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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 14:14

cuba.jpg"Les missiles.


 Le 16 octobre 1962, Kennedy fut averti que les Soviétiques avaient l'intention d'installer des missiles sur le sol cubain : un avion espion avait photographié les rampes de lancement que les Russes construisaient dans la partie occidentale de l'île.

 Toute la stratégie des Soviétiques reposait sur l'hypothèse qu'ils pourraient installer les missiles sans que les Américains puissent les en empêcher.

 Après tout, Kennedy n'était-il pas un jeune président inexpérimenté ?

  L'échec cuisant de la baie des cochons ne devait-il pas l'inciter à la plus grande prudence ? Oserait-il s'opposer à la volonté des Soviétiques au risque de déclencher une guerre nucléaire ?

 Mamie se posait toutes ces questions.

Elle n'était pas la seule.

 

De tous ces jours où se décida le destin du monde, Robert Kennedy laissera un écrit poignant qui ne sera publié qu'après son assassinat. Il avait noté : "Le monde était au bord de l'abîme : la destruction nucléaire et la fin de l'humanité." Son frère John demande à tous ses membres le secret absolu :

- "Pas un mot à vos femmes, pas une allusion à vos secrétaires."

La consigne a été suivie.

Malgré l'extraordinaire pression des médias, rien n'a transpiré.

 

Kennedy veut détruire les missiles. Stevenson confiera qu'il a été "consterné de voir que Kennedy avait songé d'emblée à une attaque aérienne".

 Alors bombardement ou blocus ?

Assis dans son fauteuil à bascule dont la forme apaise parfois ses douleurs dorsales, Kennedy, après avoir écouté Dean Acheson, dira à mi-voix :

- J'ai l'impression que, cette semaine, je vais vraiment mériter mon salaire.

Le général David M. Shoup, qui commande les Marines, se permet alors une exclamation toute militaire :

- Vous êtes dans un sale pétrin, monsieur le président !

Réplique de JFK :

- Vous y êtes avec moi !


 On rit ce qui soulage les nerfs de tout le monde, mais on a encore rien décidé. Ce qui a frappé les acteurs de la crise, c'est le calme du président. Il écoute plus qu'il ne parle. Signe de tension nerveuse plus aiguë qu'à l'accoutumée, il se tapote parfois les dents avec l'ongle de l'index.

 

Chacun attend alors la visite de Gromyko, le ministre soviétique des affaires étrangères afin de le faire parler pour en savoir plus.

 Sera-t-il dupe ?

 Il n'en est rien. Gromyko demeure ce qu'il a toujours été : une tombe !


Alors, les Etats-Unis, pourtant, réagirent. Kennedy rejeta l'idée d'une frappe militaire contre Cuba pour détruire les missiles. Cela aurait, à coup sûr, déclenché la guerre avec l'URSS. Ce sera donc le blocus. Il faut avertir les alliés.

 Le plus coriace sera - comme il le démontre depuis des années - Charles de Gaulle. Kennedy admire le vieux chef d'Etat. il a fait de ses Mémoires de guerre son livre de chevet.

 Dean Acheson fonce vers Paris. Quand il montre les photos des missiles prises par les U-2, le Général ne songe pas à dissimuler son admiration pour la technique utilisée :

- C'est formidable !


Il interroge :

- A votre avis, qu'est-ce qui a pu inciter les Soviétiques à mettre en place leurs fusées à Cuba ?

- Je pense, répond Acheson, que Khrouchtchev a tenté un coup de poker.

De Gaulle opine énergiquement du chef. Quand Acheson développe en détail les dispositions qui vont être prises pour établir un blocus autour de Cuba, l'homme du 18 juin déclare :

- C'est exactement ce que j'aurais fait.


Khrouchtchev ne comprendra pas l'attitude de Kennedy. Déjà qu'il avait rencontré beaucoup de difficulté avec Eisenhower. Pourtant, c'était un homme de sa propre génération :

- Comment pourrais-je m'entendre avec un homme qui est plus jeune que mon fils ?

 

Le pape Jean XXIII supplie les nations de sauver la paix. Des signes, pourtant. Un diplomate russe rencontre un journaliste américain. Il fait connaître le désir de son pays de trouver une porte de sortie.

 Que faut-il penser de ce genre de contact ?

 

 On en est là quand le vendredi 27 octobre, Kennedy reçoit un message de Khrouchtchev. Un très long et très véhément message. Les spécialistes reconnaissent le style si personnel du premier soviétique. Cette lettre, celui-ci n'a laissé à personne le soin de l'écrire.

 Elle apparaît "comme le cri d'épouvante d'un homme prisonnier d'un cauchemar". Khrouchtchev adjure Kennedy d'arrêter la course à l'abîme. Longuement, il évoque les horreurs de la guerre. De toute façon, Kennedy doit bien savoir que des fusées à elles seules ne peuvent représenter un potentiel d'attaque.

 Derrière, il faut des troupes.

Où sont-elles, ces troupes ?


 La conclusion de Khrouchtchev ressemble à une adjuration : "Si vous n'avez pas perdu votre sang-froid, si sous vous rendez vraiment compte où cette affaire risque de nous entraîner, alors, monsieur le président, vous et moi devrions éviter de tirer sur les extrémités de la corde dans laquelle vous avez noué la guerre. Vous-même connaissez les moyens terrifiants dont dispose nos deux pays."

 

 A la Maison-Blanche, on respire. Cet optimisme ne dure pas. Le 27 octobre, Khrouchtchev, dans un style plus froid, fait savoir qu'il enlèvera ses missiles de Cuba si les Américains ôtent les leurs de Turquie. Une vague de colère secoue Kennedy.

 Contre l'horreur nucléaire un seul barrage va s'élever : celui de l'intelligence. Robert Kennedy propose de répondre non pas au second message mais au premier qui reste, lui, parfaitement acceptable.

 Les Etats-Unis s'engageront à faire cesser le blocus et à ne jamais envahir Cuba. En revanche, l'URSS retirera ses fusées de l'île. JFK se saisit de l'idée. Sa réponse à Khrouchtchev vole sur les ondes.

 

Tout est désormais une question d'heure. La nuit qui vient sera la plus longue. Ce dimanche dont l'aube se lève verra des foules de toute origine, de tout âge, en prière dans les églises et les temples.

 Ne reste-t-il plus que cela, la prière ?

 

La paix va finalement triompher. Ici et là, dans le monde, les boutefeux ont crié victoire et salué sans ménagement la défaite de Khrouchtchev.

 On peut, avec Mamie, se réjouir que Kennedy, ayant gagné au points, se soit gardé "contre la tentation de transformer son succès en KO".

 

A l'horloge de l'histoire, il était moins cinq.

 Si la paix s'est en définitive trouvée sauvegardée, c'est parce que, aux leviers de commande des blocs antagonistes, se tenaient, vigilants mais lucides, deux hommes de bonne volonté.

 

Quand bien même, ma Mamie m'a dit qu'on avait eu chaud aux fesses...

 

 

Collection "Mamie explore le temps"

Lee Harvey Oswald -  Stavisky - Sarajevo ou la fatalité - Jeanne d'Arc -  Seul pour tuer Hitler -  Leclerc - Sacco et Vanzetti - La nuit des longs couteaux - Jaurès - Landru - Adolf Eichmann - Nobile - Mr et Mme Blériot - Les Rosenberg - Mamie embarque sur le Potemkine -  L'horreur à Courrières - Lindbergh - Mamie au pays des Soviets - Jean Moulin face à son destin - Mamie est dos au mur - L'assassinat du chancelier Dolfuss - L'honneur de Mme Caillaux - Mamie au pays des pieds noirs - La Gestapo française - Auschwitz - Le discours d'un Général - Mamie à Cuba - Le discours d'un Maréchal  

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin