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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 18:10

c2hg6do9"Victor Hugo, naissance d'un géant...

 

 Mamie est formelle. C’est chez les Ernoul ou chez les Demangeat que Sophie Trébuchet a dû rencontrer Brutus Hugo.

Il n’est pas très grand le capitaine mais large d’épaules et de torse, trapu bien qu’athlétique, avec un cou de taureau, un visage rond, des yeux à fleur de tête, le front trop bas, un nez trop gros, des lèvres trop fortes, le teint trop rouge.

 Pourquoi Brutus, comblé alors par Eros, s’attarderait-il à considérer longuement cette Bretonne de taille petite, point particulièrement belle, qui, avec ses 24 ans, selon les concepts du temps, n’est plus de la première jeunesse ?

Lui n’en a pas encore 23. Au moins si elle avait quelque bien ! Brutus apprendra vite - tout se sait dans une petite ville - que Sophie n’apportera pas la moindre dot, ce qui même en République demeure un défaut majeur.

 Qu’est-ce donc qui l’attire ? C’est qu’elle est loin d’être sotte, la petite Sophie.

 

 De ce qu’ont pu se dire Brutus et Sophie, ma Mamie n’en sait rien.

Tout ce dont elle est sûre, c’est qu’est née entre eux une sorte d’intimité.

Un peu plus tard, à une de ses connaissances, Brutus parlera de "Sophie". On n’appelle pas - surtout en ce temps-là - une étrangère par son prénom. Restons lucide : Sophie aurait pu accueillir l’arrivée dans sa vie de Brutus comme d’un miracle si elle y avait cru, mais ce n’était pas le cas.

 Du moins, elle a du frémir d’espoir, un espoir mal contenu.

 Et Brutus ? Ce qu’il a pu apprécier chez Sophie, c’est sans doute une tradition de bourgeoise que lui, le "primitif", a dû lui envier.

 Mais franchement celui qui proclame avec tant de flamme et de gaieté le contentement que lui procurent si souvent les "jolies sphères" de Louise Bouin, celui qui célèbre à tout instant son "teint de lis" et ses "lèvres de rose", cet homme-là aurait pu se muer en cet amoureux de Sophie, fervent et transi ?

  Ma Mamie est persuadée que c’est des conneries.

 

 Ce qu’elle sait en revanche, c’est que quelques mois plus tard, Louise Bouin va quitter Brutus.

Adieu aux "jolies Sphères" !

 La séparation ne semble pas avoir engendré de grands drames. Mais peut-être le célibat tout neuf de Brutus va-t-il être à l’origine, de sa part, de ce que Mamie appelle "le retour de Sophie". Elle le connaît assez ce bon vivant : il n’est pas fait pour la solitude.

 Les amants abandonnés sont les plus vulnérables.

Est-ce alors que lui est repassée par la tête l’image de la petite Sophie, point si désagréable après tout ?

 Ce souvenir a-t-il été avivé par une lettre de Sophie reçue à point nommé ? Mamie sait d’expérience que la Bretonne est tenace.

 Mamie sait aussi qu’elle a entre-temps envoyé un ami auprès de Brutus. Il n’a pas dû manquer de plaider sa cause. Soudain, Brutus décide de franchir le pas. Il épousera Sophie.

 Et au diable les varices.

 

Ni une ni deux, Sophie court retrouver Brutus à Paris pour les noces. C’est à ce moment très précis que Brutus écrit à un ami et lui dit : "Je t’ai annoncé mon mariage avec Sophie. Il n’en peut rien être. Sous quinze jours, je t’apprendrai du nouveau. Je suis infidèle. Je te dirai le reste."

 Que s’est-il donc passé pour que Brutus ne veuille plus se marier ? Il le dit, il avoue : il est tombé amoureux. Il est infidèle. Une jeune femme a succédé dans son coeur à Louise Bouin. Ceci dans le temps même où Sophie venant est arrivée à Paris pour l’épouser !

 N’ayons pas peur des mots, pour Brutus, c’est l’embarras extrême, l’impression de se débattre dans un cul de sac, le désir forcené de sortir du guêpier : il ne va tout de même pas épouser cette Bretonne qu’il n’aime pas alors qu’il s’est remis à en aimer une autre ! Résultat des courses : des cris,des larmes, des mots irrémédiables.  

 Voilà ce qu’ont été les fiançailles de Sophie Trémoulet et de Brutus Hugo.

Malgré tout, le 15 novembre - neuf jours après l’aveu de Brutus à son ami, il épouse Sophie. Comment a-t-il mis les pouces - et si vite ?

 Nous voilà réduits aux hypothèses.

Une ligne d’une lettre de Brutus apporte peut-être le début d’une solution. Elle est de septembre 1805, époque à laquelle les époux se verront séparés par la force des choses et surtout par un abîme d’incompréhension.

 Ici chaque mot adressé par Léopold à Sophie compte :

"Rappelez-vous, quand je dus vous épouser, vous me fîtes espérer qu’il vous revenait quelque chose de votre père."

Tournons et retournons cette phrase, nous ne pourrons tirer qu’un seul sens - évident : Brutus a été contraint d’épouser Sophie.

 Quant à la raison qui a forcé ce brave à trois poils à franchir le pas, là, ma Mamie n’en sait rien.

Des menaces du frère ? Brutus l’aurait étendu pour le compte.

Des supplications de Sophie ? Brutus - encore une fois - ne parle pas de prières mais de contrainte.

  Alors ? Alors, il faut deviner. Se demander si Sophie, se trouvant seule avec Hugo et, mêlant pour une fois larmes et coquetterie, n’a pas tout à coup troublé ce sanguin ? 

 

 Mamie le voit, le lendemain, Brutus Hugo.

Elle le découvre accablé, furieux contre lui-même mais conscient que son honneur l’oblige à "réparer".

 Sophie est une jeune fille de bonne famille. En tout cas, une jeune fille. Impossible de la comparer à une Louise Bouin. S’il ne l’épouse pas, il la laisse déshonorée, condamnée à jamais au célibat.

 Alors, il l’épouse. 

 

La suite ? Elle accouche le 15 novembre 1798, un an jour pour jour après le mariage : exactitude toute militaire. C’est un fils, aussitôt prénommé Abel.

 Et Brutus se révèle un père émerveillé.

 Important. Brutus recevra alors une promotion flatteuse : le poste de commandant d’armes à Clèves.

 Brutus et Sophie partent sur les routes, puis dans les montagnes.

Vers où ont-ils alors porté leurs pas ?

 Nous ne pouvons que les imaginer s’avançant sur un sentier que les schistes rendent glissant et dont la terre garde l’humidité des neiges fondues. Le temps est beau, quelques nuages courent le ciel.

 Un palier, une clairière? Ma Mamie ne le sait pas. Sophie reprend souffle.

 Brutus que rien ne fatigue - jamais - et que l’air vif au contraire fustige se sent tout à coup d’humeur folâtre.

 Plutôt qu’à la ligne bleue des Vosges, son regard a dû s’arrêter à celle, blanche et vaporeuse, que forme la bas du pantalon de lingerie de Sophie, bien dégagé comme le veut la mode du temps. Expéditif, le commandant Hugo.

 Et puis l’herbe est trop tendre. Il demande, il exige.

S’il est sanguin, avide en amour, doté de ce tempérament formidable dont ses lettres à sa femme portent l’aveu sans cesse renouvelé, est-ce sa faute ?

 Cette voracité pourrait faire leur bonheur à tous les deux.

Elle causera le drame de Brutus.

 Probablement n’a-t-elle pas même eu le temps de dire non. Il est quand même officier des armées de la République. Vingt ans plus tard - presque jour pour jour - le général Hugo écrira à son fils Victor :

"Créé, non sur le Pinde, mais sur un des pics les plus élevés des Vosges, tu sembles te ressentir de cette origine presque aérienne."

 Décidément, ces Hugo ne font rien comme tout le monde.

Mon père n’a pas cru devoir m’informer quand aux conditions dans lesquelles j’ai été engendré. Le vôtre non plus, je suppose. Le général Hugo, si. Tant mieux.

 Ainsi saurons-nous pour l’éternité que Victor Hugo a été conçu en plein air.


Collection "Mamie raconte Hugo"    

Naissance d'un géant ; L'éveil du petit Hugo ;  Victor et Adèle ; Victor et Adèle se marient  

 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin