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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 18:05

Le Petit Journal illustré"Le Petit Journal, là, sous vos yeux. 

 

 La voiture roulait dans la campagne anglaise. De part et d’autre de la route, les arbres tendaient vers le ciel leurs branches dénudées. A l’avant, à la place du passager, un homme jovial, chaleureux, l’inspecteur des services secrets William Skardon. près de lui, au volant, l’un des plus grands savants atomistes du monde, Klaus Fuchs.

 Dans la voiture, ce 24 janvier 1950, le silence. Aucun des deux passagers ne parlaient et chacun respectait les réflexions de l’autre.

 Regardons-le, ce Klaus Fuchs, observons ce fin visage, sensible, sérieux, réservé, souligné par des lunettes d’intellectuel.

 Chaque jour, nous rencontrons dans la rue des centaines de docteurs Fuchs, des gens aussi effacés, dont la carte d’identité porte cette mention : signes particuliers, néant.

 Et pourtant, Klaus Fuchs avait livré aux Soviétiques le secret de la première bombe atomique. William Skardon le savait. Depuis des jours, il voulait  le lui faire avouer. Depuis des jours, Klaus Fluchs se taisait.

 La voiture s’arrêta devant le domicile du savant. Les deux hommes entrèrent dans la maison. Entre eux, toujours le même silence. Soudain, Fuchs se retourna et dit :

- Maintenant, je vais tout vous avouer. Questionnez.

- Quand avez-vous commencé ? demanda Skardon, en souriant amicalement.

- En 1942, à Londres. J’ai pris moi-même contact avec les Russes...

 

Regardons-le encore, le docteur Fuchs.

 C’est l’anti-James Bond, le contraire de l’image qui s ‘impose à nous quand nous pensons à un grand espion.

A ce moment précis, Klaus Fuchs avouait précisément qu’il était un espion. Bientôt, il allait entrer dans les détails, tout expliquer de sa démarche, de ses motifs.

 Oui, lui qui, avec quelques autres, avait imaginé et construit la première bombe atomique, il avait estimé de son devoir d’en livrer les plans aux Soviétiques.

 Ce savant, ce grand savant, choisit alors la trahison. Comment est-il possible d'en arriver là ? Ma Mamie s'est posée la question. Pour tenter de comprendre, il faut se demander qui était Klaus Fuchs.

 

 Un petit village près de Francfort-sur-le-main, Russelsheim. Là, en 1911, vit un pasteur luthérien, Emil Fuchs. Un saint homme, doté de plusieurs enfants. A ceux-ci, il répète qu'ils doivent toujours faire ce qui leur paraît juste. Il n'y a pas beaucoup d'argent chez les Fuchs, mais une piété ardente et très stricte. C'est dans ce climat que grandit le petit Klaus.

 En 1927, l'adolescent s'inscrit à l'université. D'emblée, le voilà plongé au sein des luttes politiques qui déchirent les Allemands. Journellement, les ultranationalistes affrontent les démocrates.

 Le fils du pasteur ne va pas tarder à choisir son camp. Il devient social-démocrate. Les études ? Elles sont brillantes. Il a choisi les mathématiques et la physique. Très vite, il y excelle. Les professeurs distinguent en lui un sujet d'élite.

 Avec les mois et les années qui passent, les tensions politiques grandissent. C'est le temps où le parti d'un certain Adolf Hitler fait de plus en plus parler de lui et réunit de plus en plus d'adeptes.

 Plus les Nazis font du bruit, plus Klaus réagit violemment. Il décide alors de faire campagne pour les communistes. Du coup, il est exclu du parti social-démocrate. 

 Bouclée, la boucle.

 Un jour de 1933, alors que la terreur nazie s'abat sur l'Allemagne, alors qu'on arrête par milliers les opposants, Klaus Fuchs sera empoigné par les étudiants nazis, roué de coups et jeté dans le canal de Kiel. Il en sortira plus assuré que jamais dans ses nouvelles convictions.

 A travers toute l'Allemagne, la grande chasse aux rouges a commencé. On les jette par milliers dans les nouveaux camps de concentration récemment inaugurés. La police nazie est sur la piste de Klaus.

 Il se terre. Puis se décide : il passe en France et gagne Paris. Il n'a pas d'argent, il plonge dans la misère, il a faim. Que faire ? Le 24 décembre, il débarque en Grande-Bretagne pour poursuivre ses études. Il va avoir vingt-deux ans.

 De Paris, il gardera le souvenir d'une rencontre avec une jeune Allemande. Elle s'appelle Greta. Elle est elle-même communiste. pendant quelques semaines, ils se sont aimés.

Elle, elle veut rejoindre  l'Union soviétique. Elle a tenté de convaincre Fuchs de l'y accompagner. Il a refusé. Il a dit :

- Je préfère rester dans les pays occidentaux. C'est là que je peux le mieux étudier. C'est là que j'aurai le plus de possibilités dans ma spécialité.

 Profonde, la déception de Greta. Ils se sont quittés et engagés chacun sur son chemin. Une page de la vie de Fuchs est tournée.

 

 En Grande-Bretagne, il s'est intégré dans la vie anglaise autant qu'un étranger peut y parvenir. Il en ressent la chaleur et le calme profond.

 Le consul allemand de Bristol a bien signalé à la police que Klaus était un "communiste fanatique". mais on a attaché aucun prix à cette dénonciation qui, d'évidence, venait en droite ligne de la Gestapo. Les nazis n'avaient-ils pas l'habitude d'accuser tous leurs ennemis, de quelques opinions qu'ils fussent, d'être communistes ?

 Klaus Fuchs a-t-il oublié son passé ?

 Séduit par la démocratie britannique, a-t-il répudié les convictions de son adolescence ? Quand on le voit vivre, on peut le penser. Quand on l'écoute, on s'en persuade. Tout cela n'est qu'apparence.

 Dans son petit appartement, il a toujours le nez dans les ouvrages des théoriciens marxistes. Tous ils sont là. Lus et relus. Ce qu'il y cherche, ce qu'il y trouve, c'est une vérité. A ses yeux, la vérité.

 Un jour, c'est au nom de cette vérité qu'il trahira.


 Après la campagne de France et alors que Hitler menace l'Angleterre, Fuchs reçoit une lettre du professeur Peierls, un réfugié allemand lui aussi, qui luié crit : "Venez à Birmingham. J'ai besoin de vous pour un travail particulier, en rapport avec la guerre, dont je ne puis vous révéler la nature. Venez, c'est urgent."

 Urgent, en effet. C'est des recherches nucléaires que s'occupe le professeur. On savait que les Allemands avaient poussé très loin leur travaux, plus loin que leurs confrères anglais, américains ou soviétiques. Celui qui posséderait la bombe atomique gagnerait à coup sûr la guerre.

 Au début de 1941, la Grande-Bretagne est seule. L'Allemagne assure son empire triomphant sur l'Europe. la Luftwaffe écrase Londres sous les bombes. Mais cette Angleterre accablée tient bon. D'ores et déjà, on a décidé de mettre au travail les meilleurs savants présents en Royaume-Uni. Les meilleurs spécialistes. Fuchs est de ceux-là.

 On a créé une organisation appelée Tub Alloys. Ce qui se traduit par : alliages pour tubes. Sous cette raison commerciale anonyme, des savants travaillent activement au projet capital. Klaus, plus et mieux que les autres.

 Etrange situation : c'est un Allemand qui travaille d'arrache-pied à élaborer cette bombe qui doit vaincre l'Allemagne. D'évidence, la situation ne peut plus durer. Fuchs demande à être naturalisé anglais. Il l'est, le 7 août 1942.

 Il faut connaître la formule du serment traditionnel qu'a prêté le nouveau citoyen britannique : "Moi, Klaus Fuchs, je jure par le Dieu tout-puissant d'être loyal envers sa majesté  le roi Georges VI, ses héritiers et ses successeurs, conformément à la loi."

 Au moment où il s'engage avec tant de solennité, Fuchs a déjà commencé à trahir.

 

 Quand bien même on irait vers la victoire, coude à coude, Fuchs était persuadé qu'après la guerre les Alliés de l'Ouest se retourneraient contre la Russie. Les occidentaux qui disposeraient de la bombe ne manqueraient pas de s'en servir contre leur ancien allié, mettant une nouvelle fois en péril la paix du monde.

 Fuchs ne voulait pas que l'on mît la paix en péril. Il pensait que la bombe, instrument de guerre, pouvait être un instrument de paix, à condition que la menace fut égale pour les deux camps. C'est ainsi que Fuchs, dès qu'il avait été convaincu que la bombe n'était plus une utopie, s'était préoccupé d'en doter l'Union soviétique.

 Fuchs entre alors en relation avec les Russes. Son contact se nomme Simon Davidovitch Kremer. Chaque mois, Fuchs rédige un rapport sur l'évolution des travaux.

 Entre octobre 41 et fin 42, Fuchs rencontre quatre fois Kremer. En général, il le retrouve dans une rue encombrée ou dans une station de métro. Les feuillets du rapport sont insérés entre les pages d'un journal plié. Ou encore, microfilmés, ils sont dissimulés dans une cigarette que Fuchs offre à Kremer.

 Ces années-là, Fuchs habite chez les Peierls. Il a été accueilli à bras ouverts. On peut dire qu'il fait parti de la famille. Mme Peierls lui recoud ses boutons, s'occupe de son linge. Il est de toutes les fêtes de famille. Visiblement, il apprécie cette vie. il aime les enfants et les chiens.

 Et pourtant il continue à faire passer aux Soviétiques une quantité impressionnante. Etrange Fuchs.

 En octobre 1943, se produit un évènement qui peut être considéré comme un tournant dans la vie de Klaus Fuchs. Il vient d'être désigné parmi les savants britanniques qui doivent rejoindre leurs collègues américains aux Etats-Unis.

 Désormais, les alliés britanniques, américains et canadiens travailleront ensemble à la fabrication d'une bombe commune. Comment n'aurait-on pas choisi Klaus Fuchs, alors qu'il était considéré comme l'un des plus remarquables parmi les atomistes anglais ?

 Fuchs va alors être inséré dans le Manhattan Project. Là, dans l'ombre, il ne cesse d'accumuler les renseignements précieux qu'il destine aux Soviétiques.

 Avant son départ de Grande-Bretagne, il avait annoncé son départ. On lui avait alors donné l'ordre de se mettre en rapport avec un émissaire des Russes à New-York.

 Cet agent soviétique, il devait le rencontrer dans une rue de l'East Side, un samedi. Cet homme se présenterait comme étant Raymond. Il serait ganté, porterait un livre à reliure verte et tiendrait à la main une seconde paire de gants. Fuchs, lui, devrait être porteur d'une balle de tennis.

 Détail : le précautionneux, le scrupuleux Fuchs avait acheté la balle de tennis avant de quitter l'Angleterre. Il l'avait emportée dans ses bagages.

 Le 5 février 44, la rencontre a lieu. Fuchs voit paraître un petit homme rond, aux cheveux très noirs et brillantinés.

- Je suis Raymond, dit le petit homme.

- Et moi, le docteur Fuchs, répond Klaus.

 Raymond s'appelait en réalité Harry Gold. le plus fameux espion soviétique qui ait jamais paru aux Etats-Unis.

Juif, Harry avait souffert de ses origines; Ses camarades de travail lui volaient ses burins, ses ciseaux, lui versaient de la colle dans sa boîte à outil et dans les poches de son costume.

 Plusieurs fois, il avait été "enlevé par des bandes d'Irlandais antisémites et tellement battu qu'on l'avait laissé à demi-mort sur le terrain".

 Que l'URSS ait banni l'antisémitisme avait été pour lui "comme une lumière dans la nuit". Gold ne semble pas avoir soupçonné jamais qu'il avait construit sa vie sur un mensonge.

 En réalité, le stalinisme cultivait l'antisémitisme avec une ardeur qui ressemblait à de l'enthousiasme. On sait qu'à la fin de sa vie Staline envisageait la totale déportation des juifs d'Union soviétique.

 Plus tard, après son arrestation, Harry Gold qui avait joué un rôle de premier plan dans la livraison de la bombe A et aurait pu légitimement en concevoir de l'orgueil, s'entendit demander :

- pendant vos onze années d'espionnage, de quoi êtes-vous le plus fier ?

 Il répondit :

- D'avoir transmis aux Russes les secrets du procédé Eastman Color.

 En effet, ce procédé, propriété de Kodak, était beaucoup mieux protégé que n'importe quel secret militaire...

 La suite ? Fuchs part pour Los Alamos. Il fera partie de l'état-major trié sur le volet qui oeuvre sous la direction du docteur Oppenheimer.

 Curieusement, Fuchs a confié que le temps de son travail à Los Alamos fut le plus heureux de son existence. Il jouissait de l'air pur et sec du désert. Il ressentait un bien être physique, une grande joie intellectuelle. En lui, c'est le savant qui l'emportait.

 Parce qu'il savait qu'on touchait au but, il traversait une période d'exaltation intense. Il prenait ses congés à la montagne, heureux de se livrer à l'escalade et au ski. Il semble - si insolite que cela puisse paraître - qu'il ait complètement oublié les Russes.

 Harry Gold guette depuis des mois un retour possible du savant. Il surgit comme à point nommé.

Fuchs le reçoit aimablement. Gold presse Fuchs de fournir de nouvelles informations. Et, sans faire de manières, Fuchs consent. Pour qu'il se remette à espionner, on dirait que Fuchs avait besoin d'un déclic.

 Ce déclic, Gold l'a donné. Il donne des détails sur la bombe, sa forme, la méthode de construction. Il décrit la lentille qui permet de déclencher l'explosion intérieure.

 Toutes ces informations , acheminées vers l'URSS, vont permettre aux savant soviétiques un gain de temps précieux. Ils vont - grâce à Fuchs - connaître tous les détails de la bombe, comme s'ils l'avaient sous les yeux.

 Le 2 juin 1945, lors d'une nouvelle rencontre avec Gold, Fuchs annonce que la première explosion atomique expérimentale aura lieu, le mois suivant, dans le désert du nouveau-Mexique.

 Information vérifiée par ma Mamie : la première explosion se produit le 16 juillet 1945. Très exactement à Alamo Gordo.

 L'image nous est familière. Un énorme champignon s'élève à l'horizon. Une lumière aveuglante qui efface celle du soleil. Un fracas d'apocalypse. Voilà la première explosion atomique de l'histoire de l'humanité. Imaginons, pendant qu'elle se produit, les savants tapis dans leur abri, regardant, en dirent, le résultat de tant d'efforts.

 Parmi eux, il y avait le docteur Fuchs.  Au moment de la formidable déflagration, plusieurs savants, mus par un réflexe bien compréhensible, se jetèrent sur le sol. Fuchs resta debout.

 Il contemplait avec un double orgueil cette incroyable réussite. Comme savant, il avait vaincu. Il avait construit l'arme absolue. Comme homme, il croyait avoir pallié les effets incalculables de cet instrument de mort.

 Trois semaines plus tard, explosera la bombe d'Hiroshima.


 Achevés, les travaux des savants. La place est désormais aux hommes de guerre et aux hommes d'état. A Potsdam, Truman a annoncé à Staline que les Etats-Unis disposaient d'une arme de guerre terrifiante. Il a été étonné, et un peu vexé, de voir que Staline ne manifestait qu'un intérêt poli.

 Cette attitude se comprend mieux quand on sait que Staline savait tout, depuis longtemps, de l'arme atomique. Il savait tout, grâce au docteur Fuchs.

 En septembre, les savants britanniques vont quitter Los Alamos pour la Grande-Bretagne. On se réunit pour un pot d'adieu. C'est Fuchs qui va chercher le whisky à Santa-Fé. Il en profite pour rencontrer une dernière fois Harry Gold. Ce jour-là, il lui fournit les ultimes détails qui auraient pu manquer aux Russes.

 

 En Grande-Bretagne, Fuchs continue paisiblement ses recherches. Au moins sa tâche d'espion est-elle achevée ? Nullement. Les soviétiques ont commencé à construire leur bombe.

 De temps en temps, un renseignement leur fait défaut, ils ont besoin d'un détail. Les informations donnés par Fuchs permettent de doubler les étapes. Fuchs ne se fait pas prier.

 Le 23 septembre 1949, le président Truman annonce la première explosion atomique Russe. Il fulmine : si les Russes ont la bombe, c'est parce que des traitres leurs ont fournie. Ce sera le début d'une grande psychose américaine, de la peur atomique. On enquête sur tous les savants qui ont fabriqué la bombe. Sur Fuchs, naturellement.

 Pendant la guerre, on avait balayé le rapport qui faisait état de son statut de communiste. Aujourd'hui, on prend la chose beaucoup plus au sérieux. Les services américains recueillent des informations et concluent à l'existence d'un traître parmi les savants anglais. lequel ? De nouveau, on en revient à Fuchs. mais on ne possède aucune preuve.

 

 Le plus curieux dans cette histoire, c'est qu'au moment où on commence à le soupçonner, Fuchs a cessé d'être un espion. Il avait commencé à l'être parce qu'il se posait des questions. Il a mis fin à son action parce qu'il se pose d'autres questions.

 Les informations qui lui proviennent d'Union soviétique provoquèrent chez lui une insurmontable angoisse. D'évidence, le stalinisme n'est rien d'autre qu'un nouvel impérialisme. On sait maintenant que le régime ne se soutient que par la terreur. Pour la plus grande gloire de Joseph Staline, des millions d'hommes et de femmes sont morts.

 Est-ce pour un tel résultat qu'il a fait ce qu'il a fait ? 

 A son procés, il dira :

- Peu après la guerre, j'ai commencé à avoir des doutes sur la politique russe. Je ne fus plus sûr d'avoir raison de leur transmettre toutes les informations que je possédais. Je manquai un rendez-vous, puis le suivant aussi.

 Il s'est libéré de ses maîtres. Mais un espion peut-il jamais redevenir libre ? Le drame intérieur de Fuchs se prolonge dans sa vie quotidienne. Lui qui a trahi l'Angleterre, il se sent de plus en plus anglais. Sa décision est prise, il n'espionnera plus jamais. Oui, pourquoi a-t-il fait cela ?

 C'est le colonel Henry Arnold qui va être chargé de l'enquête pour trouver la fuite. Il connaît bien tous les savants. Il a procédé par élimination. Insoupçonnable, tous les savants. Tous, sauf Klaus Fuchs. D'évidence il faut opérer avec discrétion. De jour et de nuit, Fuchs est filé. On ne trouve rien.

 Ce qui est normal puisqu'il n'a plus aucun contact avec l'espionnage soviétique. A ce moment précis va entrer en scène un nouveau personnage, William Skardon. C'est un inspecteur des services secrets, spécialisé dans les enquêtes concernant la trahison. Skardon se donne donc tout entier à la tâche particulièrement ardue d'obtenir des aveux de Fuchs.

 Mais Skardon est arrivé au bon moment. Au moment où les scrupules obsèdent littéralement Fuchs. Il va parler. Et il va tout déballer laissant Skardon épouvanté, abasourdi. Quand il suspectait Fuchs, il pensait surtout à des imprudences. Et il s'aperçoit que son interlocuteur s'est livré à un acte d'espionnage démesuré, qu'il a livré à Staline le principal secret de son temps. Une question encore :

- Qu'avez-vous, en fait, livré aux Russes ?

Une réponse proférée avec une inimaginable douceur :

- A mon sens, le pire que j'ai fait a été de révéler à l'Union soviétique les méthodes de fabrication de la bombe atomique.

 Fuchs sera naturellement arrêté et jugé. Il se montrera étonné quand on lui dira que le maximum de la peine qu'il encourt est de quatorze ans de prison. Il croyait risquer la mort. En matière de trahison, la peine de mort n'existe en Angleterre que pour les renseignements livrés à un ennemi. Fuchs avait fourni des informations à un allié. Il sera condamné au maximum de sa peine. Il déclarera au tribunal avoir été bien jugé et remerciera les juges.

 

 En prison, Klaus Fluchs. Autour de lui, le silence. Mais pas l'oubli.

 En 1958, le Daily Express l'interviewe dans sa prison.

- Referiez-vous la même chose dans les mêmes circonstances ?

- Question terriblement difficile. Mais c'est non, car je n'ai plus exactement les mêmes points de vue aujourd'hui. Je suis toujours marxiste, mais je ne puis accepter tout ce que disent et font les communistes.

 Le 2 juillet 1959, il est libéré avant la fin de sa peine. Ne s'est-il pas montré un prisonnier exemplaire ?

A Berlin-Est, sur l'aérodrome, une femme l'attendra. Elle a cinquante-trois ans, les cheveux gris. Elle est "forte et trapue". Elle tend des fleurs à Klaus Fuchs. A Fuchs qui la reconnaît brusquement. Il s'agit de Greta, cette Greta qu'il a aimé à Paris en 1933.

 Le 9 septembre 1959, Fuchs épousera Greta, veuve de Max Keilson, un membre du parti.

 Sur tous les plans, Klaus Fuchs a retrouvé ses premières amours.

 Telle fut l'aventure de Klaus Fuchs, espion par idéal, espion scrupuleux. Ce qu'il souhaitait est arrivé. Il voulait un équilibre dans le monde d'après-guerre. Il voulait que l'on n'utilisât point cette bombe atomique qu'il avait contribué à créer. Pour cela, il fallait que les deux grands antagonistes la possédassent tous les deux.

 Grâce à lui, les Russes ont disposé plus tôt de la bombe. Aujourd'hui quand Fuchs songe à tout cela, il doit être satisfait.

 Mais peut-être pense-t-il aussi parfois à la campagne anglaise, à ses collègues de Harwell qui étaient aux petits soins pour lui, à ces amitiés qu'il a fait naître, à ce pays qui l'avait reçu les bras ouverts - et qu'il a trahi.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

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"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
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"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
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Mamie voulait revoir sa Normandie !

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Plonplon

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