins en gymnastique. Après deux séances de contorsionnisme qui lui occasionnèrent une sciatique qui l'handicapa toute sa vie, il se coupa lui-même le majeur de la main droite dans un numéro de lancer de poignards. Après quelques essais infructueux, force fut à la famille de tirer cette conclusion : Augusto était nul et n'avait rien à faire dans le milieu du cirque.

 

 Augusto - après mûre réflexion -, a alors décidé de monter une quincaillerie à deux pas de chez Mamie. Il devint vite son ami.

 

 Un ami fidèle et sincère.

 

 

Collection "Mamie en ballade"

La routurière - Mamie à Lagrave - L'Hôpital - La maison de retraite - Mamie chez les Bretons -Mamie voulait revoir sa Normandie ! - La fouace Normande - La campagne, ça vous gagne...

 

cafe.jpeg"48.


Pendant près de 60 ans, les cantines de la France entière ont vu des enfants s’adonner à un étrange manège : plonger leur nez dans leur verre et l’observer avec des yeux pétillants. "Quel âges as-tu ?". "J’en ai vingt-cinq. Et toi ?". "Trente-cinq."


Sur le fond du récipient, le chiffre a occupé des générations d’enfants à l’heure du repas, entre les carottes râpées, le hachis parmentier et le steak-purées. On pouvait vieillir de dix ans du jour au lendemain, et rajeunir tout autant ! Bien souvent, celui qui avait le plus petit numéro était de corvée de pain ou d’eau...


Avant d’aller plus loin, brisons douloureusement un mythe... Le chiffre fétiche au fond du verre Duralex n’était pas destiné à distraire les enfants ! C’était un simple numéro, celui du moule dans lequel avait été fabriqué le verre... Il existait 48 moules. Avoir 80 ans dans le marc Duralex était donc impossible. Ouf !


Mais s’il fallait retenir qu’un seul chiffre, ce serait plutôt le 46. Cette année-là, au sortir de la deuxième guerre mondiale, l’entreprise Saint-Gobain cherche à fabriquer des vitres de voiture particulièrement résistantes. Elle élabore un verre trempé et pressé qui donne à l’époque une transparence et une qualité visuelle jamais obtenues jusqu’alors. En outre la résistance aux chocs est deux fois et demi plus importante que celle d’un verre classique. Les ingénieurs flairent alors un marché prometteur dans le secteur de la vaisselle.


Le verre Duralex sort donc en 1946 des usines de La Chapelle-Saint-Mesnin, près d’Orléans. Il est légèrement ventru, avec un numéro sur le fond et une ligne gravée pile en son milieu. Cette rayure concentrique servait d’ailleurs à Mamie comme marque de dosage dans les recettes.


Un objet culte vient de naître, qui deviendra, toujours d’après Mamie "la tour Eiffel de la table".


Son nom, Duralex, est une allusion à une citation latine : Dura lex sed lex (la loi est dure mais c’est la loi). le verre est en effet réputé incassable. Les économes de toutes les écoles passent commande, sachant que les dégats seront limités et que les utilisateurs ne risqueront pas de se couper.


A l’époque, la publicité incite même à l’éprouver : "Pour Duralex, quatre essais incroyables : utilisez-le comme un marteau, laissez-le tomber, tapez dessus, faites-le passer de la glace à l’eau bouillante". Le succès est fulgurant et traverse même les frontières.


Dans les années 70, il s’en vend dans 130 pays par millions d’exemplaires ! Un riche américain, amoureux de cet objet usuel, se fait même fondre un verre Duralex en or massif. Solides et bon marché, des cousins Duralex font alors leur apparition : assiettes, plats, tasses, carafes et autres saladiers en verre trempé... Ils feront les beaux jours des centres aérés, hôpitaux et écoles de la France entière.

 

Pourtant, le verre Duralex entame son déclin au début des années 80. Faut-il chercher dans sa nature même la clef de sa mévente ? Trop résistant, il n’a pas besoin d’être remplacé. En 2005, Sinan Solmaz, un homme d’affaire turc, fait l’acquisition de Duralex. Ce grossiste en vaisselle croit au potentiel identitaire de la marque : "Duralex est un grand nom en Turquie, en Inde, en Espagne, partout dans le monde. Il existe même une photo de Ben Laden avec un verre Duralex à la main !"

 

Ma Mamie l’ignorait !

 

 

Collection "Les choses de Mamie"

Mamie boit dans un verre Duralex - Mamie porte le n°5 - Le bol de chocolat chaud - Le cadeau Bonux - Les pantoufles - Les pâtes alphabet - Le vélosolex - La "bleue" - Le Bikini - L'accordéon - Super Cocotte -  Mamie roule en DS - Le béret béarnais - Le savon de Marseille - Les cachous Lajaunie - Le couteau Opinel 

 

journal"Féria de Béziers.

 

 Je crois que ma Mamie va péter un plomb. Remarquez, je l'a comprends, qu'est-ce ce qu'il y a de pire que d'être verbalisé alors qu'on est de bonne foi ? Bref rappel des faits : Mamie a été flashé mi-août pour avoir franchi, à petite vitesse et au volant de sa 4L, un feu rouge en plein centre de Béziers sur l'invitation - énergique -, d'un agent de sécurité de la féria. Inutile de préciser que la ville était alors en état de siège, que la circulation était bloquée et les rues neutralisées par les barrières. Mamie l'affirme et le prouve à tout un chacun en montrant les photos qu'elle a prise avec son i-Phone. Bref, elle n'a pas vu la malice à franchir le carrefour puisqu'une personne compétente la poussait.

L'erreur de débutante.

 

 Elle a été flashé par la machine et a reçu - dans la foulée -, une notification de sa contravention : 90 €, 135 € en cas de contestation, à payer rapidement.

Excusez du peu.

On rajoute par dessus les quatre points perdus et le compte est bon. L'affaire aurait pu s'arrêter là. Mamie aurait pu fermer les yeux, après tout. Mais les lecteurs qui le pensent ne connaissent pas ma Mamie. Elle a commencé à  frapper à toutes les portes pour trouver une issue à cette situation qu'elle trouve - à raison -, ubuesque. Elle est alors rentrée dans le commissariat de police de Béziers où elle est tombée nez à nez sur l'inspecteur Bondelet. Présentation :

 

 Théramène Bondelet était imberbe depuis toujours. A cinquante-six ans, il aurait dû y être habitué, or il se surprenait encore certains matins à vérifier si quelque pilosité ne lui était pas advenue durant la nuit. Cette absence l'avait durement traumatisé, autant que son prénom imbécile donné par son père, un artiste tragique, interprète du rôle de Thésée au théâtre paroissial de Chatillon-Coligny, souriante localité du Loiret spécialisée dans la culture de la pomme de terre-purée.

C'est vers vingt-cinq ans, après des études fadasses et un service militaire débilitant, que Théramène décida d'entrer dans la police. Il combattit l'aspect rosé et enfantin de sa carnation par un froncement de sourcils quasiment perpétuel, faisant de lui un personnage sévère qui terrorisa deux générations de loubards. On sut en haut lieu que Théramène faisait même parler les malfrats.

 Il devint donc inspecteur. 

 Un inspecteur inspecte.


Après avoir informé ma Mamie qu'elle devait d'abord payer les 135 € et saisir le centre national des PV de Rennes, il lui demanda alors ce qu'elle faisait et dans la vie et tout le toin toin. Les questions de routine, en somme.

Mamie - sous le choc - s'est entendu dire, je ne fais que citer : "Je suis à la retraite et je ne m'en sors pas du tout. Je suis obligée de jardiner six heures par jour pour aller au marché vendre mes légumes. Cela me rapporte 30 € par semaine, une misère."

C'est là, à ce moment très précis, que Théramène Bondelet - qui se sentait pourtant inexplicablement de bonne humeur - a lâché cette phrase lapidaire : 


- Madame, il faut travailler plus pour gagner plus.

 

Après avoir entendue cette phrase sans queue ni tête, ma Mamie est restée bouche bée. Comme elle dit, l'important dans la vie c'est de réussir sa vie et de donner de l'amour à celles et ceux qu'on aime. Ça ne sert à rien de finir la plus riche du cimetière.

 

Rideau.

 

Collection "Comédie"

Mamie et la grippe A - "Casse-toi pauvre Régis !" - Papi est sur Meetic ! - Mamie est sur Facebook ! - La petite maison close dans la prairie - Papi court le marathon - Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes !Papi est sur adopte un mec.com - Mamie, Armand, Gaston et Jeannot ! -  Mamie et le débat sur l'identité nationale

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE FAIT SON CINEMA"

Memoria Viva

Les roses blanches

La scarlatine

Mon amant de Saint-Jean

Le temps qui reste

La java bleue

Générique de fin

Affiches

Ma Mamie M'a Dit

 

Affiche1

 

Le Pique-Nique du Dimanche 

 

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Le Bal de la Rosière

 

Monestiès Noel

 

Les Vacances de 36

 

affiche soleil

 

Le Théâtre des Souvenirs

 

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Ils l'ont dit...

"Je me suis retrouvé sur le blog de Juliette après avoir tapé sur Google "Comment rencontrer l'homme de sa vie facilement" ... et oui ... et là je tombe sur votre réponse à son article, réponse que je lis avec le sourire bloqué. Du coup, j'ai suivi le lien et cela fait maintenant plusieurs heures que je parcours vos articles... Bravo j'ai passé un merveilleux moment, que du bonheur." Nadège

 

"Ce blog est vraiment le meilleur blog que je n'ai jamais vu." Olivier

 

"Il m'arrive de lire deux jours de suite le même article, n'importe quoi en fait, une sorte d'état second, d'un coup, j'ai 16 ans ! J'adore ce blog, j'apprends tout plein de trucs et qu'est-ce que je me marre. J'adore ce que vous dégagez dans vos écrits. Vous semblez être un homme à découvrir et à prescrire... Vous vous intéressez vraiment aux gens, à tous, vous êtes bien documenté, et vous rendez l'incompréhensible compréhensible, avec humour en plus, un vrai talent. Quand je lis vos mots,  j'imagine quelqu'un de brillant, un génie. Et puis qu'est-ce que vous me faites rire. En plus, vous êtes séduisant, beau à l'intérieur, généreux à l'extérieur, vous êtes le mouvement dans toute sa splendeur. Continuez à écrire, c'est du plaisir pur." Ann

 

"Ce blog est fantastique, j'adore surtout L'interview." Emilie

 

"Je me suis délectée de vos écrits. L'article I have a bad dream est vraiment pas piqué des vers, j'ai adoré et la multiplicité des sujets me plait beaucoup. Vous avez un ton original, décalé, mais vous fournissez beaucoup de richesses en même temps." Catherine

 

"Mon amie m'a fait connaître votre blog il y a peu, je m'étais déjà régalé, mais ce samedi 14 février 2009, je me suis bien amusé encore à la lecture de Pourquoi m'aimerait-on ? et Si tu m'aimais vraiment, tu aimerais l'ail. Je brûle de connaître la suite et de savoir ce que j'ai raté, au cas où j'aurai envie de me pourrir l'existence à mon tour, et celle des autres par la même occasion, parce qu'en général ça fonctionne ensemble... Amitiés. Dominique"

 

"Dans ma recherche de sourires sur les blogs, je suis passée vous lire. Et là, merci, merci à mon ordi de fonctionner normalement, merci à ma ligne internet de ne pas être coupée et merci a vous de m'avoir fait hurler de rire. Quand je me suis attaquée à Une histoire de marteau, j'ai vraiment pleuré de rire, mon mascara a coulé. J'ai donc retenu la leçon, pour les autres articles, c'est démaquillée avant de me glisser sous la couette le soir,  ou le matin tôt avant la douche que je viendrai vous lire. Merci de vos écrits, je vous jure que le plaisir est pour moi au rendez-vous." Marie

 

"Quand je lis votre blog, je retrouve l'impatience et la curiosité insatiable de mes huit ans et je me sens bien en vous lisant, et quand vos mots se font caresse, je fonds littéralement." Anne

 

"Bravo pour votre blog et le cycle de Hudson, vous l'avez parfaitement bien décrit et ça me plaît beaucoup." Geneviève

 

"Ce blog est à chier et je pèse mes mots." Gérard


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