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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 18:22

spartacus.jpg"Une affiche, là, sous vos yeux. 

 

 Une nuit de juillet, en l'an 73 avant Jésus-Christ. Soixante-dix hommes s'évadent de l'école des gladiateurs de Cnaeus Lentulus Batiatus, à Capoue. Ces hommes-là s'avancent dans les cours de l'école. Autour d'eux, le silence. Ils ne marchent pas, ils se glissent.

 Avec d'infinis précautions, on tire les verrous, on ouvre les portes. Quelques aps et les voici dans la campagne. Ce qui, de toutes parts, les assaille, c'est l'odeur des arbres, des herbes, l'odeur de la liberté. A la tête de ces fugitifs, c'est un Thrace qui s'élance. Il s'appelle Spartacus.

 Qui est Spartacus ?

 Ma Mamie a ouvert une enquête à son sujet, extrait :

 

 Spartacus est un gladiateur. Donc un esclave. Mais il n'était né ni esclave, ni gladiateur. Ses origines restent obscures. Tout ce que ma Mamie sait, c'est qu'il avait vu le jour dans les montagnes de Thrace, la Bulgarie actuelle. Certains romans ont voulu que Spartacus ait été fils de roi. Rien ne le démontre. En fait, son enfance s'est consacrée à garder les troupeaux.

 Un berger, Spartacus.

 Un jour, les légions romaines sont passées par là. Il les a suivies.

 C'est une force redoutable que l'armée romaine. On conçoit que du plaisir et de la fierté puissent surgir de la certitude d'être un soldat romain. Mais l'armée, en ce temps-là, c'est également une discipline d'airain.

 On pense que l'on fait naître l'obéissance en brisant le soldat. On épuise son corps par des exercices harassants. On annihile sa volonté par d'éternelles punitions. On le bat, on l'emprisonne, on le jette dans le silo.

 Cette armée-là n'est pas celle dont a rêvé le petit berger thrace. Dans ses montagnes, il était libre. Nul ne le contraignait. Va-t-il tolérer, sous l'uniforme, une condition qui l'apparente à un esclave ? Non. Alors, il déserte. L'homme qui vient de retrouver sa liberté est grand, athlétique, donc d'une force peu commune.

 L'allure est fière, le regard hardi. C'est tout ce que ma Mamie sait de lui.

 Pour n'être pas repris, une seule condition : se faire brigand. Pendant des années, il va hanter les campagnes, au hasard des coups de main, des attaques de convois, des vols dans les villas.

 On s'abrite où on peut, dans des cabanes, dans des grottes. Sa bande est composée d'esclaves évadés et de gibier de potence très peu recommandable. Rien ne les retient, ni ne les effraie. Cela dure des années.

 Un jour, la petite bande est arrêtée, jetée en prison. Ce qui attend Spartacus, il le sait bien, c'est une mort atroce, précédée de longues tortures. Or, par une chance insigne, il est épargné. On se contente de le condamner à l'esclavage. Esclave ? Pourquoi pas ?

 Tous les esclaves ne sont pas malheureux. Après quoi on le conduit au marché. Spartacus, enchaîné, attend au milieu d'autres esclaves enchaînés. Il attend son futur maître. Dans la foule de curieux et des éventuels clients, un homme se présente, le fameux Cnaeus Lentulus Batiatus. Il regarde Spartacus, admire l'athlète qui se tient orgueilleusement campé devant lui. Il l'achète.

 A l'école de Capoue, on n'a pas de soucis, on dort, on mange à sa faim.

A jours fixes - ni trop ni trop peu - on conduit à l'école les prostitués du lupanar. Certains seraient prêts à se satisfaire de ce qui pourrait apparaître comme une bonne vie. Une bonne vie, certes.

 Mais au bout de la route, il y a la mort. Il faut méditer les chiffres que nous donne ma Mamie dans une étude pénétrante : personne - à quelques rares exceptions près - n'a survécu à plus de trois ans d'école de gladiateurs.

 Cnaeus Lentulus Batiatus n'est pas méchant.

 De lui, les élèves ne reçoivent que de bons traitements. Mais voilà, le jour vient où il faut partir pour l'amphithéâtre.

Là Spartakus se présente comme mirmillo (il porte une lance, un casque et un grand bouclier gaulois) prêt à affronter le retiarus ( qui se sert d'un filet et d'un trident), il se bat.

 Les spectateurs admirent son agilité, sa force, la puissance qui se dégage de sa musculature. Il est vif, adroit.

Et il tue.

 A chaque spectacle, Spartacus triomphe. On connaît son nom, on connaît ses victoires, on l'acclame. Le soir, il rentre saint et sauf mais jusqu'à quand ?

 Un sentiment envahit alors de plus en plus souvent Spartakus, le gladiateur, et c'est celuid e l'absurdiét de sa vie, telle qu'elle est devenue.

 Quand on lui conduit les filles du lupanar, il s'en sert et les regarde à peine. Un jour, tout change. L'une des filles est belle et c'est une thrace, comme lui. Sur la couche qu'ils partagent, ils se parlent dans leur langue. Ils évoques leur pays, leurs villages, leurs montagnes. Ils rêvent.

 Au vrai, la plus absolu des évasions n'est-elle pas le rêve ?

 Résigné, Spartacus ? Il ne l'est plus.

 Cette femme-là l'a changé. 

De beaux esprits pourront ironiser sur cette rencontre de l'esclave et de la prostituée. On pourra parler de romanesque à bon marché. On aura tort.

 Les sentiments qui soulèvent cet homme et cette femme sont vrais donc admirables.

 Maintenant, Spartacus veut vivre, il veut être maître de sa vie. Vivre pour lui-même, vivre pour elle. A la fille, il parle, et la fille l'écoute. Peu à peu, elle s'exalte. Ils vibrent à l'unisson. Leur avenir, elle le voit maintenant : ils réussiront leur évasion.

 A l'école, ces morts en survie obéissent toujours mais avec moins de docilité. Batiatus, vieux renard, sent le danger. D'un jour à l'autre, les épées et les lances disparaissent. On s'entraînera désormais avec des armes de bois. Les gardiens sont invités à plus de vigilance encore. Le résultat est d'accentuer le clivage parmi les gladiateurs. Spartacus en profite pour les inviter à partir.

 Oui, partir ensemble !

Quitter l'Italie. trouver un pays libre pour vivre ! Seulement voilà, sur les deux cents gladiateurs, cent trente renoncent : décidément ce que propose Spartacus est trop difficile. On se fera tuer. Mais ce qui compte, c'est que soixante-dix croient à l'évasion, croient à Spartakus. 

 

 La suite prochainement.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin