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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 00:38

Germaine de Stael"Une portrait, là, sous vos yeux.

 

 Un portrait de Germaine de Staël, le grand amour de Benjamin Constant.

 

 Benjamin était le type de l’amant passionné, torturé de jalousie, s’ébrouant "dans un état de douleur inexprimable", manquant s’évanouir... mais, fort heureusement - pour lui - les flammes s’éteignaient lorsqu’il n’avait plus à lutter pour conquérir la belle. C’était alors au tour de la belle à souffrir...

 

Le 19 septembre 1794, M. Benjamin Constant aurait mieux fait de prendre n’importe quelle direction que celle de Genève... Il avait, en effet, formé le projet d’aller rendre visite à la baronne de Staël et cette rencontre allait déclencher pour lui d’épouvantables orages et une servitude dont il lui faudra des années pour s’évader.

 La connaissance fut bientôt faite. Alors ?

"Son esprit m’éblouit, racontera-t-il, sa gaieté m’enchanta, ses louanges me firent tourner la tête. Au bout d’une heure, elle prit sur moi l’empire le plus illimité qu’une femme ait peut-être jamais exercé."

 

 Benjamin vit Germaine durant tout l’hiver et lui parla de son amour. Elle s’était refusé à se donner - non que le baron de Staël comptât pour elle, il avait d’ailleurs la délicatesse d’être presque toujours absent... - mais Germaine estimait que parler,é couter et philosopher, c’était déjà pas mal.

 Benjamin désirait davantage. Du coup, il estima qu’il fallait jouer le grand jeu. Il se suicida ! 

 On se précipita à son chevet, il eut la force de montrer sur la table de nuit une fiole d’opium en suppliant que l’on veuille bien aller chercher Mme de Staël pour qu’il lui dise un éternel adieu. Elle se précipita et aux battements de son coeur, sentit qu’elle aussi aimait l’homme qui avait voulu se donner la mort pour la punir de sa cruauté. Un contrepoison administré rendit la vie à l’agonisant... qui s’était d’ailleurs bien gardé d’avaler toute la fiole du poison... 

 

 Pour Benjamin et germaine, les quatre mois qui suivirent ne furent qu’un enivrement. Ils s’étaient voués leurs vies. Mais le retour à paris les dégrisa un peu. Benjamin s’empressa de tromper Germaine avec la politique. Les disputes furent nombreuses.

 Mais bon, vous savez ce que c’est, on se dispute puis on se réconcilie...

 Une petite fille - que le baron de Staël endossa galamment - naquit au moins de juin et ce «lien», selon l’expression de Benjamin, resserra leur amour "sans les rendre heureux".

D’ailleurs - tout en ne cessant pas de voir et d’aimer Germaine, Benjamin avait noué une liaison avec Julie Talma, de onze ans plus âgée que lui et épouse séparée du grand Talma.

 Elle acceptait le partage avec Germaine. Mais quelques mois plus tard, tout était terminé. La passion s’était transformé en amitié. Il faut dire aussi que Benjamin commençait un autre chapitre amoureux avec une belle irlandaise, Anna Lindsay qui, dès la première visite de l’écrivain, l’aima «d’un amour sans bornes», affirmait-elle à qui voulait l’entendre.

 Le sentiment avait pourtant des bornes, car elle se refusait à lui...

 Il prit sa plume : «Vous m’aimez, vous avez besoin de moi, vos lèvres se pressent avec volupté contre les miennes ; amie à moi, donnez-vous. Je ne puis répondre de ma raison, ni de ma vie.»

 Elle finit par céder.

 - Je vous consacrerai toute ma vie, lui déclara Benjamin.

 

Oui mais non.

Mme de Staël qui avait le génie des scènes - et devant lesquelles Benjamin tremblait - ne l’entendait pas de cette oreille. 

 Et Anna Lindsay, moins accommodante que Julie Talma, exigeait la rupture et n’admettait pas cette liaison de l’esprit qui commençait peut-être au salon mais ne s’en achevait pas moins parfois dans la chambre à coucher.

 Bien il essaya de la réconforter. Et il l’a rassura. Croyant l’avoir convaincu, il alla passer trois jours avec Germaine.

"Mortellement blessée" Anna préféra fuir et clamer son immense chagrin :

"Trois jours passé avec elle, au mépris de ma douleur, connaissant mon caractère, ayant eu tant de preuves d’un amour aussi délicat que sans bornes ! Je meurs, je ne guérirai jamais. Je le méprise et je l’adore..."

Et elle disparut de la vie de Benjamin.

 

 Voici Benjamin seul face à mme de Staël qu’il aime maintenant sans enthousiasme. Que faire ? Il réfléchit puis conclut :

"Il faut me marier."

 Mais avec qui ?

Fort heureusement, la jolie Charlotte de Hardenberg se trouvait libre... En recevant une lettre d’elle, l’éternel passionné eut un "battement de coeur assez fort, en reconnaissant l’écriture".

 Charlotte fut à la lui et à sa stupéfaction, elle fut une «étonnante et merveilleuse partenaire». Il ajoute : "C’était trop fou !»"

Ni une, ni deux, il décide de l’épouser.

 Oublié Mme de Staël. Il décide quand même de la prévenir. Et là, ce fut l’orage, un orage, nous dit l’écrivain, "qui dura sans interruption tout le jour et toute la nuit." Mme de Staël avait, pour mener une scène, une résistance à toute épreuve. A l’aube, vaincu, exsangue, à bout d’argument, Benjamin promit de ne pas poursuivre ses projets... mais n’en continua pas moins à s'enivrer auprès de Charlotte.

 

 Finalement - et malgré les menaces de Mme de Staël -, il épousa Charlotte à huit clos. Elle vivra cachée dans les environs. Son mari venait faire à sa femme des visites dans le plus profond secret, tremblant de peur que Germaine n’apprenne ses "trahisons".

 

 L’année suivante, Benjamin et Charlotte ayant pris des forces pendant l’hiver, décidèrent d’en finir. Benjamin alla se cacher tandis que sa femme envoyait à Mme de Staël un billet signé innocemment  Charlotte Constant. Elle le confia à un homme à cheval qui partit dans la nuit. Charlotte pensait être tranquille jusqu’au lendemain matin - et elle prit un bain de pieds. Au beau milieu de l’opération, la porte s’ouvrit : c’était Germaine. Aussi élégamment que lui permettait le bain de pieds, Charlotte accueillit sa rivale et lui déclara qu’elle était devenue "l’épouse très légitime de monsieur Constant".

 La scène dura six heures.

 Une scène effroyable. Au matin, la baronne meurtrie, blessée, souffrant plus dans son orgueil que dans son coeur, se retira, laissant Charlotte poursuivre à sa guise son bain de pied froid. Durant tout l’orage, elle avait été admirable de douceur et de patience.

 Puisque le premier choc avait eu lieu, Benjamin revint courageusement au bercail. 

 

 La fin ? Benjamin dut souscrire à un étrange traité exigé par la terrible baronne : le mariage serait encore tenu secret et Benjamin reprendrait sa place de meneur de jeu au salon durant l’été. Charlotte crut pouvoir supporter ces exigences et s’inclina. Elle avait trop présumé de ses forces. Elle voulut se suicider. Benjamin, flanqué de l’insupportable Germaine, accourut en sanglotant. Fort heureusement, "l’épouse de M. Constant" n’avait pris - elle aussi - que la dose de Coppet, selon le mot de Sainte-Beuve, et fut vite hors de danger.

La baronne n’en exigea pas moins l’exécution du traité et le malheureux Benjamin dut attendre l’automne pour retrouver sa femme !

 Germaine de Staêl finit par se résigner, tandis que Benjamin - bien sûr - s’apprêtait à tomber amoureux à en perdre l’esprit de Mme Récamier qui, à elle seule, vengea toutes les délaissées...

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Published by Régis IGLESIAS - dans Une photo - là - sous vos yeux

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin