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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 14:15

LepasducommanditePetitjournal.jpg"Une photo, là, sous vos yeux.

 

 Une photo de l'homme le plus riche du monde. Question : Comment devient-on l'homme le plus riche du monde ? Ma Mamie s'est posée la question.

 Mieux : comment, après être entré dans la vie sans un sou, peut-on en venir à posséder deux milliards de dollars ? La fortune d'un homme, un homme seul.

 Un homme qui s'appelait John Davidson Rockefeller, nom que l'on abrégea en John D. Rockefeller. Le nom le plus fameux de l'histoire des Etats-Unis au XIXème siècle. 

 Mamie fait bien sûr référence à la conquête de l'Ouest. La guerre de Sécession, Lincoln et l'émancipation des esclaves. La ruée vers l'or. L'ère industrielle qui prend son élan.

 Parce qu'il faut bien préciser que dans notre monde moderne, une réussite telle que celle de Rockefeller ne serait plus possible. Mais revenons au commencement : le conte de fées commence donc le 8 juillet 1939 au petit village de Richford où un petit garçon vient de naître.

 

 Son père William Rockefeller - plus connu sous le sobriquet de Big Bill Rockefeller - a aussitôt quitté la maison. Car Big Bill n'est jamais chez lui.

 Il court les grands chemins, avec un cheval et une carriole. Dès qu'il arrive dans un village, il tend au premier aubergiste sa carte : William Avery Rockefeller , docteur en médecine.

 D'où lui vient ce doctorat ? De sa propre autorité. Les malades affluent : pionniers, trappeurs, indiens. A tous, il remet la même fiole qui contient uniquement de l'eau de source et du sucre de canne. A sa décharge, disons que les véritables médecins de son temps ne guérissaient pas davantage le cancer ni la tuberculose, pas plus que les rhumatismes ni les maladies de peau.

 William Avery Rockefeller, lui, vend au moins de l'espoir.

 De temps à autre, William retrouve les siens à la ferme. Le petit John, qui grandit, le voit surgir chaque fois avec joie. C'est que le père arrive non seulement avec les poches pleines d'argent, mais aussi muni d'un stock inépuisable d'histoires. L'argent ne dure pas, car la plupart du temps, William le perd au jeu. Alors, il harnache de nouveau son cheval, l'attelle à la carriole, renouvelle son stock d'eau sucrée et repart visiter ses indiens et ses pionniers.

 Des voisins médisants affirment d'ailleurs que, pour échapper à la police, il change de nom et de personnalité. On dit même qu'il entretient un second ménage dans l'Ouest.

 On raconte aussi que, pour capter la confiance de certaines tribus indiennes, il s'est fait passer pour un sourd-muet, ce genre d'infirmité étant considéré par les Peaux-Rouges comme d'origine divine.

 Un jour, en 1849 - John a dix ans - c'est le drame : l'huissier parle d'une condamnation encourue par le père et saisit tous les biens.

Mais qu'à fait ce père ?

Dans le village, chacun a son opinion. Pour les uns, Big Bill a encore volé des chevaux pour les revendre. Personne ne sait mieux camoufler un cheval que lui. Pour d'autres, c'est quelque chose de bien pire que le vol des chevaux. Big Bill aurait violé une mineure. Il aurait été condamné à des dommages et intérêts. C'est pour les payer qu'on vend le mobilier.

 Le fait est que Big Bill est un homme traqué.

Il ne viendra plus chez lui qu'en se cachant. En pleine nuit, sa femme, John, ses cinq frères et soeurs, l'entendent frapper. Tout le monde se lève, on passe quelques heures avec le "docteur en médecine". Big Bill repartira avant l'aube. Personne dans le village ne sait même plus qu'il existe.

Un jour, d'ailleurs, Mme Rockefeller annoncera la mort de son mari. Quand elle-même mourra, bien des années plus tard, son acte de décès la dira veuve. Pourtant, vers les années 1850, près de la frontière canadienne, vivait un certain docteur William Livingstone. Lui aussi soignait le cancer et la tuberculose. Avec de l'eau sucrée. Chose bien étrange, les amis de John avaient vu apparaître chez celui-ci le docteur Livingstone.

 Ma Mamie parvint à se procurer une photo de Big Bill et une photo de Livingstone. Elle est formelle : ils se ressemblaient comme des frères.

 

 Chez les Rockefeller, on est pauvre, très pauvre. Le petit John a appris très tôt la valeur de l'argent. A douze ans, il possède 50 dollars d'économie. Il décide d'arracher les pommes de terre d'un voisin pour gagner quelques sous - trois dollars -, mais il ne tient plus debout tant son dos lui fait mal. Or il prête ses cinquante dollars à un autre fermier. Quelques mois plus tard, quand il les récupère, il encaisse un intérêt de 3,5 dollars. Le petit John vient de découvrir la valeur de l'argent.

 "Je compris ce jour-là qu'il est absurde de travailler pour l'argent : il faut que l'argent travaille pour vous.

C'est la règle d'or du capitalisme. John D. vient de découvrir le capitalisme.

 Après l'école primaire, Big Bill décide d'envoyer son fils à l'école de commerce de Cleveland. Au bout de six semaines, il a tout appris, tout compris, tout enregistré.

 Aucune disposition pour la littérature, l'histoire, les arts, la science, le petit John D. En revanche, il se révèle un as en calcul. Personne ne peut le battre lorsqu'il se livre à une opération de calcul mental. Plus tard, face à un adversaire coriace, il sera toujours le premier à pouvoir estimer les résultats pratiques d'une opération financière. Ce don lui fera gagner quelques millions de dollars de plus.

 Le voilà sorti de l'école de commerce. Il a seize ans.

Que va-t-il faire ?

Naturellement, trouver une situation. Mais à Cleveland, c'est la crise, John D. frappe à toutes les portes. Aucune ne s'entrouvre : "Rien pour vous, petit." Chaque soir, il rentre épuisé à la maison. Le lendemain, il repart. Jusqu'au jour où un employeur est séduit par le petit. John D. est engagé comme aide-comptabl à l'essai.

 L'évènement se passe le 26 septembre 1855. Toute sa vie, Rockefeller le célèbrera comme un épisode capital de sa vie. Il gagne un demi-dollar par jour. Quelques années plus tard, il gagnera plusieurs milliers de dollars à l'heure. Il est entré dans une entreprise qui s'occupe d'expéditions de marchandises par eau et chemin de fer. Une aubaine pour John D. Il apprend là un métier qui, plus tard, va être pour lui d'une utilité essentielle.

Mais comment est le petit John D. ?

 Il est mince légèrement au-dessus de la moyenne, toujours tiré à quatre épingles. Il regarde bien en face ses interlocuteurs. Il parle peu, sourit rarement. Toutes qualités comme dit Mamie qui, d'évidence, sont le propre d'un businessman qui veut réussir.

 C'est Casanova qui a dit : "L'homme appelé à faire fortune doit être souple, insinuant, dissimulé, impénétrable, souvent bas, perfidement sincère, faisant toujours semblant de savoir moins qu'il ne sait, patient, maître de sa physionomie..."

 John D. Rockefeller a-t-il lu la définition de Casanova ?

 

 Maintenant, il loue à Cleveland une petite chambre. Sa mère réside dans une ferme assez proche où elle se fait aider pour le ménage par une jeune fille, Melinda Miller.

 Jolie, la petite Miller.

Le froid John D. s'étonne lui-même de l'intérêt qu'il commence à ressentir pour cette servante. Il se promène avec elle mais la mère Miller ne mange pas de ce pain-là. Un mariage avec John D. ? Il n'en est pas question. Sa fille n'épousera pas un "garçon sans avenir".

 Trois ans déjà qu'il travaille dans l'entreprise de transport, John D. juge à propos de demander une augmentation. On la lui refuse. Il démissionne. Peut-être existe-t-il une autre raison à ce qui pourrait apparaître comme un coup de tête. Il vient de rencontrer un jeune anglais du nom de Clark qui possède des économies.

 John D. Lui propose une association. Pourquoi ne pas créer une entreprise qui s'occupera de transport ? Lui, John D. connaît admirablement le mécanisme d'une telle affaire. Il apporte son expérience à l'entreprise future. Mais il lui faut des sous. Opportunément, voici que Big Bill vient, une nuit de plus, frapper à la porte. John D. en profite pour lui demander un prêt de mille dollars.

 Miracle ! Big Bill les possède et ne les a pas encore perdus au jeu.

Il les avance à son fils. Mais comme il n'y a pas de petits bénéfices, il réclame 10% d'intérêts.

 La suite ? La firme Rockefeller and Clark ouvre ses portes à Cleveland au moment où la guerre éclate, la terrible et inexpiable guerre de Sécession. De jeunes Américains du Nord et du Sud vont s'entretuer pour ou contre les Noirs. A la différence de son frère, John D. n'y participe pas.

 Chaque dimanche, il se rend ponctuellement à l'église. Nul ne chante mieux les hymnes. Nul n'écoute avec plus d'attention le pasteur. Au vrai, le paroissien modèle. A l'école du dimanche, John D. se mue en ardent propagandiste. Il trouve tout à coup des paroles de feu pour enseigner aux jeunes gens la vertu et le sens du devoir.

 A l'école du dimanche, fréquente une jeune fille que, familièrement, on appelle Cettie.

 Elle se nomme Laura Celestia Spelman. John D. la connaît depuis l'école primaire. Elle ne manque pas une des allocutions du jeune Rockefeller. Elle l'écoute de toutes ses oreilles et le dévore des yeux. Comme lui, elle hait le théâtre, l'alcool et la fumée des cigarettes. Quand on critique John D. - car on le critique déjà - elle prend fougueusement sa défense. 

 En 1864, John D. va épouser Cettie.

Mariage d'amour ? Sûrement pas.

 Il a sentie l'attachement de Cettie pour lui, a pesé soigneusement ses qualités. Il a jugé qu'elle ferait une bonne épouse. Il lui a proposé de l'épouser. Il a raison. Ce mariage durera soixante-cinq ans. la nouvelle Mme Rockefeller sera pour son mari une collaboratrice efficace.

 Elle lui donnera cinq enfants - et le bonheur privé. Jamais il ne la trompera. Sans doute n'en a-t-il jamais eu l'idée.

 1862 devait rester pour John D. l'année pendant laquelle il découvre l'existence du pétrole. Jusque-là, sa vie est celle d'un homme d'affaires remarquablement doué et qui a réussi. Il pourrait s'en contenter, continuer à faire fructifier la firme Rockefeller and Clark.

La voie est tracée. Qui dira pourquoi certains êtres, justement, ne se contentent pas de la voie tracée

 Dans le secret de son âme, John D. a juré de devenir Rockefeller. Et il n'est pas encore Rockefeller. Il en est loin.

C'est le pétrole qui va faire de lui Rockefeller.

 On connaît le pétrole de toute éternité. Le bitume dont Noé enduisit son arche provenait tout droit du pétrole. Au début du XIXe siècle, le pétrole aux Etats-Unis s'appelait rock oil : huile de roche. On le recueillait en Pennsylvanie, dans les rivières où il se mêlait aux eaux. On en emplissait des bouteilles que l'on vendait comme spécialité pharmaceutique.

 Les héros ne manquent pas. Dans tous les pays, on consomme de l'huile de roche. La demande ne cesse de croître. Comment récolter davantage de pétrole ? Une question qui est sur toutes les lèvres.

 Ici intervient un certain Edwin L. Drake. C'est un chef de train qui a dû abandonner ses fonctions dans les chemins de fer pour raison de santé. En 1857, il est engagé par une compagnie formée dans le dessein de découvrir du pétrole en Pennsylvanie.

 Un détail : on engage Drake que parce qu'il jouit, à titre d'ancien cheminot, d'un titre de transport gratuit. On estime que ses frais de voyage coûteront ainsi moins cher à la nouvelle société.

 Le PDG M. Townsend décerne à Drake, de sa propre autorité, le titre de colonel : "Cela fera mieux en Pennsylvanie", décrète-t-il. Ainsi le colonel Drake va-t-il entrer dans l'Histoire.

 Car, parvenu à Titusville, au centre des gisements supposés, Drake va avoir l'idée de faire appel à un vieux puisatier, affectueusement appelé "oncle Bill". En un lieu où le pétrole suinte à la surface du sol, Drake décide de forer un puits. Le 27 août 1859, la sonde parvient à vingt-trois mètres de profondeur.

 Elle s'enfonce dans une petite cavité. Quelques heures plus tard, le puits s'emplit de pétrole. A la fin de la journée, on en a recueilli près de quatre mille litres. Drake vient de forer le premier puits de pétrole.

 En quelques heures, la nouvelle va se répandre dans la région. En quelques jours, dans tous le pays. Aussitôt, les prospecteurs affluent. On s'arrache à prix d'or des terrains susceptibles de contenir du pétrole. Partout les puits surgissent. Aussi les fortunes.

 De pauvres hères deviennent riches en quelques semaines. C'est la fièvre du pétrole qui, dans l'épopée américaine du XIXème siècle, apparaît comme l'équivalent de la ruée vers l'or. Elle comporte des enrichissements fabuleux, des ruines spectaculaires, des vols et des assassinats.

 D'autant plus que vers 1860, les chimistes découvriront le moyen de raffiner ce pétrole. Jusque-là, en brûlant, il répand une odeur épouvantable. Désormais, on pourra, sans empuantir une maison, s'éclairer au pétrole. Du coup, la demande devient gigantesque.

 Tout le monde civilisé veut s'éclairer au pétrole. Tout le monde civilisé demande ce pétrole à la Pennsylvanie. On voit les villages pennsylvaniens se couvrir de baraques, de saloons, de magasins. Des villes naissent en quelques mois. Les derricks montent partout vers le ciel.

  Mais si la demande de pétrole va croissant, un problème se pose chaque jour avec plus d'acuité : celui du transport. Entre l'hiver où les charrettes s'embourbaient, les embouteillages monstrueux et les tarifs prohibitifs exigés par les charretiers, on ne s'en sort plus.

 Or, un jour de 1862, un jeune homme de vingt-trois ans vient visiter Titusville, capitale du pétrole pennsylvanien. C'est John D. Rockefeller. Il faut l'imaginer sur la terrasse - quelle terrasse ! - du rudimentaire hôtel de la ville. Il regarde les derricks érigés dans un désordre total. Il voit la foule des pionniers déambuler dans les rues. Il entend le piano des saloons.

 Et - scandale !- il voit devant ces établissements les prostituées aguicher d'éventuels clients.

 Très vite, John D., toujours froid, réservé, sévère, va prononcer un jugement sans appel. Un businessman digne de ce nom ne peut pas s'intéresser au forage du pétrole.  Seuls des gens de peu, des aventuriers, des amateurs de jeux de hasard peuvent se passionner pour une telle entreprise.

 Lui, John D., a par définition horreur des jeux de hasard. Il est venu voir, parce qu'on parle beaucoup de pétrole, parce qu'on raconte partout l'histoire des gens qui se sont enrichis avec le pétrole. Mais le forage du pétrole n'offre aucun intérêt. En revanche, le pétrole, lui, en tant que tel, vaut qu'on s'y intéresse.

 Car John D. fait une distinction entre le forage et le raffinage. Si le forage est, à ses yeux, une aventure malpropre et quelque peu déshonorante, le raffinage lui semble une affaire sérieuse.

 La demande mondiale ne cesse d'augmenter. Cette demande intéresse le pétrole raffiné. Celui qui raffine le pétrole ne peut pas perdre. Il ne dépend pas du hasard. Il trouvera toujours des producteurs pour lui vendre leur pétrole. Donc lui, John D., raffinera le pétrole. Parce qu'i croit au pétrole. Parce qu'il pense que celui qui vendra du pétrole fera une immense fortune.

 

 Cette fois, l'agent du destin va s'appeler Andrews, l'aîné de Rockefeller de quelques années. Andrews fabrique des bougies. Et il a découvert un nouveau procédé de raffinage, qui permet d'obtenir du pétrole de meilleure qualité. Rockefeller n'hésite pas. Il s'associe avec Andrews. Celui-ci va se révéler un "véritable génie du raffinage". Sa technique laisse loin derrière lui les concurrents.

 La réussite est immédiate. Les capitaux que Rockefeller a placés dans l'affaire lui rapportent 100%. Donc, il avait vu juste. De nouveau, son flair en éveil. L'affaire est excellente, mais il sent qu'il peut aller beaucoup plus loin et décide d'abandonner son affaire de transports et de se consacrer uniquement au raffinage. Clark ne veut pas le suivre. Tant pis, ou tant mieux ? Rockefeller quitte Clark, lui serre la main :

- Maurice, vous avez eu tort, car cette fois-ci je suis sur la route de la fortune.

 Dans la nouvelle affaire, il y a trois associés : John D., Andrews et un certain Henry Flager. Flager est une sorte d'aventurier sympathique. Il a connu des mois et même des années de misère, dormant, sur une botte de paille, sous le comptoir d'un débit de boisson. Mais un de ses oncles, distillateur d'alcool, a fait fortune.  On affirme d'ailleurs que ces alcools étaient plus ou moins frelatés. Flager investira la fortune de son oncle dans les entreprises de Rockefeller. Le puritain John D. s'abstient d'alcool par principe. Que ce nouvel argent qui lui vient soit le résultat d'une production d'alcools frelatés, il l'accepte néanmoins.

 Pour lui, l'argent n'a pas d'odeur.

 Ce qui résume John D., c'est une extraordinaire passion de l'économie. Quand il achète du pétrole, il choisit les moments où les cours sont bas.

 Il stocke le pétrole raffiné pour le vendre au plus haut cours. Il deviendra maître dans ce genre de sport.  En juin 1870, il fonde la Standard Oil of Ohio, au capital d'un million de dollars. l'évènement passe naturellement inaperçu. C'est pourtant ce jour-là que naît le plus colossal trust de toute l'histoire l'économique.

 A cette époque, coexistent vingt-six raffineries à Cleveland. Un soir, Rockefeller se promène en compagnie de Flager. Autour d'eux, les cheminées des raffineries et les flammes qui brûlent. Flager, méditatif, dit :

- Il y a beaucoup trop de ces usines par ici, je me demande comment on pourrait les regrouper.

 John D regarde brusquement Flagler. Il le quitte sans dire un mot. Il rentre chez lui. Tout simplement, il vient d'avoir l'idée. Le lendemain, Flagler, dûment chapitré, se rend chez un petit raffineur dont l'affaire, de notoriété publique, est peu brillante. Flagler lui offre 4700 dollars de sa raffinerie. L'homme croit rêver. Il accepte. C'est le début de la gigantesque entreprise d'absorption dans laquelle Rockefeller va mettre toutes ses forces et tout son génie.

 Pour acheter les raffineries concurrentes, il faut les ruiner. C'est une véritable guerre qui commence, où tous les coups seront bons. Clandestinement, Rockefeller va passer avec Vanderbilt l'un des plus monstrueux contrats qui aient jamais été signés avec des compagnies de chemin de fer. Celles-ci sont aux mains de véritables pirates, notamment le fameux Gould.

 Un jour, Gould a provoqué en duel l'un de ses concurrents. Traditionnellement, l'offensé a le choix des armes. Celui-ci choisit la locomotive. Donc les deux locomotives se sont élancées sur la même voie l'une contre l'autre. Des deux carcasses défoncées et fumantes, on a retiré le cadavre du concurrent - et Gould, grièvement blessé, mais vivant.

Vanderbilt est du même tonneau.

 Ce que Rockefeller a signé avec lui, c'est un accord qui lui consent des tarifs 50% moins élevés qu'à ses concurrents. Au contraire, on élèvera de 50% le tarif des concurrents. Ce qui apparaît plsu incroyable encore, c'est que Rockefeller a obtenu de toucher une partie des superbénéfices venant de l'augmentation supportée par ses propres concurrents.

 Deux chiffres pour mesurer l'écart des camps en présence : en 1872, la Standard Oil ne représente que 4% de la capacité de raffinage américain alors que cinq ans plus tard, elle contrôlera 95% du marché mondial des pétroles. En seulement cinq ans !

 Sa technique ?

Il va voir les raffineurs un à un. Il déclare qu'il ne veut pas leur mort. Il pense seulement que l'isolement est néfaste. par voie de conséquence, il leur propose le rachat.

 C'est leur intérêt.

 D'autant plus qu'il ne leur donnera pas d'argent, mais les paiera en actions de la Standard qui, assurément, sont destinées à monter. En rachetant leur raffinerie, Rockefeller annonce à ses confrères qu'il fait leur fortune. Le plus étrange est que l'affirmation se révélera souvent vraie. Ceux qui recevront des paquets d'action de la Standard se trouveront quelques années plus tard en possession de titres qui auront centuplé.

 Il faut le dire : beaucoup acceptent le marché. Mais il en est qui refusent.

 Ceux-là voient tout à coup les prix baisser. Ils sentent venir la ruine. A point nommé, Rockefeller formule de nouvelles propositions que, cette fois, on accepte.

 Une raffinerie va résister plus longtemps que les autres. Son propriétaire engage un technicien qui fait bruler la raffinerie en poussant trop fort les feux de l'alambic. On poursuivra Rockefeller. Il démontrera qu'il n'a rien à voir avec l'ingénieur. C'est vrai.

 Cet ingénieur ne connaissait que les associés de John D.

 La vérité est que Rockefeller est passé sans pitié sur les corps de tous les raffineurs. Un jour, pourtant, une femme est venue l'implorer. Elle est veuve. Pour élever ses enfants, il faut qu'elle garde sa raffinerie. Le prix qu'on lui propose ne lui permettra plus de vivre. Son accent est émouvant.

 Il se passe alors quelque chose d'extraordinaire - et peut-être d'unique : les yeux bleus d'acier de Rockefeller s'embuent. Il est ému.

 Il promet : elle gardera la raffinerie. Elle rentre chez elle, rassérénée. Le lendemain, les associés de Rockefeller  exigent son départ. Stupéfaite, elle proteste. John D. ne lui a-t-il pas promis de lui laisser sa raffinerie ? Implacables, les associés. La femme demande à le revoir. Il refuse. Elle ne le rencontrera plus jamais et devra céder.

 Le seul mouvement de pitié de John D. n'a duré qu'une seule nuit.

 Mais tout ne se passe pas si aisément. Un jour, quelqu'un dévoie le détail des contrats secrets de Rockefeller avec les chemins de fer. Scandale immense. A point nommé, on annonce que les contrats ont été annulés. Vanderbilt confirme. Apparemment, Rockefeller a capitulé. Tout rentre dans l'ordre. La presse se tait.

 Or lisez bien ceci : Rockefeller bénéficie toujours secrètement des mêmes tarifs !

 Toutefois cet homme grave se déride avec ses enfants. A la table familiale, parfois il chante, il jongle avec des assiettes ou il pose un biscuit en équilibre sur son nez pour le happer.

 De nouveau, on attaque Rockefeller. Cette fois c'est une meute qui l'assaille. Il n'a pas pu cacher éternellement qu'il dominait tout le pétrole du monde. Une longue guerre l'opposera au pouvoir.

 Il est un homme haï. Mais il s'en tirera toujours en montrant une éternelle bonne conscience. Il se sent dans son droit. Lorsqu'il voit paraître les premières voitures automobiles, il comprend que son empire va encore grandir. Il faudra du pétrole pour ces voitures. C'est lui, Rockefeller, qui va alimenter les voitures automobiles du monde entier.

 Brusquement, c'est le coup de théâtre.

 L'incroyable, l'imprévisible. Nous sommes en 1895, la fortune de Rockefeller est la plus vaste du monde et ce potentat, ce milliardaire annonce qu'il se retire des affaires. Il n'a que cinquante-six ans.

 Pour charmer sa retraite, John D. se borne à spéculer. Un simple amusement. Mais entre ses doigts, le jouet devient de l'or. presque sans l'avoir voulu, il gagne quelques centaines de millions de dollars de plus.

 Alors, adieu la spéculation.

 Maintenant, il ne s'intéresse plus qu'au golf. Mais dans sa vie, il y a une faille : Rockefeller a peur. Il vit dans la terreur d'être assassiné.

 Il se sait l'homme le plus détesté du monde.

 Un jour John D. rencontre un pasteur, un certain Gates. Gates parle au vieil homme : l'heure est venue pour lui de distribuer son immense fortune. On va alors assister à la plus extraordinaire des métamorphoses de cette vie hors série. Rockefeller a été convaincu.

 Pourquoi un homme seul garderait-il tant d'argent ? Il n'a vécu que pour le profit, il va exister pour la charité. Ce sera la mission de son fils. On assiste alors au plus insolite des spectacles, celui d'un fils n'ayant qu'une préoccupation : redistribuer la fortune que son père a gagnée. Du jamais vu !

 La fin ? John D. est devenu octogénaire, nonagénaire. Sa femme est morte, ses amis sont morts. il survit. Il reste seul.Le jour de son 97ème anniversaire, il déclare :

- Je fais le pari d'arriver à la centaine.

Il n'a pas droit aux trois petites années, emporté par un infarctus du myocarde.

 Faut-il l'envier Une telle réussite laisse pantois. Néanmoins, ma Mamie ne puis s'empêcher de penser à ce dialogue qu'il a échangé un jour avec l'un de ses amis, amateur de livres. Il lui demandait :

- Vous êtes heureux avec tous vos bouquins ?

- Très heureux.

- Pour moi, la seule chose qui me fasse plaisir, c'est de toucher des dividendes !

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin