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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 23:56

journal"Gare au gorille.

 

 C'est à deux copains sétois, Roger Théron et Victor Laville, que Brassens doit de rencontrer cette détonnante Patachou. Il se verrait bien romancier ou poète plutôt qu'artiste de scène.

 Après de nombreuses tentatives dans plusieurs cabarets, il avait perdu espoir. Patachou, elle, en a pour deux ! Elle l'invite dans son cabaret dès le lendemain soir : "Vous resterez ici le temps qu'il faudra ! Les gens finiront bien par vous écouter..."

 Brassens essaie encore de se défiler à cet exercice de scène qui le terrifie ; il préfèrerait qu'elle interprète ses créations au lieu de le pousser sur scène, invitation qu'elle décline, prétextant qu'elle aurait bonne mine en chantant Le gorille et La mauvaise réputation... Patachou lui empruntera toutefois J'ai rendez-vous avec vous, Le bricoleur ou Brave Margot.

 Elle présente son protégé à Jacques Canetti - encore lui - afin qu'il lui ouvre les portes de Philips. L'homme se montre enthousiaste, beaucoup moins sa direction que le récit d'un gorille à l'assaut d'une vieille décrépite et d'un jeune juge en bois brut épouvante.

 Qu'à cela ne tienne, puisqu'il n'est pas question que Philips abrite un tel artiste, il est décidé que Brassens sera signé par l'autre label de la maison, Polydor.

 Mamie n'y va pas par quatre chemins quand elle affirme que dans le paysage de la chanson, M. Brassens fait figure d'ovni : une vedette solitaire que la gloire ni l'argent ne flatteront jamais, un artisan des mots que la scène ne cessera de rebuter. 

 A Sète, que l'on écrivait alors Cette, il a grandi entre deux feux, celui d'Elvira, Napolitaine et fort croyante et celui de son père, Jean-Louis, paisible, libre-penseur et réfractaire aux choses de Dieu.

 A la maison, il y a des roucoulades de Tino, le swing de Ray Ventura et les mots fous de Trenet. Georges a le goût de la chanson mais plus encore celui de la pitrerie, au fond de la classe tout près du poêle.

 Seulement voilà, le passage d'un professeur dans une vie de cancre a parfois des effets inespérés...

 C'est le cas avec Alphonse Bonnafé, professeur de français, à qui Georges fait lire ses premiers petits poèmes. En retour, le maître lui enseigne l'art de la rime et des pieds bien balancés qui valent mieux que les coups de pieds aux fesses des autres enseignants. Il sera poète quand il sera grand.

 Mais il fait aussi le malin.

 Dix sept ans, le temps des copains, des larcins pour un peu d'argent de poche.

 Georges dérobe des bijoux à Simone, sa demi-soeur. Ses copains aussi détroussent leurs proches. L'affaire fait grand bruit.

 Ils sont les mauvais garçons, les brigands du lycée. Renvoyé de l'établissement, montré du doigt dans le village, le fils Brassens expérimente la "mauvais réputation".

 C'est cet humiliant souvenir de 39 qui donne naissance à la chanson en 52. Mais pour l'heure, mieux vaut fuir Sète. Ce sera Paris, et le silence froid des bibliothèques, après un détour par les usines Renault finalement bombardées en ces temps de guerre.

 Il épluchera alors les mots des poètes jusqu'à en comprendre chaque pulsation.

 Il écrit alors ses premiers recueils de poèmes. Jeanne Planche, une voisine de sa tante Antoinette chez qui il demeure, met la main à son maigre porte-monnaie afin qu'il s'édite.

 Le service du travail obligatoire le conduit en Allemagne sans qu'il pose un seul jour sa plume. Il écrit sans répit puis s'enfuit chez Jeanne et Marcel Planche, au 9 de l'impasse Florimont dans le 14ème arrondissement où il trouve refuge en attendant la fin de la guerre.

 Une vie de peu de chose, sans gaz, sans électricité, sans eau. Georges n'a pas de besoins. Il restera là vingt-deux ans entre les chats que l'on recueille en nombre, avec Jeanne et son hospitalité, son peu de manières et son plein de tendresse, Jeanne sans le sou qu'il habille d'une chanson...

 

Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu

Et, comme par miracle, par enchantement on fait partie de la famille.

 A Marcel, il écrit :

Toi l'Auvergnat qui sans façon

m'as donné quatre bouts de bois

Quand dans ma vie il faisait froid.

"La chanson, c'est une lettre à l'ami..." écrit-il à Mamie. Tout est dit.

 La guerre est à peine achevée depuis deux ans qu'il a déjà publié un roman et écrit : Le parapluie, J'ai rendez-vous avec vous, Le gorille et mis en musique Il n'y a pas d'amour heureux, un poème d'Aragon.

 Il a acquis sa première guitare, rencontré sa femme, celle de toute une vie, l'Estonienne Joha Heiman.

 Une femme "derrières qui tu condamneras ta porte en marquant dessus : fermé jusqu'à la fin des jours, pour cause d'amour", ainsi qu'il l'écrit dans Embrasse-les tous.

Et puis lentement, sûrement, le succès est venu. Il va arpenter la France. Ses disques s'arrachent. Crime terrible en 1956, il ose placer le mot "con" dans la chanson Marinette, ce qui lui vaut d'être privé d'ondes.

 La suite ? La marche nuptiale, Le pornographe, les amoureux des bancs publics, Les copains d'abord née du souvenir d'une escapade en rafiot à Sète avec un capitaine qui avait usé du pastaga... Un titre que lui a commandé Yves Robert pour son film Les copains d'abord.

 Il a disparu en octobre 1981 à soixante ans et une semaine.

 Rideau.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Des refrains et des Mamies
31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 23:45

journal"Boby.

 

 Peut-être le chouchou de ma Mamie. Et encore une trouvaille de Canetti. 

 Une de plus !

 Bobby Lapointe dont les textes semés de calembours et de contre-pèteries ont de quoi surprendre.

 Extravagant Lapointe capable d'être scaphandrier pendant la guerre, vendeur de layette, installateur d'antennes de télévision et auteur de chansons aussi surréalistes que ...

 Bobo Léon,

 La maman des poissons,

 Ta Kattie t'a quitté ou Embrouille minet ...

 ...avant que le cancer ne le fauche prématurément à cinquante ans, en 1972. Trop tôt.

 Beaucoup trop tôt.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Des refrains et des Mamies
27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 12:48

Venise2.jpeg"La ville éternelle.

 

 Un départ dans la campagne, une campagne somme toute très ordinaire mais vous savez ce qu'on dit : "La campagne, ça vous gagne !"

La suite ? On longe la mer, les voies de chemin de fer puis on arrive dans la ville éternelle pour une vue imprenable sur les gondoles et sur les ponts.

 Les ponts ? Il y en a 27.

Et pas un de moins !


 Le temps ? Il n'existe pas à Venise alors les mauvaises langues diront que 3 h 52, ce n'est quand même pas terrible.

Savent-ils que l'organisation m'a placé en dernière ligne ? Et qu'il a fallu doubler des milliers de coureurs pour se replacer dans la course, abandonnant au passage toutes chances de victoire finale ?

 La course ? Une ballade dans les rues vénitiennes avec un passage sur la place Saint-Marc et le détour des plus beaux monuments. 

 Le top.


 Résultat de la course, après "Voir Venise et mourir", nous avons inventé un nouveau slogan...

"Voir Venise et courir !"

Et toc.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Marathon
26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 17:49

Marathon-Arles.jpg"La fin du monde.

 

 Un marathon de dingue avec la bagatelle de 18 km sur les petits chemins - qui sentent la noisette -, 15 km de trail dans la montagne, un froid de canard et une pluie diluvienne qui empêche aux petits gabarits comme bibi de tirer leur épingle du jeu avec une course bouclée en 3 h 50.

 Bref, pour le résultat, on repassera.

 

 Dario Secoïa m'a dit, je ne fais que citer : "Personne en moins de trois heures, c'était un marathon pour les retraités ?" "Un marathon pour les courageux, monsieur, mais difficile de finir dans le premier wagon".

 Quant à la victoire n'en parlons même pas.


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Published by Régis IGLESIAS - dans Marathon
19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 15:47
Tidou et tonton
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Published by Régis IGLESIAS - dans Livre d'or
17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 15:44

Toilettes2.jpeg"Vous êtes formidable. 

 

 Pas plus tard que la semaine dernière, je confiais à ma Mamie que je voulais changer de prénom. C'est vrai, Regis c'est con comme prénom. Seulement voilà, ma Mamie ne l'entendait pas de cette oreille. Elle ne m'a pas fait la morale, loin de là, pas le genre de la maison. Elle m'a juste raconté l'histoire de la famille Machin. Extrait :

 

M. et Mme Machin du département des Bouches du Rhône souhaitait tendrement avoir des enfants, mais les années passaient sans que leur souhait se réalisât. Puis, alors qu'ils avaient quasiment perdu tout espoir, Mme Machin fut enceinte, et donna en temps voulu naissance à un petit garçon. La joie des parents fut indescriptible, et ils voulaient que le prénom reflétât et glorifiât cette bénédiction. Du coup, ils décidèrent d'appeler le petit Formidable. Pourquoi pas, après tout.  

 

 Seulement voilà, il s'avéra que ce nom pour le moins excentrique était pour le moins mal choisi puisque le garçon restait chétif et de petite taille. Et, même adulte, il continua à être constamment la cible des plaisanteries d'une invariable bêtise, toutes inspirées de la contradiction manifeste entre son prénom et son apparence physique.

 M. Formidable Machin souffrait en silence, ce qui ne l'empêcha pas de se marier soit dit entre nous, mais, sur son lit de mort, il dit à sa femme : "Toute ma vie j'ai supporté ce prénom idiot, je ne veux pas qu'il soit perpétué sur ma tombe. Ecris dessus ce que tu voudras, mais ne mentionne pas mon nom." La femme promit de respecter sa volonté, il mourut, et, dans la mesure où leur mariage n'avait été qu'affection et harmonie, elle commanda une pierre tombale sur laquelle était inscrit : "Ci-gît un homme qui fut toujours prévenant et fidèle envers sa femme." Et tous ceux qui, en passant devant sa tombe, lisaient  l'inscription ne manquaient pas de remarquer : "Tiens, c'est formidable."

 

Quiconque a fait, ne serait-ce qu'une fois, l'expérience de ce brusque renversement d'une tentative de solution en son contraire comprendra très bien de quoi il s'agit. Comme dit Mamie : "C'est en essayant de contourner un problème qu'on se met justement le doigt dans le nez."

 

 Méfiance, donc.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit
17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 15:08

Depeche"Mamie a décidé de taper un grand coup en s'attaquant au plus gros mensonge de l'histoire de l'humanité.

 

 Plus fort que le 11 septembre, bien au-dessus des hommes qui auraient marché sur la lune, il semblerait dorénavant acquis que le but du jeu dans la vie serait de trouver le bonheur.

 Il est plus que temps de mettre au rancart les cartes de bonne femme qui voudraient nous faire croire que la chance, le bonheur et la satisfaction sont tout ce qu'il convient de désirer dans l'existence. Il y a trop longtemps que l'on nous dit que la poursuite de bonheur débouche sur le bonheur. C'est faux.

 Archi-faux.


 Mamie est formelle, notre monde, bien près d'être submergé par le raz-de-marée des conseils prodigues par d'innombrables manuels et guides consacrés à la poursuite du bonheur, ne doit plus se voir refuser la bouée de sauvetage dont il a besoin. La connaissance des mécanismes et des processus produisant le malheur doit cesser d'être un secret jalousement gardéé par la psychiatrie et la psychologie. Ça suffit.

Trop c'est trop.



Certes, le nombre de ceux qui paraissent naturellement dotés du talent de fabriquer leur enfer personnel peut passer pour relativement élevé. Mais plus nombreux encore sont ceux qui, à cet égard, ont besoin d'aide et d'encouragement : c'est à eux que cet article est dédié, dans l'espoir qu'il guidera leurs premiers pas après les avoir initiés.



D'abord les exemples et les preuves à l'appui :

- Le total des dépenses de santé des Etats-Unis s'est élevéé de 12.7 milliards de $ a plus de 300 milliards aujourd'hui.


- En Europe, un citoyen moyen engloutit trente mille comprimés dans le cours de sa vie.

Que l'on imagine ce qui nous arriverait en cas de ralentissement, voire d'inversion de cette tendance. Des ministères entiers s'effondreraient, des pans entiers de l'industrie feraient faillite et des millions d'hommes et de femmes se retrouveraient au chômage.

Pour participer à la lutte contre l'éventualité d'un tel désastre, ce blog a pris conscience du rôle modeste mais réel qu'il peut jouer.

A notre connaissance, un nombre relativement peu élevé de nos distingués confrères s'est risqué à aborder ce sujet épineux. On peut citer les ouvrages de Dan Greenburg "Comment se rendre soi-même horriblement malheureux", cet ouvrage important, salué par la critique comme un rapport honnête qui a appris a plus de 100 000 lecteurs comment mener une existence réellement dépourvue de toute signification.

Vous pourrez découvrir dans les jours à venir les mécanismes les plus fiables et les plus utiles à la recherche méthodique du malheur - recherche fondée sur des dizaines d'années d'expérience clinique, qui permettront aux lecteurs les plus doués de mettre au point un style qui leur sera personnel.

 

Mamie en met sa main à couper qu'ensuite, on sera les personnes les plus malheureuses du monde.

 

Le top ! *

 

* Référence : "Faites vous-même votre malheur" de l'excellent Paul Watzlawick (pour les amateurs)

 

Pour en savoir plus sur Mamie à la recherche du malheur :

Quatre façons de jouer avec le passé ; Si tu m'aimais vraiment, tu aimerais l'ail ; Pour une poignée de haricots ; Une histoire de marteau ; La poudre anti-éléphants ; Je vous l'avez bien dit ! ; Gardez-vous d'arriver ; Sois spontané ! ; Pourquoi m'aimerait-on ? 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit
17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 11:36

Depeche"Avertissement : Cet article fait parti de la collection A la recherche du malheur, si vous êtes en quête du bonheur et que vous le lisez, ce sera à vos risques et périls, vous finirez noyés sous les eaux comme DiCaprio dans le Titanic.



"L'enfer c'est les autres", c'est bien connu. Ce qui un peu implicitement veut dire que pour atteindre notre objectif on doit se pencher sur les relations humaines et de tenter de tirer les leçons du savoir-faire des professionnels de la Démolition des Relations (les fameux PDR qui est si cher à Mamie).

Tentons d'aborder notre sujet avec un minimum de méthode. Voila 70 ans que Bertrand Russel insistait sur la nécessité d'une stricte séparation entre les déclarations sur les choses et les déclarations sur les relations.

Un exemple tout con : "Cette pomme est rouge" est une déclaration sur les propriétés de cette pomme. Alors que "Cette pomme est plus grosse que celle-ci" porte sur la relation existant entre ces pommes.

Maintenant entrons dans le vif du sujet : Supposons que Mamie demande à Papi : "Cette soupe, préparée selon une nouvelle recette, est-elle à ton goût mon amour?"

Si c'est le cas, Papi peut répondre "oui" pour la plus grande satisfaction de Mamie. Il peut dire "non" s'il ne l'aime et qu'il ne craint pas de la décevoir. Mais une difficulté se dresse d'emblée dans le cas (statistiquement plus probable) ou, d'une part, Papi juge la soupe épouvantable et, d'autre part, il ne veut pas faire de peine à Mamie.

 Il devrait dire "non" au niveau de l'objet (la soupe) et "oui" au niveau de la relation pour ne pas faire de peine. Or nous ne possédons qu'un seul langage pour les deux niveaux - que va-t-il pouvoir dire ?

Il ne peut dire oui et non. Il peut s'en sortir par une pirouette comme "Oui, le goût est amusant" dans l'espoir qu'elle comprendra ce qu'il voudrait dire en réalité. Ses chances de parvenir à ses fins sont infimes.

 Le mieux qu'il puisse faire est probablement de suivre plus ou moins l'exemple d'un mari de ma connaissance. Lors du premier déjeuner qui suivit les noces, sa jeune épouse plaça sur la table une grande boite de céréales, dans l'idée qu'il en raffolait.

 Il ne voulut pas lui faire de peine et décida donc de manger l'affreux brouet puis, quand la boite serait vide, de lui demander de ne plus en acheter. Hélas ! en épouse attentionnée, avant qu'il eut totalement terminé la première, elle avait déjà acheté la seconde boite. Aujourd'hui après seize ans de mariage, il a abandonné tout espoir de lui expliquer un jour qu'il déteste les céréales. On imagine fort bien ce que serait la réaction de sa femme...


 Dans le même esprit, imaginez que votre partenaire vous demande a brûle-pourpoint : "Pourquoi es-tu en colère contre moi?" En toute bonne foi, vous ne vous sentez en colère contre rien ni personne.

 Mais la question insinue que son auteur sait mieux que vous-même ce qui se passe dans votre propre esprit et que la réponse : "Mais je ne suis en colère contre rien du tout" est un pur et simple mensonge.

 Cette technique, connue aussi sous le nom de lecture dans la pensée tire sa remarquable efficacité du fait qu'on peut toujours discuter des humeurs et de ce que la plupart des gens entrent en fureur quand on leur attribue des sentiments négatifs.

 La variante consiste à affronter son interlocuteur avec une déclaration aussi hardie et décidée que nébuleuse. Si l'autre demande de quoi diable on peut bien parler, on referme le piège en expliquant : "Le seul fait que tu aies besoin d'une explication pour comprendre ce que je dis là prouve ta vraie nature !"


 Il existe une manière utile et efficace de compliquer sa relation avec autrui. Elle consiste à offrir à son vis-a-vis le choix entre deux possibilités. Dès qu'il en a choisit une on peut lui reprocher de ne pas avoir choisit l'autre. Par exemple, offrez à votre mari deux cravates différentes et la première fois qu'il en portera une, regardez-le avec mépris et dites avec une petite voix : "Je savais bien que tu n'aimerais pas l'autre." Imparable !

 

 On peut aussi ajouter la hiérarchisation de ses exigences avec nouvelle remise en question à chaque assurance reçue, un truc du genre :


" Tu m'aimes ?
- Oui.
- Vraiment ?
- Oui, vraiment.
- Vraiment vraiment ?"


Essayer et vous m'en direz des nouvelles...

Vous allez voir votre mari passer par toutes les couleurs avant de passer à table et de confesser ses péchés en trois coups de cuillères a pot. Résultat garantie. Vous allez en apprendre des vertes et des pas mûres...

Enfin, pour boucler la boucle, s'il existe effectivement des gens qui jugent indécent de prendre plaisir à quoi que ce soit dans un monde tel que celui que nous vivons aujourd'hui, vous pouvez avoir recours à la recette de Laing en reprochant à leurs interlocuteurs innocemment heureux : "Comment oses-tu t'amuser alors que le Christ est mort sur la croix pour ton salut ? Tu crois qu'il s'amusait, lui ?"

Le reste n'est plus que silence gêné.*

 

* Référence : "Faites vous-même votre malheur" de l'excellent Paul Watzlawick (pour les amateurs)

 

Pour en savoir plus sur Mamie à la recherche du malheur :

Quatre façons de jouer avec le passé ; Si tu m'aimais vraiment, tu aimerais l'ail ; Pour une poignée de haricots ; Une histoire de marteau ; La poudre anti-éléphants ; Je vous l'avez bien dit ! ; Gardez-vous d'arriver ; Sois spontané ! ; Pourquoi m'aimerait-on ? 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit
17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 11:17

kub.jpeg"Avertissement : Cet article fait parti de la collection Mamie à la recherche du malheur, il s'adresse à toutes les personnes qui savent que plus le malheur est grand, plus il est grand de vivre.



 Mamie est dans le train entre Vannes et Angers, comme à son habitude elle ouvre la fenêtre toutes les dix minutes pour jeter un peu d'une poudre mystérieuse. "Qu'est-ce que c'est que cette poudre ?" finit par s'enquérir un voyageur intrigué par ce manège. "C'est une poudre anti-éléphants de mon invention, répond Mamie. "Mais voyons, il n'y a pas d'éléphants entre Vannes et Angers !" "Et, pardi,  rétorque Mamie, c'est que ma poudre est efficace !"

La morale de cette histoire est que, en évitant une situation ou une difficulté que l'on redoute, on risque, tout en ayant l'air de choisir la solution la plus simple et la plus raisonnable, de perpétuer la situation ou la difficulté que l'on redoute.

 Un autre exemple pour éclaircir : Supposons un cheval qui reçoit un choc électrique dans un de ses sabots par l'intermédiaire d'une plaque métallique dissimulée dans le plancher de son écurie. Si avant chaque choc, on fait retentir une sonnerie, l'animal semble établir, assez rapidement, un rapport causal entre la sonnerie et la sensation désagréable.

 Désormais, chaque fois que la sonnerie retentit il lève le sabot - manifestement pour éviter le choc électrique. Une fois cette relation de cause a effet entre les deux évènements bien établie, le choc électrique cesse d'être utile. La sonnerie seule suffit a provoquer le mouvement de la jambe pour soulever le sabot.

 Et qui plus est, chacune de ses conduites d'évitement parait renforcer, chez l'animal, la "conviction" qu'en soulevant le sabot il évite un choc désagréable. Ce que le cheval ignore, ce que sa conduite d'évitement l'empêche à tout jamais de savoir, c'est que le danger a cessé d'exister.



 On élève le débat. Quelle quantité de risques doit-on accepter d'encourir ? La raison et le bon sens nous soufflent de réduire cette quantité au minimum, voire a néant si c'est possible. Les plus audacieux d'entre nous considèrent le trapèze volant comme présentant trop de risques. La conduite automobile ?

 Qu'on songe au nombre de gens qui sont tues ou estropies a vie dans des accidents de la circulation ! Les voleurs à la tire, les fumées d'échappement, les immeubles qui s'effondrent soudain, l'amour qui fait souffrir, l'amitié qui fait perdre son indépendance, les rêves qui nous poussent vers l'inconnue, la liste est longue et pourrait s'allonger a plaisir, et seuls un imbécile inconscient ou un fou s'exposeraient aveuglement à de tels risques.



 Tout cela recèle un danger de tous les instants, celui de perdre peu a peu de vue le problème. L'anecdote suivante illustre bien la manière d'échapper a ce danger. 

 Une vieille fille dont la maison se dresse au bord de la rivière vient se plaindre à la police : une bande de gamins a pris l'habitude de venir se baigner devant sa porte dans le plus simple appareil. Le commissaire envoie l'un de ses hommes enjoindre aux enfants de pratiquer plus loin leurs ébats aquatiques.

 Le lendemain, la vieille fille revient se plaindre : elle les voit encore. Le policier retourne voir les petits baigneurs pour qu'ils s'éloignent plus encore vers l'amont. Trois jours plus tard, la vieille fille est de retour au commissariat et fulmine : en montant sur le toit de sa demeure, et avec une bonne paire de jumelles, elle peut encore voir les petits impudents !

 Demandons-nous maintenant ce que fera la vieille fille quand les gamins seront réellement et indiscutablement hors de sa vue.

 Peut-être se lancera-t-elle dans de longues randonnées pédestres vers l'amont du cours d'eau. Peut-être se contentera-t-elle de savoir que quelque part se commet probablement un attentat a la pudeur. Une chose est sûre : cette idée continuera de lui hanter l'esprit. Et c'est cela, seulement cela qui compte... *

 

* Référence : "Faites vous-même votre malheur" de l'excellent Paul Watzlawick (pour les amateurs)  

 

Pour en savoir plus sur Mamie à la recherche du malheur :

Quatre façons de jouer avec le passé ; Si tu m'aimais vraiment, tu aimerais l'ail ; Pour une poignée de haricots ; Une histoire de marteau ; La poudre anti-éléphants ; Je vous l'avez bien dit ! ; Gardez-vous d'arriver ; Sois spontané ! ; Pourquoi m'aimerait-on ? 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit
17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 08:34

café"Avertissement : Cet article fait parti de la collection Mamie à la recherche du malheur, il s'adresse à ... tout le monde !

 

 Pour Mamie, l'amour est évidemment un sujet inépuisable. C'est pourquoi je ne m'aventurerai à l'analyse que d'un très petit nombre de ses aspects les plus producteurs de malheur qu'elle soulève de temps à autre.

 A cette fin, il me faut d'abord faire référence à l'intéressante suggestion de Dostoïevski, selon laquelle le précepte biblique "Aime ton prochain comme toi-même" aurait plus de sens si on l'entendait à l'envers - c'est à dire que l'on ne peut aimer son prochain que si l'on commence à s'aimer soi-même.

Avec moins d'élégance, mais d'autant plus de précision, Groucho Marx a exprimé la même idée : "Il ne saurait être question pour moi d'appartenir à un club qui s'aviserait de m'accepter comme membre." Si vous êtes en mesure de sonder les profondeurs de ce bon mot, c'est que vous êtes déjà préparé à ce qui suit.


 Être aimé, dans la meilleure des circonstances est quelque chose de bien mystérieux. Mais il ne sert à rien de chercher à s'enquérir, car les questions ne font que brouiller plus encore le sujet.

 Au mieux, l'autre est incapable de vous dire pourquoi. Au pire, ses raisons de vous aimer se révèlent des choses qui ne vous serait jamais venu à l'esprit de trouver aimable. Une fois encore, on se rend compte que le silence est d'or.

L'amour est un paradoxe qui en a interloqué bien d'autres, et des plus grands que nous ! C'est de lui que la plupart des plus célèbres créations de la littérature tirent leur inspiration. Prenons la phrase suivante d'une lettre de Rousseau à Mme d'Houdetot : "Si vous êtes à moi, je perds en vous possédant celle que j'honore". Oui, relisez-la, n'hésitez-pas ! Car ce que semble dire Rousseau est assez dur à avaler.

Grosso modo, ça fait un truc du style : "Si tu me cèdes, toi ma bien aimé que j'aime à la folie du monde entier et de la galaxie toute entière, tu cesseras, du fait même, d'être digne de personnifier mon amour."

 Mais alors que faut-il faire ? Il suffit tout simplement de s'éprendre - d'une manière totalement désespérée - d'une personne heureusement mariée ailleurs, d'un prêtre, d'une vedette de l'écran, d'une prima donna.

De cette manière on sera en mesure de voyager plein d'espérances sans jamais arriver et l'on s'épargnera la découverte troublante du fait qu'une personne libre pourrait parfaitement envisager d'entrer dans une relation amoureuse avec nous - ce qui nous la rendrait aussitôt méprisable.*

 

* Référence : "Faites vous-même votre malheur" de l'excellent Paul Watzlawick (pour les amateurs)

 

Pour en savoir plus sur Mamie à la recherche du malheur :

Quatre façons de jouer avec le passé ; Si tu m'aimais vraiment, tu aimerais l'ail ; Pour une poignée de haricots ; Une histoire de marteau ; La poudre anti-éléphants ; Je vous l'avez bien dit ! ; Gardez-vous d'arriver  ; Sois spontané !  ; Pourquoi m'aimerait-on ? 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin