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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 16:03

journal"La passion selon Alexandre Dumas Fils.

 

 Depuis la création de l'humanité, nul n'a pu empêcher les années de passer. Le moment vient où Alexandre Dumas fils doit voler de ses propres ailes. On l'accueille à la pension Goubeaux, lieu des fils de famille : noblesse, banque, commerce de luxe. Des enfants qui l'insulteront du matin au soir parce qu'il ne porte pas encore le nom de Dumas et que sa mère est artisane.

 

 Pour défendre l'honneur de sa mère, il se bat mais les autres font bloc autour de lui. On l'empêche de dormir, les plats du réfectoire lui parviennent vide. On conduit les élèves à l'école de natation du Palais-Royal. Ils se relaient pour lui enfoncer la tête dans l'eau : l'intervention tardive d'un surveillant le sauve à temps de la noyade. Il confiera que de ces horreurs, "son âme ne s'est jamais tout à fait remise, que sa rancune ne s'est jamais endormie complètement, même aux jours les plus heureux de sa vie".

 

 Les jours, les mois puis les années passent. Il plaît, et il le sait. Il commence à faire des dettes. En connaissance Dumas père s'inquiète.

- Travaille !

Il lui propose de collaborer avec lui. Dumas fils feint de n'avoir pas entendu. C'est par lui-même qu'il veut réussir. Car il le veut.

 

 C'est à ce moment très précis qu'une rencontre faite à Saint-Germain-en-Laye va marquer profondément sa vie. Son ami Déjazet lui fait découvrir les salles parisiennes fréquentées par ces femmes que l'on appelle les "hautes coquines". Dans une avant-scène, une beauté telle qu'Alexandre n'en a jamais vu lui coupe le souffle. Déjazet lui souffle donc : "Marie Duplessis."

Elle n'est pas seule dans la loge. Le regard d'Alexandre se pose sur ce compagnon dont elle est flanquée. Déjazet souffle encore : "Le comte de Stackelberg, ancien ambassadeur de Russie." Peut-être a-t-il ajouté : "Il faut bien vivre..." 

Il revient la voir. Elle ne le chasse pas. Il lui crie si fort son amour qu'il la convainc enfin et la passion va alors les étreindre. Si Alexandre n'avait pas écrit La Dame aux Camélias, de tout cela ma Mamie n'en saurait rien. Nous non plus d'ailleurs.

 

 La suite ? Non seulement Marie a conservé Stackelberg dans sa vie, mais elle lui a ajouté le richissime Edouard Perregaux. Alexandre fils met quelque temps à les découvrir. Au bout de deux mois avec Marie, il en est aux disputes. Il la voit moins souvent. Comme elle est fine et délicate, elle lui écrit :

 

"J'espère un mot de toi et je te baise bien tendrement, comme une maîtresse ou une amie, à ton choix. Dans tous les cas, je te serais toujours dévouée". Marie

 

Réponse d'Alexandre dans la foulée : "Oublions tous deux - vous un nom qui vous est indifférent ; moi un bonheur qui me devient impossible. Il est inutile de vous dire combien je suis triste, puisque vous savez déjà combien je vous aime. Adieu donc. Vous avez trop de coeur pour ne pas comprendre la cause de ma lettre, et trop de coeur pour ne pas me pardonner. Mille souvenirs. Alexandre.

 

 La fin ? Marie épousera le duc de Montpensier à Madrid avant de mourir peu de temps après. C'est à Marseille que Dumas le jeune apprendra la mort de Marie. De l'agonie dont il n'a rien su, il voudra tout savoir. Il rentre ensuite chez lui, s'assied à sa table de travail, prend sa plume et compose des vers que ma Mamie proclamera les plus beaux de sa vie :

 

Je vous avais écris que je viendrais, madame.

Pour chercher mon pardon, vous voir à mon retour ;

Car je croyais devoir, et du fond de mon âme,

Ma première visite à ce dernier amour.

 

Et quand mon âme accourt, depuis longtemps absente,

Votre fenêtre est close et votre seuil fermé ;

Et voilà qu'on me dit qu'une tombe récente

Couvre à jamais le front que j'avais tant aimé.

 

En 1848, Dumas fils publie La Dame aux Camélias et devient célèbre - et désenchanté -, avant de succomber à son tour le 28 novembre 1895 à Marly-le-Roi.

 

Rideau.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit
7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 23:57

journal"Marseille.

 

 Dumas aime cette ville, profondément. Toujours, il y retrouve son ami Joseph Méry pour avaler une bouille-à-baisse comme on dit alors et se lancent à la tête des histoires qui les font rire aux éclats.

La seule perspective qui rend triste Dumas est le voyage jusqu'à Paris : c'est à en mourir. Généralement, il s'enfonce dans des livres. En 1843, au moment de partir, il s'aperçoit qu'il ne s'en ait pas procuré. En hâte Méry le conduit à la bibliothèque de la ville. Là, il emprunte les Mémoires de Mr. d'Artagnan. Connaît-il seulement le nom de ce D'Artagnan ? On peut concevoir que seule l'a attiré l'épaisseur de l'ouvrage convenant parfaitement à la longueur du voyage.

 

 Mamie a eu sous les yeux la page d'ouverture de ces Mémoires de Mr d'Artagnan. Voici ce qu'elle a lu :

 

 MEMOIRES DE Mr. D'ARTAGNAN

Capitaine Lieutenant de la Première

Compagnie des Mousquetaires du Roi

 

Mamie imagine Dumas rêvant sur cette page. Passant à la suivante, il peut lire : "Celui des mousquetaires que j'accostai s'appelait Porthos et était voisin de mon père de deux ou trois lieues. Il avait deux frères dans la Compagnie dont l'un s'appelait Athos et l'autre Aramis."

Mamie croit entendre Dumas s'étonner :

- Curieux, ces noms...

Dumas reprend sa lecture : "Mr. de Tréville les avait fait venir tous trois du pays parce qu'ils y avaient mené quelques combats qui leur avaient procuré beaucoup de réputation dans La Province. A reste, il était bien aise de choisir ainsi ses gens parce qu'il y avait une telle jalousie entre la Compagnie des Mousquetaires et celle des Gardes du Cardinal de Richelieu, qu'ils en venaient aux mains tous les jours.

 

La suite ? Un grand roman de Dumas qui sera dès 1900 adapté au cinéma. On ne s'arrêtera plus. Trente-quatre adaptations des Trois Mousquetaires ayant suivi de près le roman de Dumas seront dénombrées par Claude Aziza, spécialiste reconnu. Parmi celles-ci, on compte dix films muets.

 

 De son côté, ma Mamie en recense une centaine d'autres, dont les films comiques les Trois Louf'quetaires et L'Etroit mousquetaire. Citons même deux versions érotiques - qu'elle n'a pas vu, cela va de soit -, une allemande, Les Exploits des Trois Mousquetaires (1970-1971), l'autre américaine, Les Aventures érotiques des Trois Mousquetaires (1992).

 

Rideau. 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit
3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 17:03

4bs080vk"Avertissement.

 

Cet article fait parti de la collection "Mamie raconte Hugo". Il s'adresse aux personnes qui aiment ma Mamie, Victor Hugo ou tout simplement les jolies mariages !

 

Victor est ruiné. Il n'a plus un sou. Mais qu’importe pour lui la pauvreté ? Au diable l'avarice comme dit Mamie ! La seule chose qui compte c’est l’interdiction continuelle de rencontrer Adèle.

 C’est qu’il meurt d’amour pour elle. Je dis bien : il meurt.

 Pire, il est à bout. Oui, elle l'aime.

Mais comme toutes les femmes qui aimeront Victor Hugo, elle a du mal à le suivre.

 Victor fait le forcing, il sort le grand jeu. Le lot du joueur est de sans cesse doubler sa mise. Il passe au plan B en se faisant remarquer dans la presse. Le geste est là. Il est beau.

 Mais les parents d'Adèle ne bronchent pas et restent inflexibles. 

 

 Eperdument, il cherche une porte de sortie. Une solution, une seule : ne plus se contenter de suivre - de loin - les pas d’Adèle. L’approcher, lui parler.

 Chercher l’occasion.

 Il court sur les traces de celle en qui il a placé toute son espérance. Rue Bourbon-Villeneuve, Palais Royal... Chaque fois, Adèle la futée a aperçu son amoureux.

 Elle l’aime toujours !

 Ils se voient mais ils ne se parlent pas. Mamie l’affirme de source sûre, ils ne se sont pas parlé une seule fois entre le 26 avril et le 11 octobre 1820. Il a tenu six mois !

 

Ils vont se fâcher avant de se réconcilier. Cela dure guère. Victor souhaiterait qu’Adèle lui écrive plus souvent mais Adèle tremble toujours que leurs relations secrètes se découvrent. Du coup, ils se fâchent de nouveau.

 Rassurons-nous, la correspondance reprendra et ils se reverront.

Et puis, ils se fâcheront de nouveau, se réconcilieront encore.

François Mauriac : "Quand un homme se souvient d’une époque où il aimait, il lui semble que rien ne s’est passé pendant ce temps-là."

 

Il s’est passé que Victor s’est mis à composer un roman.

Oui, un roman. Un roman qui n’a été entrepris que pour compenser l’absence d’Adèle.

Toujours elle ! 

On en est là quand le malheur frappe les Hugo. C’est Adèle qui raconte le drame en quelques phrases naïves - d’autant plus touchantes :

"La mère de Victor est morte. Nous voilà devant l’inflexible. Vous pleurez, vous criez, vous vous tordez, vous essayer de ranimer ce cadavre, il est de glace. Aucun souffle n’échauffera cette lèvre ; pas une larme ne mouillera cette paupière. Si vous remontez de l’homme à l’enfant, vous trouverez votre mère.

Penchée sur vous, âme et corps, elle dirigea vos pas incertains et votre pensée balbutiante. Jamais elle ne vous railla et gravement vous reprenait.

Vous sanglotez à vos souvenirs. La mère grandit avec vous, la flamme s’affermit sur votre front...

De la mère et du guide, rien, pas même le fantôme."

Jamais Victor n’a éprouvé l’impression d’une solitude aussi accablante. Revenant, l’âme glacé, du cimetière, il s’interroge : quelle raison lui reste-t-il d'exister ? Ce père qui vit à Blois ? Il ne sait rien de lui.

 Le frère aimé ? Il est bien lointain. Eugène ? Mieux vaut ne pas en parler. Sa fiancée ? Il sait qu’elle continuera de lui être refusée par ses parents.

Pourtant, c’est vers Adèle qu’il ira.

Et Victor courut la voir. Il découvre les fenêtres toutes illuminées. Il entend de la musique, des rires aigus qui montent de l’ombre du jardin. De leur jardin ! Il se glisse entre les arbres et aperçoit Adèle en robe blanche qui danse et qui rit 

 Le coup est rude. Un choc affreux qu’il n’oubliera jamais.

 Le lendemain, Adèle se promène dans le jardin. Elle voit soudain Victor devant elle. Il est si pâle qu’elle comprend aussitôt. Elle s’élance vers lui :

 - Qu’y a-t-il donc ?

 - Ma mère est morte. Je l’ai enterrée hier.

 - Et moi, je dansais !

  Ensemble, les sanglots montent de leurs gorges.

 C'est la fin de sa période la plus dure.

  Aucun nuage n’assombrira plus l’horizon.

Ni celui du poète, ni celui du fiancé.


Le mariage sera célébré le 12 octobre 1822. Sitôt le repas achevé, on danse. Il faut reconnaître qu’elle est bien jolie, dans ses voiles blancs, Adèle Hugo, son visage radieux cerné par les torsades noires.

 Et mince, si mince !

Au fait, tant qu'on y est, n’est-il pas beau, lui aussi, le marié ? Les invités, à qui mieux mieux, répètent que ce bonheur fait plaisir à voir. La fête s‘achève. On les conduits à leur chambre. Ils sont seuls.

 Enfin ! 


 Mamie sait tout de Hugo.

Ce qu’il n’a pas dit sur lui-même, d’autres s’en sont chargés. Même ses nuits d’amour sont connues en détail. A commencer par la première.

Serrant pour la première fois contre son corps celui de la bien aimée, il lui a prouvé neuf fois son désir.

 C’est beaucoup. C’est trop.


Il écrit : "L’homme a reçu de la nature une clef avec laquelle il remonte sa femme toutes les vingt-quatre heures."

 

Charmant.

 

Collection "Mamie raconte Hugo"Victor et Adèle se marientVictor et Adèle ;  Les châtiments de Mamie ;  L'éveil du petit Hugo

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps
3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 16:54

alcxd59b"Avertissement.

 

Cet article fait parti de la collection "Mamie raconte Hugo", il s'adresse à toutes les personnes qui aiment ma Mamie ou Victor Hugo. Ou les deux !

 

 L’un des tout premiers poèmes écrits par Victor sera dédié à sa mère, pour le jour de sa fête. Il doit dater de la fin septembre 1815 :

C’est en vain que le soir, le malheur qui m’oppresse

M’ôte la liberté

Je vais faire éclater la joie et la tendresse

De ce coeur enchanté.

 

 Car il écrit des vers, Victor. Nous voilà au coeur du problème : pourquoi écrit-il des vers ? 

Pour une femme peut-être...

 

 Une femme qui n’a pas seize ans. Elle est belle, Adèle Foucher. L’étrange de l’affaire, c’est que les parents n’y ont vu que du feu de toutes ces soirées organisées autour du feu.

 Ils n’ont rien vu de ce qui est flagrant : à chaque instant, Victor quittait son livre des yeux, à chaque instant, c’est Adèle qu’il regardait.

Où en est-il, Victor, avec les femmes ? Nulle part. Nous avons surpris depuis l’enfance, la continuité d’un intérêt qui ressemble à de l’avidité. Ces jeunes femmes qui mettent leurs bas, ces chevilles entrevues, ces jarretelles qui frémissent et le font frémir, ces dos nus, la peau mate de Pépita, les élans mal contrôlés que lui inspire Mme Lucotte, tout cela n’est pas seulement le signe que Victor est intéressé par la femme, mais celui qu’elle le fascine.

Mamie qui connait l’avenir et sait que l’octogénaire Hugo restera doté d’un tempérament flamboyant, elle peut facilement imaginer les élans d’un adolescent tourmenté par la puberté. Seulement voilà, les femmes, il se contente de les dévorer des yeux - de loin.

 De très loin.

 

 Alors rien ? Rien.

Il est vierge et il en est fier parce qu’il se garde pour celle qu’il aime. Un point, c’est tout.

Un garçon de 17 ans qui occupe des soirées entières à regarder une fille. Une fille de 16 ans croyant n’être pas devinée, qui regarde ce garçon : voilà qui promet des lendemains auxquels le destin peut associer soit des chagrins accablants, soit des joies sans limite.

 Tout dépend évidemment du destin.

Un soir, Victor et Adèle se font des déclarations d’amour. Ce soir-là, ils se séparent, ivres tous les deux - mais elle avec plus de retenue que lui - du bonheur le plus pur, celui de l’amour sincère, avoué, partagé. Le premier. "Après ta réponse, mon Adèle, j’ai eu un courage de lion."

 

 Ils vont alors s’écrire régulièrement. En secret.

Car il n’est pas question de confier cet amour-là à leurs parents. Cela ne se fait pas. Et puis, n’oublions pas que nous sommes en 1819 et que c’est les parents qui choisissent pour leurs enfants.

 

 D'emblée, ils se proclament mari et femme. Victor déteste le mot fiancé qu’il trouve conventionnel et douceâtre. Leur amour demeure pur, comme au premier jour. Les lettres ? Elles sont passionnées mais l’on y chercherait en vain cette légèreté, ces fantaisies, dont les amants aiment à semer leur correspondance.

 Ses lettres à elle ? Mamie ne partage pas l’opinion de ceux qui, les lisant, ont cru pouvoir l’accabler.

Certes, elle fait des fautes d’orthographes, et des grosses, elle use d’une langue souvent pauvre - ce n’est qu’après 40 ans de vie commune avec Hugo qu’elle deviendra écrivain, preuve que cela s’apprend. 

 Lui n’en peut plus, il craint de la perdre.

Une idée lui traverse l’esprit : pourquoi ne l’épouserait-il pas secrètement ? Il passerait une nuit avec elle et se tuerait le lendemain. "Ainsi tu serais ma veuve. Un jour de bonheur vaut bien une vie de malheurs..." Imparable !

 On en est là quand, le 26 avril 1820 - un an exactement après l’aveu -, la foudre s’abat sur eux.

Ce jour-là, Adèle laisse tomber une lettre de Victor devant sa mère qui aperçoit la feuille blanche, couverte d’une fine écriture. D’un air irrité que sa fille ne lui connaissait pas, elle s’écrie : Qu’est-ce que cela ? Dis-le moi. Je le veux. C'est la fin de leurs rencontres clandestines et de leur correspondance.

 Et entre elle et lui, l’ignorance de ce que fait l’autre, de ce qu’il pense. L’attente, la souffrance.

Le silence.

 

Collection "Mamie raconte Hugo" :  Victor et Adèle se marient ;  Victor et Adèle ;  L'éveil du petit Hugo ;  Les châtiments de Mamie

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps
27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:59

journal"La mémoire qui flanche...

 

 Par les temps qui courent, le moindre trou de mémoire passe facilement pour un symptôme de la maladie. C'est ainsi.

 

 Aujourd'hui, malheur à celui qui ne sait jamais où il a mis ses clés ou ses lunettes. Et surtout à celui qui a du mal à retrouver le prénom du professeur Alzheimer, Alois. Ou le nom d'un vieux copain. Il l'a pourtant sur le bout de la langue : "Comment il s'appelle déjà ? Le grand à moustaches ? Vous ne connaissez que lui." Mais le nom ne sort pas. Il cherche, il s'énerve, il joue des castagnettes avec ses doigts, il souffre.

 

 Au début, on cherche et on souffre avec lui. On attend la délivrance, comme ces pères qui font les cent pas devant les couloirs des maternités. Enfin, j'imagine. Mais soudain on le regarde autrement et il le sent. Il comprend qu'on a posé notre diagnostic et qu'il est définitif : c'est le début de cette maladie qu'on ose à peine nommer. Un ange passe. L'ange de la déchéance et de la mort. On s'écarte de lui. "Il va devenir ce que nous ne voulons pas devenir, une personne inhumaine qui ne reconnaîtra plus les visages des siens et qui finira peut-être ses jours en hurlant comme une bête. Je ne veux pas le voir comme ça". Triste tableau. Alors on l'abandonne.

 

 Parfois - c'est vrai -, on aimerait perdre un tant soit peu la mémoire, pour oublier un moment de sa vie ou un amour de sa vie. Utiliser une éponge magique qui libérerait de l'espace sur le disque dur saturé de notre mémoire. Puis le temps fait son oeuvre. Après tout, la mémoire est souvent bien faite quand elle ne s'éteint pas.

 

 Pour ma Mamie, lors du premier signe avant-coureur, son premier oublie, elle s'en était sortie par une pirouette : "J'ai la mémoire qui flanche, je ne me souviens plus très bien". Elle nous a fait rire. Sur le coup. Pour la dernière fois. Plus tard - donc trop tard -, je suis allé la voir dans sa nouvelle maison. J'avais préparé mon accroche, quelques mots à nous, en espagnol. Fandangone. Cacossa suivi de Madka. Ses yeux se sont illuminés l'espace d'un instant. Le temps de dire Regis. Le temps de me bouleverser. Une seconde plus tard, Alois était de retour. 

 

 C'était notre dernière seconde. Mais comme disait ma Mamie, si les hommes ont deux vies - la seconde commence quand on se rend compte qu'on en a qu'une -, les chats en ont sept. C'est comme ça.

 

 Alors on se retrouvera Madka, quand on sera des chats...

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit
4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 15:16

Radio47"Le passé supplémentaire.

 

 Je me souviens de mon grand-père qui me disait toujours : "Méfie-toi du progrès, des curés et des femmes."

 C'est lui qui m'a découvrir l'amour sous Mlle Anita un après-midi à cinq heures :

- Anita, ma fille, voilà la relève, lui avait-il dit en me présentant. C'est un enfant, à toi d'en faire un homme.

- Comptez sur moi, monsieur le comte.

 Mon grand-père était comte, et ça lui suffisait. Moi, j'ai cru longtemps que c'était un métier.

- Allez, va petit, va.

 Il a bu du champagne en m'attendant. Je n'ai pas été long.

 Je n'étais pas parvenu à contrôler ma fougue, aussi me jugeait-elle sévèrement. "En amour, bébé, me disait-elle, il faut savoir être gourmet. Tu te goinfre avec les hors d'oeuvres et tu n'es plus capable, après, d'apprécier le plat de résistance."

 C'est loin tout ça... Fréhel était belle, et, rue Boissy d'Anglas, Cocteau baladait Pierre Drieu la Rochelle s'abîmait le coeur, déjà, et Picasso n'était pas mort, pas riche, et pas communiste.

- Moi, déclarait-il, moi Pablo, je veux faire des enfants et des tableaux, mais pas avec le même pinceau.

 Je me souviens de théâtre de ma jeunesse qui était peuplé de gens riches et célèbres, que je croyais être nés pour rire et pour chanter, pour amuser le monde ou pour le gouverner.

 Lorsque j'ai compris que tous n'étaient pas heureux, j'ai dit ma déception à Cocteau, qui m'a répondu en se moquant de moi : "Il vaut mieux être riche, célèbre et pas heureux, que pauvre, inconnu et malheureux."

 Lorsque j'ai voulu savoir comment on fait les enfants Maurice Sachs a éludé ma question :

- C'est très compliqué ! Le mieux est de ne pas en faire, m'a-t-il affirmé, péremptoire.

 Qu'il soit remercié ici de m'avoir épargné l'histoire du chou et de la rose, très en vogue à cette époque.

 

 Je me souviens du Vel d'Hiv, où, dans une odeur de frites, de sueur et de bière, le peuple de Paris se défoulait au son de l'accordéon.

- Ecoute battre le coeur de la France, me dit Sachs. Ecoute-le vibrer et met le tien à l'unisson. Il n'y a pas de place ici pour les petits-fils de comte.

 Abasourdi de musique et de cris j'écarquillai les yeux.

 Sur une piste ronde, en forme de cuvette, des hommes coursaient à vélo. La foule en tête ne dissimulait pas sa joie.

 Sur les gradins, des ouvriers en bras de chemise embrassaient goulument des filles en jupe à fleurs.

 Je découvrais, ravi, ceux dont mon grand-père dira avec dédain : "Ils sont les fils de Léon Jouhaux."

 Je me souviens de mon cousin qui me disait régulièrement des évidences de ce genre :

"C'est en forgeant qu'on devient forgeron."

"Le bonheur ne se conjugue qu'au passé."

"Ce n'est pas le canotier qui a fait Maurice Chevalier, mais Maurice Chevalier qui a fait le canotier."

 Je me souviens de Lucien qui aimait les films de Charlot. Lucien, mon premier copain... Tout nous séparait. Il aimait les chats, les pucelles et Tino Rossi.

 Démodé déjà ; je collais mes cheveux, façon Rudolph Valentino. Je m'achetais des chaussures Italiennes et des disques de Lys Gauty.

 Je me souviens de Valentine quand elle fredonnait sur un air de Tango :

 

 'Allez vava, remets-nous ça

Encore un verre et ça ira

Vas-y Vava, n'hésite pas

Remets-nous ça..


 Des quatre coins du monde, le bruit des bottes résonne à l'unisson. Je ne l'entends pas. Il fait beau sur Paris et je suis amoureux.

 Au pied d'une tribune dressée place de la Nation, avec mon frère et près d'un million de Parisiens, j'acclame ce Léon Blum dont Daudet prétend méchamment qu'il est un juif de la pire espèce.

 Sa voix vole. Ses mains fines dansent devant ses yeux. Il a l'air doux. Il chante presque.

 Sur les murs de l'église Saint-Eustache, je lis : les curés espagnols font le lit de Franco.

 Valentine, elle, de souvenir en souvenir, elle réveillait des fous rires et des larmes oubliées avec une complice.

 Mon neveu breton m'énervait. C'était un jeune marin, il portait son pompon rouge comme le symbole d'une virilité irrésistible. Bien des femmes pouvaient en parler.

 C'était un con. La preuve, il disait toujours, à propos de tout et de rien : "On n'arrête pas le progrès..." S'il tient une petite place dans mon souvenir, c'est à cette exclamation imbécile qu'il la doit. 

 Valentine encore : "Ne les écoute pas. ce sont ceux qui criaient en 36 : "Plutôt Hitler que le front populaire." Ils l'ont maintenant, alors qu'ils crèvent. 

 J'aurai aimé qu'elle me raconte tout... Me faire des souvenirs sur des chevaux de bois et me laisser grandir avec de l'encre aux doigts.

 Je me souviens aussi de Pélagie penchée sur sa TSF, elle écoutait une chanson triste que diffusait Radio-Paris. J'ai pu en apprécier les dernières mesures, quand elle m'a ouvert alors que je réussissais à improviser de mémoire les accords de La Cumparsita...

- On se verra demain, me dit-elle, y'a Léo Marjane qui chante dans le poste... 

 Pour fêter mon retour, Pélagi m'a préparé un repas de crêpes bretonnes au beurre cuit. En moins d'une heure, je savais tous les potins du quartier : les fausses couches, les concubinages, les morts et les mariages, tout sur la mauvaise conduite des femmes de nos pauvres soldats.

Ses préoccupations m'en disaient long ; elles répondaient en écho au discours de Paul Reynaud et aux chansons de Maurice Chevalier.

 Rideau.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...
25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 00:54

journal"La petite Tonkinoise.

 

 Les années folles ne le seraient pas sans la démesure de Josephine Baker, tout droit venue d’Amérique.

 Au commencement, le public de Paris ne voit d’elle que sa croupe, "une croupe qui rit", selon le bon mot de Simenon. 

  Elle a 19 ans lorsqu’elle apparaît au public français à quatre pattes et nue comme un ver.

 La revue nègre vient de débarquer en France. 

 Freda Josephine Mc Donald est née dans les bas-fonds du Missouri avant d’épouser à 13 ans Willie Wells, un ouvrier fondeur qu’elle quittera après lui avoir fracassé une bouteille sur la tête.

 A 15 ans, elle se lie à un M. Baker dont elle gardera à jamais le patronyme mais fuira vite sa compagnie.

 A Broadway, elle présente ses danses métissées, un charleston très vitaminé audacieusement teinté de gesticulations africaines.

 La revue nègre invitée à Paris est un spectacle sage. Trop sage aux yeux du directeur du théâtre.

 Finalement, la veille de la première est ajouté un tableau plus piquant, la danse sauvage, dans lequel la jeune Joséphine, nue et couverte de plumes, esquisse un charleston endiablé.

 La nudité, les bondissements de la danseuse ont de quoi choquer le public ; pourtant le caractère inédit de sa performance fait d’elle la nouvelle attraction de Paris.

 Les cubistes tombent en pamoison devant la plastique de la jeune femme et l’extravagance de son art.

 Désormais, dans les bals, dans les salons, on s’exerce avec passion au charleston.

 Ces mouvements acrobatiques empruntés aux danses noires africaines sont nés à Charleston, en Caroline du Sud, quelques années plus tôt. Elle présente ensuite La folie du jour aux Folies-Bergère : pour l’un des 45 tableaux du spectacle la voici juste parée de perles et d’une ceinture de 16 bananes.

 Pour un autre, elle se retrouve dans une boule incrustée de fleurs. Du jamais vu ! Auréolée de ce triomphe, elle se voit conviée au Casino de Paris par Henri Varna. L’homme offre - comble de l’érotisme - un léopard à sa protégée.

 Paris ne parle que de ça !

 

 Le public joue à s’effrayer, redoutant de voir paraître l’animal sur scène et déplorant aussi de ne l’avoir point vu. Joséphine entretient sa légende dans ce Paris où l’Afrique et animaux sauvages signifient tant de fantasmes.

 Ne dit-elle pas, à raison peut-être, qu’elle a appris à danser en observant les animaux du zoo ?

 Passée meneuse de revue, elle se met à chanter. Avec J’ai deux amours, Joséphine signe son pacte d’amour avec Paris. Si la petite Tonkinoise est l’un de ses plus grands tubes, elle n’a de cesse de chanter Paris.

"Je me suis sentie libérée à Paris", dira-t-elle religieusement.

 Par la suite, elle fera preuve d’humanité en devenant un agent de renseignement dès 1939, au commencement de la seconde guerre mondiale, ainsi que la marraine de la Croix-Rouge.

 Sa popularité et sa respectabilité sont telles que le nazi Goering, ne se risquant pas à l’arrêter, la fait confier à un dîner où l’on tentera de l’empoisonner.

 L’héroïne, digne d’un roman d’espionnage, doit quitter la France pour le Maroc où elle oeuvrera au sein des services de renseignements de la France libre puis de l’armée de l’air. 

 Elle a tant fait pour la France, la tolérance et la liberté, qu’elle sera la première femme d’origine américaine à recevoir lors de ses funérailles les honneurs militaires français.

 Elle repose aujourd’hui au cimetière de Monaco, la princesse Grace ayant été l’une de ses plus chères amies.

 Rideau.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Des refrains et des Mamies
25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 01:44

journal"Comme dessert, je t'paye le caf’ concert"

 

 Le caf conc' prend le relais du cabaret.

 Ici on ne fait pas dans la dentelle, on sort la grosse artillerie pour satisfaire un plus large public : défilent le comique croupier, le chanteur de charme, les voix lyriques, les gigolettes ou pierreuses, ces jeunes filles délurées aux refrains coquins... sans oublier les diseuses et les gommeuses, un comique paysan, un chanteur régional, des danseuses peu vêtues et les goualeuses comme on nomme ces interprètes sombres faisant leur beurre des malheurs de quelque cousette ou fleur de macadam.

 Ici, pas question de payer un billet, on est seulement prié de renouveler ses consommations entre les numéros. Le plus souvent, on prend le spectacle en cours tandis que les artistes se relaient dès la fin de l’après-midi et jusque tard dans la soirée.

 On boit, rit et parle fort...

 

Le sam’di soir, après l’turbin

L’ouvrier parisien

Dit à sa femme :

"Comme dessert, je’te paie le café-concert..."...

 

... chante Mayol dans Viens Poupoule. Un titre qui bat tous les records de petits formats, ces partitions bon marché des rengaines à la mode.

 Après des débuts difficiles à Marseille et Toulon, sa ville natale, le très cocasse Félix Mayol a enfin rendez-vous avec le succès. Ses refrains, A la cabane Bambou, La Matchiche où encore Elle voudrait des petits gâteaux se répandent dans toute la France et sa renommée est telle que même Charlie Chaplin se presse pour venir l’écouter.

 Autre tête d'affiche du café-concert, le grand Polin.

On ne saurait trop le dire

Ce comique est très malin

On ne peut pas ne pas rire

Quand toi-même ris, Polin dit un célèbre quatrin.

 

 Il deviendra vedette à ma Scala où il tiendra l’affiche pendant vingt ans.

 Entre la boiteuse du régiment, La balance automatique et la caissière du grand café, naît la petite tonkinoise, une chanson qui rencontrera un succès encore plus immense portée par la gouaille de Josephine Baker.

 Au départ, elle s’appelait pourtant El Navigatore... C’est un certain Vincent Scotto, compositeur débutant, qui la lui a proposée lors de l’un de ses passages à l’Alcazar de Marseille. Vincent Scotto aux quatre milles chansons dont Brassens dira : "Je leur laisse tout Wagner pour une chanson de Vincent Scotto."

 

Je ne suis pas un grand actore

Je suis navi, navi, navigatore

Je connais bien l’Amérique

Aussi bien que l’Afrique

J’en connais bien d’autres encore

Mais de ces pays joyeux

C’est la France que j’aime le mieux.

 

 Si Polin apprécie immédiatement cette mélodie, il apprécie moins ses paroles. Il confie à Henri Christiné le soin de lui en concocter de nouvelles. Ce sera La petite Tonkinoise.

 Tous ces rois du caf’conc’ sont les héritiers de la première star du genre, Paulus. Il sillonne la France pour finalement monter à Paris où il se taille d’bord une solide réputation dans l’art de la romance.

 Sur scène, il gesticule, pirouette, gambade, claudique et bondit comme un lièvre, surprenant son auditoire en mêlant répertoire fantaisiste et bluettes.

 

Je me rapapillotte. Je me rapapi papillote toujours

Je me rapapiu paillotte

Toujours avec Charlotte

Je me rapapa pa pi pa pi pa pi pa pi

Je me rapapillotte

 

 L’auditoire est littéralement étourdi ! Et ses tournées le mène aux quatre coins du monde. L’un de ses coups de sang entrera dans les annales de la chanson...

 En effet, en plein spectacle, il affubla de quelques noms d’oiseaux un spectateur très désinvolte qui osait lire son journal tandis qu’il chantait.

 Après une vie de fastes et de gloire, un ultime revers de fortune le condamne à une fin de vie misérable dans un bien sinistre meublé de Saint-Mandé où il meurt en 1908, à 61 ans.

 

Rideau.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Des refrains et des Mamies
23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 09:20

voiture-rouge.jpeg"Bulletin de santé.

 

Ma Mamie a attrapé toutes les maladies. Enfin, presque toutes.

 

Gamine, elle a eu tour à tour : la coqueluche, la gangrène, la lèpre, la grippe aviaire, la peste, le choléra (classe de neiges en 1924), la scarlatine, la syphilis, la rougeole (voyage scolaire en Angleterre de 1937) et la tuberculose. Rien de bien méchant mais quand même.

 

Adolescente, la typhoïde l'a séché. Clouée au lit pendant des mois, elle a eu du mal à retrouver du poil de la bête. Sans parler de ses rhumatismes... 

 

A l'âge adulte, elle n'a pas pu éviter : la variole, la varicelle, les oreillons, l'otite, la pneumonie atypique, la fièvre de la vallée du Rift, l'encéphalite de Saint-Louis (son voyage de noces au Sénégal), la toxoplasmose, la gale, la maladie de Creutzfeld-Jakob, le kuru, le syndrome de Gerstmann-Straussier-Scelnker et l'asthme.

 

A la retraite, elle a eu un peu d'urticaire, de l'eczéma, une trisomie 21, un diabète de type 2 et enfin, un scorbut.

 

C'est bien simple, dans la famille, on a toujours dit : "Dès qu'il y a une maladie dans l'air, un virus qui traîne : c'est pour Mamie !"

 

Pourtant, à la surprise générale, ma Mamie n'a pas attrapé la grippe A !

 

Comme quoi...

 

 

Collection "Comédie"

Mamie et la grippe A - "Casse-toi pauvre Régis !" - Papi est sur Meetic ! - Mamie est sur Facebook ! - La petite maison close dans la prairie - Papi court le marathon - Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes !Papi est sur adopte un mec.com - Mamie, Armand, Gaston et Jeannot ! -  Mamie et le débat sur l'identité nationale

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie rigole
23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 08:16

Tour-de-france.jpeg"La question est posée.

 

Il faut dire ce qui est, tout le monde se la pose dans la famille. Voici les scénarios loufoques qui pourraient perturber l'histoire.

 

Une course folle

COTE 0,5%

André à 60 ans de retard sur Papi. Il décide de sortir le grand jeu. Après plus d'un demi-siècle de cadeaux de retard, il passe à l'attaque pour rattraper le temps perdu. Chez Monoprix, c'est la débandade et la rupture de stock. La caissière en a plein le dos. Le coursier rempli la maison de bijoux, ustensiles de cuisines et de verres Duralex en quantité industrielle. André gagne le sprint d'une course à laquelle il n'a même pas participé - ou si peu -, et Papi, écoeuré, abandonne à 10 mètres de la cuisine devant l'impossibilité de rentrer dans une maison pleine à craquer.


L'avis de Papi : "C'est un scénario impossible, André se battra jusqu'au bout pour la gagne mais il part de trop loin, à ce niveau de la compétition on ne peut créer le désordre. Il fallait qu'il m'élimine avant la campagne." 


Mamie pète un plomb

COTE : 1 %

Depuis deux mois, Mamie se tient à carreau. Tout juste deux petites embrouilles : un coup de tête à Papi après son inscription sur Meetic la semaine dernière et la polémique suite à son refus de renvoyer les tampons usagés des clientes de adopte un papi.com. Des broutilles ! Mamie a même fait preuve de classe en saluant la voisine d'en face, son ennemi juré, au marché. Mais sous le chapeau, ça bouillonne toujours. Un mot provocateur de Papi, un petit écart de conduite et Mamie pète un câble. Elle se tire avec son courtisan de Facebook et les noces d'or sont annulées.


L'avis de Papi : "Mamie peut être son pire ennemi. Mais là, avec l'enjeu et la perspective d'attirer tous les regards et de faire les grands titres dans la Dépêche du Midi, c'est impossible qu'elle dérape".

 

Un chien traverse la route

COTE : 2%

Le jour de son mariage, Mamie ne craignait plus qu'une seule chose : la pluie. Pire : l'averse qui rendrait la chaussée glissante sur les pavés Carmausins. Mais ce n'est pas le ciel qui lui tombe sur la tête. Imaginons que dimanche, dans l'avenue Jean Jaurès, un chien échappe à son maître et déboule sur la route devant le vélosolex de Mamie. Encore marqué par le décès de son caniche égorgé par la Gestapo pendant son voyage de noces à Cagnac-les-Mines, Mamie fait un écart pour l'éviter. Elle percute le trottoir, passe par dessus la barrière et termine la tête dans le public.


L'avis de Papi : "La chute, c'est encore la seule chose qui peut la priver d'être à mes côtés. Mais pour moi, après soixante ans de bons et loyaux services, elle a déjà gagné ma reconnaissance éternelle et ce serait dommage qu'elle la perde comme ça."

 

Faites vos jeux ! 

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie rigole

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin