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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 13:15

c2hg6do9"En route !

 

 Caillé tente alors le tout pour le tout.

 Il ose demander audience au gouverneur, le baron Roger. C'est un homme éclairé et intuitif. Il ne décourage pas le jeune Caillé mais il lui donne un conseil : "Enrichissez-vous !"

 Caillé hausse les épaules : la richesse lui importe peu. C'est la gloire de Mungo-Park qu'il veut obtenir. Au nom de Tombouctou, le baron de Roger hausse les épaules : personne n'est allé à Tombouctou.

 Le baron, provocant, va jusqu'à demander si seulement Tombouctou existe.

Caillé se défend pied à pied : l'année précédente encore, un Anglais et un Italien sont partis vers Tombouctou !

 Certes, ils sont morts tous les deux, mais d'autres partiront... et arriveront !

 Ce jeune  passionné finit par intriguer le baron. Il l'interroge encore : comment pense-t-il réussir, lui qui est pauvre, alors que des expéditions nombreuses et dotées de moyens puissants ont échoué ?

 Caillé répond que c'est précisément parce qu'il est seul qu'il réussira.

 A Roger stupéfait, il explique son plan : il veut se faire passer pour un Maure. C'est pourquoi il apprendra leur langue et leurs coutumes.

 Le baron le met en garde : les Maures seront impitoyables s'ils découvrent qu'on les a trompés.

 Caillé a réponse à tout : il se présentera comme le fils d'un riche négociant français enthousiasmé par la lecture du Coran et qui tient à se convertir. Imparable !

 

 Le gouverneur tente de le détromper, attire son attention sur les risques immenses qu'il va courir. Peu importe à Caillé. Là est la solution. La solidarité musulmane jouera.

- J'arriverai à Tombouctou !

 Désormais, René Caillé s'appellera Abdallahi, autrement dit esclave de Dieu.

 Il apprend la langue et étudie l'alphabet arabe. Bientôt il peut lire le Coran dans le texte. Il en sait des versets entiers qu'il récite pieusement. Il se sent alors totalement prêt pour la réalisation de son grand projet.

 Il retourne chez le baron qui lui a promis quelques marchandises mais ce dernier est parti pour la France. Son remplaçant, le baron Hugon, ignore tout.

 Il éconduit Caillé.

 

 Aura-t-il subi pour rien ces épreuves ? Doit-il renoncer ? Ce serait mal le connaître.

 Il a endurci son corps, tendu ses muscles, dominé ses nerfs. 

Son teint bronzé, sa barbe noire peuvent faire illusion sur ses origines. Un chirurgien de marine nommé Bax a vu Caillé à cette époque : il était accroupi dans l'angle d'une cour, vêtu comme un Maure, dans la posture des mendiants. Le personnage était si vraisemblable que Bax, avant de le reconnaître, y avait cru.

 

 Caillé a réalisé 2 000 francs d'économie en Sierra Leone. Il s'en contentera. Son plan : se joindre à l'une des caravanes qui fait du commerce entre la côte atlantique et l'intérieur.

 Il emportera de la pacotille pour payer son hospitalité par de petits cadeaux. Il ne méconnaît nullement le terrible danger auquel il s'expose.

 Il lui faudra jouer un rôle pendant des mois, des années peut-être. Il n'a pas droit un seul instant à la défaillance. Si on découvre la supercherie, on le tuera.

 Il achète pour 1 700 francs de marchandises dont - idée mirifique ! - un parapluie rouge.

Il se munit d'une petite pharmacie et de deux boussoles.

Il a imaginé une nouvelle fable : il est né à Alexandrie de parents arabes. Il a été emmené en France par des Français de l'armée de Bonaparte. Son maître, un commerçant, l'a conduit au Sénégal et vient de l'affranchir. Redevenu libre, il a décidé de retourner en Egypte pour retrouver ses parents et pratiquer sa foi.

Le 19 avril 1827, il part.

 Il a vingt-six ans.

A Londres, l'anxiété monte : on n'a reçu aucune nouvelle du major Laing. D'autres voyageurs veulent aussi faire quelques tentatives : M. de Montesquieu vient de partir. M. Duranton a le projet de se rendre à Tombouctou ; un autre Français se joint à une caravane d'Arabes dont il a adopté tous les usages pour arriver jusqu'à cette ville par une route nouvelle." 

 L'autre Français, c'est René Caillé.

On ne cite même pas son nom...

 Le 13 juin, enfin, Caillé aperçoit  devant lui une longue masse d'eau qui étincelle au soleil : le Niger ! Un orage vient de tremper ses vêtements, il titube de fatigue. Il oublie tout, court jusqu'à l'eau, s'assied et bouleversé, contemple ce fleuve dont nul ne savait rien.

 Mungo-Park et le major Laing l'avait admiré avant lui, mais nul n'avait revu Mungo-Park ni le major Laing.

 Désormais, Caillé s'avance en pays inexploré.

 

 Chaque fois qu'il traverse un village, la blancheur de sa peau suscite un étonnement sans bornes. Quant à la longueur de son nez, c'est une hilarité bruyante qu'elle provoque.

 On oublie tout dès lors qu'il ouvre son parapluie : qui aurait pu imaginer une telle merveille ? Cent fois on le supplie de l'ouvrir encore et de le refermer, on ne se lasse pas de ce spectacle inouï.

 

 Après d'atroces souffrances et un scorbut par dessus le marché, il arrive à Timé où il restera cinq mois. La maladie l'arrêtant net dans son élan. Il repartira le 9 janvier 1828 pour Djenné.

 Chaque matin grandit alors un espoir qui peu à peu devient démesuré.

 Sans cesse, autour de lui, il entend parler de Tombouctou. Ses compagnons de voyage y sont presque tous allés et en sont revenus.

 Ce qui n'était encore, quelques mois plus tôt, qu'un songe irréalisable se mue en quelque chose de si proche qu'il en oublie ses souffrances. C'est vers cet inconnu devenu palpable qu'il marche, ou plutôt qu'il se traîne. La toux lui déchire la poitrine, il crache le sang. La fièvre ne l'abandonne plus. 

Le 14 mars 1828, voilà enfin l'étape essentielle, la dernière avant Tombouctou : Djenné. 

 La bienveillance du chérif de Djenné ira jusqu'à procurer à Caillé un passage gratuit à bord d'une des barques qui descendent le Niger.

 Au moment de faire ses adieux, Caillé va faire don de son fameux parapluie rouge au chérif. Jamais cadeau n'a été accueilli avec autant d'enthousiasme.

 Tombouctou est au bout de la route.

 

La folle histoire du vainqueur de Tombouctou :

Mamie à Tombouctou

Le parapluie rouge de Caillé

Tombouctou la merveilleuse

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin