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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 02:39

journal"La france s'ennuie.

 C'est le titre du journal Le Monde le 15 mars 1968.

 

 Une semaine plus tard, les étudiants de Nanterre lancent l'un des plus vastes mouvements de protestation que la France ait connus au XXe siècle. Le 3 mai, les étudiants occupent la Sorbonne. Lors de l'évacuation de l'établissement, la police procède à de nombreuses arrestations. Mais dans la nuit du 10 au 11 mai, les étudiants occupent le Quartier latin. Les CRS prennent d'assaut les barricades. La répression policière fait des centaines de blessés et la population prend fait et cause pour les étudiants.

 

 Au soir du 10 mai, 10 000 personnes en colère se rassemblèrent au Quartier latin et s'affrontèrent aux barrages de police. Une véritable bataille rangée fit bientôt rage. Les premières barricades édifiées à Paris depuis la Libération apparurent dans la rue Gay-Lussac.

 Un travailleur qui passait montra aux étudiants comment se servir d'un marteau piqueur - on allait se souvenir affectueusement de lui comme du premier ouvrier à avoir soutenu la cause étudiante -, et en perçant le macadam des rues les manifestants purent récupérer les pavés qui se trouvaient au-dessous.

  Les CRS attaquèrent à coup de matraques et de gaz lacrymo. Ils emportèrent la première barricade, mais les étudiants en avaient déjà édifié cinq de plus. Les heurts durèrent toute la nuit. La répression policière poussa les habitants du quartier à sympathiser avec les étudiants. A 1 h du matin, un reporter radio nota que des "milliers" de gens, "des femmes, des ouvriers, des badauds, des gens en pyjama" les aidaient à construire des barricades. Au petit matin, on releva 367 blessés, tandis que 400 personnes étaient arrêtées.


 Le 13 mai, les ouvriers rejoignent les rangs. Une immense manifestation d'un million de personnes traverse Paris. Le mouvement s'étend rapidement : c'est la première grève générale de l'histoire. C'est aussi la première fois qu'une grève générale paralyse un pays parvenu au stade de la société de consommation. Grèves et occupations d'usine spontanées se multiplient.


 Le 22, 10 millions de salariés ne travaillent pas, c'est le chaos dans la rue. Des slogans imaginatifs et libertaires révélateurs de l'état d'esprit de l'époque fleurissent sur les murs :

"La vie est ailleurs"

"Explorons le hasard"

"Marx est mort, Dieu aussi et moi-même je ne me sens pas très bien"

"Ne changeons pas d'employeurs, changeons l'emploi de la vie"

"Il est interdit d'interdire"

"Sous les pavés, la plage"

"Je prends mes désirs pour la réalité, car je crois en la réalité des désirs"

"La volonté générale contre la volonté du général"

"Soyez réalistes, demandez l'impossible"...

Une affiche célèbre présentait "l'ennemi", le CRS, sous la forme d'une silhouette inhumaine estampillée de ces seuls mots : "CRS-SS". Le public fut conquis.



 Le gaucho déboula alors avec toute sa panoplie : Une parka trop grande, un pull trop large et des pantalons trop courts. Quand il est en groupe il écoute des chants révolutionnaires français, cubains et albanais. En privé, il préfère 
Sgt Peppers. Il lit Althusser et Balibar. Il va voir Marker et Godard. Il prépare des tracts et des banderoles pour la manif de l'après-midi. Parce que si quelqu'un se met en travers de la route du Gaucho, le peuple aura sa peau.



 Ma Mamie m'a dit que cette révolte avait fleurit sur un terreau préparé. La jeunesse avait pleuré la mort du révolutionnaire Che Guevara, elle critiquait la société capitaliste, mais aussi la défense du tiers-mondiste. Pendant que les jeunes s'enthousiasmaient pour la révolution culturelle en Chine, ils militaient en faveur de la paix au Viêt Nam.
 
Cette révolte touchait une classe d'âge pléthorique, celle du baby-boom, arrivant en masse dans des universités qui n'étaient pas prêtes à les recevoir ou avaient été construites trop vite, telle Nanterre, érigée au milieu des bidonvilles. Puis tout le monde s'y est mis, les ouvriers pour obtenir des meilleures conditions de vie, les jeunes pour une plus grande liberté, aussi bien d'expression que sexuelle.


 Les grèves continuèrent. Pratiquement toute l'activité industrielle fut touchée. Il en alla de même des mines de charbon. Le bus, le métro, les trains, même les taxis cessèrent de rouler. Les ordures ménagèrent s'entassaient dans les rues. Les contrôleurs aériens d'Orly se mirent en grève, tout comme le personnel de la télévision de l'ORTF. Dans les garages des stations-service, on était à court de carburant. Dans les banques, les retraits furent limités à 500 francs. Jusqu'aux entreprises de pompes funèbres qui se mirent en grève : "Ce n'est pas le bon moment pour mourir", disait-on. 

  Finalement, il n'y eut pas de révolution parce que personne n'avait de raison impérative d'en faire une. "A bas le gouvernement gaulliste du chômage et de la pauvreté", scandaient les étudiants. Or la France était plus prospère que jamais. Après cette magnifique effervescence étudiante, débordant de verve et d'imagination, le mouvement se désagrégea rapidement. Une ultime salve fut tirée en juillet : une immense affiche montra un troupeau de moutons, avec la légende : "Retour à la normale". Ce fut le dernier baroud d'honneur de la France révolutionnaire. 


 Mon papi m'a dit que ces évènements ont enfin montré la fragilité du pouvoir du général de Gaulle. Mais que surtout, Mai 68 avait changé la donne et montré qu'on pouvait changer le monde. Mamie ne voyait pas les choses de la même manière, évidemment. Selon elle, la question que se posaient les adultes à propos des étudiants devait être celle-ci : serait-ce donc qu'ils connaissent "le Secret de la Vie - celui que nous cherchons vainement en grandissant" ?

 

"Ont-ils découvert le Secret de la Vie ?"

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin