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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 06:15

CP-Cadalen.jpg"Cadalen.

 

 Dès que Mamie a su qu’on allait passer à Cadalen, elle a appelé Antonio Machiavone. Pour le prévenir. Il faut dire aussi qu’Antonio est un bon ami. Un très bon ami de Mamie. Bref rappel des faits :


 Avant de venir habiter dans le coin Antonio Machiavone avait été plombier. à deux pas de la maison familiale de ma grand-mère. Il exerça ce métier pour deux raisons : la première étant due à l’autorité maternelle. Antonella Machiavone lui avait certifié qu’il n’y avait pas de plombier sans le sou.

 La deuxième raison était plus terre à terre... Au cours du stage qu’il effectua chez un plombier de Blayes-Les-Mines alors qu’il n’avait que quatorze ans, le jeune Antonio rencontra un vieux compagnon qui lui apprit que les femmes qui appellent le plombier ne cherchent qu’une chose : se faire trombiner. C’est ainsi qu’un bon plombier s’il s’installe avec le coeur à la tâche trombine plus qu’il ne répare. 

 
 Antonio fut ensuite embauché et effectua sa première intervention en solitaire au 24 de la rue Pendicosta, dans le quartier des Calmettes. Antonio sonna, une femme en robe de chambre à motifs floraux vint lui ouvrir et l’entraîna dans la salle de bains.

 Antonio était déjà un beau gaillard sexuellement affûté et, fort des conseils du vieil ouvrier, il ne chercha pas une seconde l’origine d’une fuite qui lui parut être un prétexte, il se rua sur la cliente qu’il empoigna de ses mains aussi robustes que juvéniles. Antonio s’en tira avec trois ans de maison de correction. 


 Il se mit alors au poker. Il était à la table lorsqu’eut lieu la rencontre avec Giovanni Torricello, pointure de la région, possesseur de quatorze épiceries dans la ville de Carmaux, la totalité des stations-services, trois lupanars, des options sur des terrains constructibles dans la zone industrielle et des appuis politiques lui permettant de ne pas craindre les interventions de bandes adverses d’origine calabraise.

 Lorsqu’il y eut sur la table la plus grosse somme jamais vu dans le pays, tout le monde se coucha sauf Torricello et Antonio. Torricello avait un full au valet par les dames et Antonio une paire aux fines herbes : 8 de trèfle, 8 de pique.

 Torricello regarda le jeunôt, songea qu’il n’avait pas vu passer un as et trouva que son adversaire avait l’air manifestement d’être heureux de vivre. Il en conclut qu’il se pourrait bien qu’il possédât un brelan d’as ou pire, le carré. Sûr de son instinct, il laissa tomber et Antonio rafla la mise. Il possédait la moitié de la ville.


 Le lendemain, Torricello fit venir Antonio et lui fit comprendre qu’il savait pertinemment que les chèques étaient en bois et sa proposition était simple : il lui confiait la direction d’une petite plomberie bien située dans le quartier et basta ! Il pouvait refuser mais il devenait alors assez probable que sa mort serait prématurée et douloureuse. Antonio accepta, exerça son métier sans jamais se faire une cliente et c’est lui qui, il y a cinquante-deux ans, évita une gigantesque inondation chez Mamie, ce qui lui valut sa reconnaissance éternelle.


 Mais revenons à nos moutons, à Cadalen, on a bu un pot avec Antonio. Il nous a parlé de sa vie, de ses souvenirs et de ses histoires d'amour avant de lâcher - en partant -, cette phrase laconique :

 - Une histoire d'amour. C'est la chanson de l'océan les nuits d'été. Un souvenir qui va durer l'éternité.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Le Tour de Gaule
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 05:41

CP-Toulouse2.jpg"Imaginez.

 

 L´eau (verte) du canal du Midi et la brique (rouge) des Minimes. Et au milieu ma Mamie qui reprend  - pour le souvenir - le chemin des écoliers avec le cartable sur les épaules. 

  Elle pense et repense à la récréation où elle jouait à la marelle, à la balle, au cerf-volant, à la corde, au cerceau, à la toupie et aux billes.

  Elle se souvient de sa poupée qu'elle ne pouvait pas prendre dans son cartable. Un cartable bourré de coups de poing...

 Elle se rappelle que le dimanche, elle allait au parc avec ses frères et ses soeurs pour jouer à la bascule, à la balançoire, à la bergère et au loup ("Petits moutons, petits moutons, revenez à la maison.") et à cache-cache...
 Le mercredi ? Elle jouait à colin-maillard, au furet, à la savate et à la maîtresse d'école.

 L'école buissonnière, les vantardises sur les filles et les billets doux de son frère la laissait de marbre.

 Elle s'émeut en se souvenant des rondes avec ses copines. 

 Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés.
La belle que voilà ira les ramasser
Entrez dans la danse, voyez comme on danse.
Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez.

 Savez-vous planter des choux
A la mode, à la mode,
On les plante avec le pied
A la mode de chez nous ?

 La maison est en carton pirouette cacahouète
La maison est en carton
Les escaliers sont en papier, les escaliers sont en papier

 Des mots ressurgissent dans sa mémoire :
"Lut", "Tu as un gage", "Je prends le gagnant", "buz".
Buz ? Souvenez-vous de ce jeu fort ancien où les joueurs commencent à compter et quand vient le nombre 7 ou un multiple de sept, on doit dire Buz !

 Des expressions à la con reviennent de nulle part :

"Tranquille Emile", "Relax Max", "A l'aise Blaise", "Cool Raoul", "Fonce Alphonse", "A la tienne Etienne", "Tu m'étonnes Simone", "Au hasard Balthazar", "t'as raison Gaston", "Tu penses Hortense", "Un peu mon neveu", "Monique, celles qui rient quand on les ...", "Thérèse, celle qui rit quand on la ...", "Ursule, deux qui la tiennent, trois qui ...", "Tu l'as dit Bouffi...", "C'est parti mon kiki", "Tout à fait Thierry", "En avant Guingamp", "Je ne te parle plus"...

 Papi, lui, se souvient des mémorables parties de foot avec les copains après avoir copié sur le voisin. Il était attaquant comme tout le monde. Personne ne voulait être goal... Du coup, c'était goal volant ! ... Il ne supportait pas de voir les amoureux - qui à la récré - s'embrassait tout le temps. Comme ce couillon de Charles avec Marie-Thérèse. Pas un mot entre eux, c'était bisous sur bisous. Pelle sur pelle ! 

 Sans oublier les insultes,  il ne faut pas oublier qu'ici, on se traite de cons à peine qu'on se traite. Raison de plus pour cogner le premier parce que comme dit mon papi : "Ici, si tu cognes, tu gagnes. Ici, même les mémés aiment la castagne.

 On la devine traverser ces années sauvages - ces plages d'enfance -, avant de la retrouver à l'église St-Sernin qui illumine le soir.
 
 Une bulle de jazz plus tard et la voici au Capitole où elle arrête ses pas pour entendre l´écho de la voix de son papa. C´était en ce temps-là son seul chanteur de blues... 
Qu'est-ce qu'il chantait déjà en se rasant ? Ah oui :

- "O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse..."

 C'est à ce moment très précis qu'elle a lâché cette phrase lapidaire :

- Le souvenir est de la présence invisible.
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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 05:36

CP-Toulouse.jpg"Une semaine (bleue) dans une ville (rose).

 

A l'heure où naît un jour nouveau, Gérard Bourlon rentre retrouver son lot de solitude. Il ôte ses cils et ses cheveux comme un pauvre clown malheureux.
 De lassitude.

 La suite ? Gérard se couche mais ne dort pas. Il pense à ses amours sans joie.

 Si dérisoires.

 Il pense - sans doute - à ce garçon beau comme un Dieu qui sans rien faire a mis le feu.

  A sa mémoire.

 Quand - d'un coup d'un seul ! -, il entend que dans la grande salle à manger des pas de danse et des cris. Il arrête ses pas à l'entrée pour voir - stupéfait ! - une foule qui danse sur le French Cancan.

 Immense la foule.

Et les souvenirs se mettent à danser...

 

 Mais revenons à nos moutons et à ce fameux French Cancan qui a tant marqué les esprits des plus sages et des plus délurés. Les bals étaient très fréquentés au siècle dernier à Paris, en particulier durant la période du Carnaval. Dans ce cadre apparaît le cancan ou "coincoin", qui se danse en couple.

 Le "coincoin" ? Une simple danse licencieuse, car à l'époque les femmes portent robe longue et culotte fendue ; montrer ainsi ses jambes est dès lors très osé et érotique.

 En 1850, Céleste Mogador - qu'on ne présente plus -, lance le cancan, une nouvelle danse d'environ huit minutes au rythme endiablé, sur des airs entraînants de la musique festive de danses de Paris. Faisant preuve d'équilibre et de souplesse à la limite de l'acrobatie, les danseuses de cancan dans leur costume affriolant font perdre la tête au Tout-Paris.

 En s'inspirant de cette danse, le producteur anglais Charles Morton invente alors une nouvelle forme de ballet en s'inspirant de cette danse : le French cancan.

Vous savez tout. Enfin, presque tout parce que figurez-vous que le French Cancan était censé émoustiller le public anglophone par l'évocation de la liberté sexuelle française.

 Il connaît encore de nos jours un succès qui ne se dément pas, associant dans l'esprit des spectateurs Paris, ses music-halls et sa "joie de vivre".

 Mais revenons à nos moutons et à Raymond qui - en dansant ! - a lâché cette phrase lapidaire :

- Puisse tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères.

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 03:40

CP-Monesties-4-copie-1.jpg"Mamie chante Noël à Monestiès.

 

 Ma Mamie m'a dit : "A Noël, le bonheur était contagieux. Je me souviens des rires et des larmes au réveil devant les cadeaux. Je revois mon père rajouter une guirlande au sapin de Noël tandis que ma Maman cuisinait son pot-au-feu tout en mitonnant une soupe aux pâtes alphabets...

 "C’est pour vous mettre en bouche avec le vin blanc que j’ai tenu au frais dans le ruisseau", nous disait-elle alors qu’on salivait déjà. 

 Ces moments si heureux pourraient-ils s’oublier un jour ?"

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 02:30

CP-Lagrave.jpg"La générale.

 

 Un départ à Lagrave. Il fallait bien commencer quelque part, après tout. Lagrave donc, dans le département du Tarn. Une charmante petite bourgade à quinze minutes d'Albi (en roulant bien). Et un jolie clin d'oeil puisque Mamie était venu pêcher un jour dans les parages et qu'elle en garde un jolie souvenir.

 On fait le tour de l'église, on tourne à droite, puis à gauche avant de rentrer au club des aînés. Sitôt la porte poussée, on se retrouve avec un petit vin blanc à la main et un gâteau à la bouche. Une foisse.

 A Lagrave, on sait recevoir. Deux heures plus tard, le cidre avait remplacé le blanc pour accompagner le gâteau. Une tarte aux fraises faîte maison, excusez du peu. On a vraiment bien fait de venir de venir à Lagrave. Et puis on a retrouvé Baroncelli.

 Le nom de Baroncelli ne dit aujourd'hui plus rien à personne. Il faut dire que sa notoriété fut essentiellement provinciale mais des gens aujourd'hui âgés se souviennent peut-être de leur émerveillement d'enfant lorsqu'ils pénétraient au cours de leurs vacances bretonnes ou vendéennes sous le chapiteau du grand cirque interntional Baroncelli.

 "Grand" était une exagération évidente, la piste, où ce qui en tenait lieu, ne dépassait pas dix mètres de diamètres. Quant à "international", on touchait là aux frontières du mensonge éhonté car le cirque Baroncelli n'avait jamais dépassé la Roche-sur-Yon au Nord, et Mirandol au sud.

 La troupe se composait d'Alessio Baroncelli, le père, de Lily Baroncelli, la mère, de Monica Baroncelli, la fille, et d'Augusto, le fils. Le père domptait les puces, faisait sauter trois caniches, exécutait une série de trois soleils au trapèze. La mère battait du tambour, jouait les écuyères sur la jument Clarabelle et exécutéait avec sa fille un numéro de main à main mâtiné de jonglage.

 Et Augusto ? se demande le lecteur étonné.

 Augusto ne faisait rien. Enfant de la balle, son père avait tout tenté et n'était arrivé à rien, aucun talent de jonglage, encore moins en gymnastique. Après deux séances de contorsionnisme qui lui occasionnèrent une sciatique qui l'handicapa toute sa vie, il se coupa lui-même le majeur de la main droite dans un numéro de lancer de poignards.

 Après quelques essais infructueux, force fut à la famille de tirer cette conclusion : Augusto était nul et n'avait rien à faire dans le milieu du cirque.

 Augusto - après mûre réflexion -, a alors décidé de monter une quincaillerie à deux pas de chez Mamie. Il devint vite son ami.

 Un ami fidèle et sincère.

 Rideau.

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 00:05

CP-Vigoulet-copie-1.jpg"La routurière.

 

 Pour la première représentation, le public a été choisi aux petits oignons. En première ligne, Jacques Letellier était au four et au moulin pour tout régenter tandis qu'au fond de la salle - près de la buvette -, Dario Secoïa et Manuel Ferreira veillaient au grain pour que personne ne manque de rien.

  A quelque encabures de là, Monique Durand brûlait des cierges à Lourdes en croisant les doigts. La prière n'est jamais vaine après tout. Place au public :

 Au premier rang à droite, Eliane que l'on ne présente plus et qui est surtout connu pour ses cordes vocales exceptionnelles, d'une sonorité de bronze, qui lui permettaient d'atteindre les notes les plus profondes que pouvait produire un gosier humain. En un mot comme en cent, il n'y avait pas à tourner autour du pot, Eliane a une voix de basse noble.

 A 17 ans, elle chantait le rôle-titre de Boris Godounov dans sa salle de bains. Lors d'une fête de fin d'année, elle interpréta le Diable dans Faust de Gounod, ce qui lui valut un immense succès comique.

 Le public était persuadé qu'elle avait utilisé un système permettant de déformer les voix. Bref, à la fin du spectacle - et pour la première fois de sa vie -, Eliane est restée bouche bée.

 Clouée par l'émotion.

 A sa gauche, Alice Mc Kenzie, qui ne se maria jamais et est toujours considérée par certains vieux messieurs du quartier comme une joyeuse luronne, ce qui l'a fait toujours sourire, du sourire d'une femme qui connut un amour exceptionnel. Bref, à la fin le sourire de Mamie Alice brillait de milles feux, une fois n'est pas coutume.

 Un siège devant la mère Mc Kenzie, Antoine Pion. A la fin du spectacle, Pion, vaincu par l'émotion, se servit quatre plein verres à moutarde de tord-boyaux, une gnole locale de quatre-vingt-cinq degrés, finit le litre à la bouteille, s'essuya la bouche d'un revers de poignet, éructa, péta, se leva et déclara : "C'était bien." 

 Juste devant Pion, Madeleine Ribeau. Madeleine est fleuriste, évidemment. Je dis évidemment car même si vous la rencontriez au fond d'une mine de charbon, au milieu d'une foule de gens, vous diriez : "Tiens, une fleuriste !"

 Elle est faîte pour ça et est déterminée pour vivre avec les fleurs, les arranger, les respirer, les vendre. Ses parents étaient originaires de la Creuse, et elle est partie très jeune pour la ville rose, forcément après avoir longuement hésité avec Honfleur.

 Dès la sortie de la gare Matabiau, elle a fait trois cent mètres en portant sa valise et a poussé la porte d'un fleuriste sur laquelle on lisait une affichette : "recherche vendeuse".

 Le patron ne s'y est pas trompé : dès qu'elle est entrée, il l'a embauchée. Elle est restée quinze ans dans la boutique. Le vieux lui a légué le magasin à sa mort et elle règne dans sa boutique "Chez Madeleine"  bien connue des gens du quartier.

 Bon an mal an, on est devenu ami et du coup, elle est venue voir le spectacle sur Mamie. A la fin, elle n'a pas tarit d'éloge sur la représentation, elle n'a pas arrêté de m'envoyer des fleurs !


 Le spectacle dura une heure avant de baisser le rideau malgré les murmures de regret de son petit public. Un salut léger avant de rejoindre la chaumière après une halte à la buvette et le tour était joué. Finalement, la seule originalité de la routurière est qu'il n'y avait pas une seule grand-mère à un kilomètre à la ronde pour un spectacle prévu au départ pour les mamies. Tant pis.

 C'est parti ! 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 16:27

Manosque---Avenue-de-la-gare.jpg"Manosque.

 

 Manosque est une délicieuse bourgade située à six heures de Carmaux. C'est là qu'on avait rendez-vous pour fêter l'anniversaire du Killian.

 Qui est Killian ?

 Un bout de choux qui fêtait ses dix ans. Et oui, Mamie se diversifie et propose maintenant un spectacle personnalisé pour les petites frimousses.

 Résultat des courses : un moment désopilant où les loulous ont chanté, dansé, rouspété, pleuré, rigolé... Bref, un moment particulier qui rappelle à celles et ceux qui l'ont oublié qu'il vaut mieux vivre au milieu des enfants qu'exister dans le monde des adultes.

 Rideau.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:09

CP-Normande.jpg"La fouace normande.

 

 Le secret, c'est la préparation. 20 minutes de cuisson, ni plus, ni moins. Surtout ne pas oublier l'eau à la fleur d'oranger et les fruits confits. Ma Mamie oublie toujours. Ceci étant dit, quand elle a eu envie d'une fouace, nous étions perdu en pleine Normandie. On ne pouvait pas mieux tomber. Ça pullule, la fouace, dans le secteur !

D'ailleurs, je l'ai dit à ma Mamie : "On devrait monter dans le coin une sorte de Mc Do spécialisé dans la fouace, le sandwich local. J'ai même trouvé le slogan : "Il était une fouace dans l'ouest" 

 Imparable !

 Et bien, étonnamment, à dix kilomètres à la ronde, impossible de se mettre une fouace sous le nez. Du coup, on est allé au Mc Do !

 

 

Collection "Mamie en ballade"

La routurière - Mamie à Lagrave - L'HôpitalLa maison de retraite - Mamie chez les Bretons -Mamie voulait revoir sa Normandie ! - La fouace Normande - La campagne, ça vous gagne...

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:02

CP-Normandie-2-copie-1.jpg"Le guide.

 

 

 Les confidences ne suffisent pas m'a dit ma Mamie. Pour que le spectacle ne soit pas une coquille vide, il te faut t’imprégner des lieux et des chemins que j'ai emprunté quand j'étais gamine pour coller à la réalité. Du coup, je suis retourné avec Mamie dans un château Normand qui avait bercé ses rêves d’enfants. Ceci étant dit, je reste aujourd'hui encore persuadé que ce château n'était qu'un prétexte. Mamie voulait revoir sa Normandie, un point c'est tout.

 Revenons au château de ma Mamie. Le maître des lieux avait embauché pour guide un vieux monsieur à la retraite qui résolvait avec succès l’épreuve du multilinguisme. Nous étions, ce jour-là, six visiteurs, et il nous avait divisés en deux groupes, les Français et les autres. Les autres étaient un couple d‘Anglais visiblement égarés, qui devaient être partis le matin à la recherche du Mont Saint-Michel et qui s’étaient rabattus, faute de mieux, sur ce gros manoir sympathique.

 Le vieux monsieur commença la visite par notre groupe, en nous entraînant dans un superbe pigeonnier où il nous expliqua que plus il y avait de pigeons, plus le châtelain était important : ce devait être un peu plus compliqué que ça, mais je reconnais n’être jamais très attentif lors des explications d’un guide. En revanche, ma Mamie n’en perdait pas une miette.

 Lorsqu’il eut fini avec nous, il se tourna vers les deux Anglais et entama une gesticulation stupéfiante. Il commença d’abord par se transformer en pigeon en utilisant les techniques du mime : jambes tendues, le cou animé de mouvements avant-arrière dans le sens de la marche, les poings aux hanches, agitant les coudes pour évoquer les ailes : ce fut si parfait que j’eus peur un instant qu’il ne s’envolât de l’édifice.

 Après qu’il se fut bien assuré que ces deux étrangers avaient compris qu’il était un pigeon et qu’ils se trouvaient dans un pigeonnier, le reste fut facile. Quiconque a déjà mimé un pigeon sait pertinemment que mimer un duc satisfait d’avoir beaucoup de pigeons est une simple formalité. Il suffit d’évoquer une couronne en effectuant un cercle avec l’index au-dessus de la tête, de prendre un air dédaigneux, de se pavaner un peu en désignant les multiples trous du pigeonnier, et le tour est joué !

 Je ne suis pas certain du tout que malgré le talent de l’interprète, les deux Anglais aient compris de quoi il s’agissait. Ils paraissaient assez surpris, voire perplexes, et terminèrent désorientés lorsque leur cicérone, usant toujours du mime, leur fit un bref résumé de la guerre de Trente Ans.


 Mamie de son côté était aux anges, elle avait retrouvé le château de son enfance. Une visite qui l'avait mis en appétit. "Une fouace ?" suggera-t-elle.

"Tu veux manger une fouace Mamie ?"

Ma Mamie eut un geste pour se lécher les doigts mais se reprit.

 Va pour une fouace...

 

 

Collection "Mamie en ballade"

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 17:01

CP-Normandie.jpg"L'invitation.


 C'était à deux pas de Montirat - en pleine cambrousse -, où avec Mamie, on était invité dans un manoir pour une fête familiale d'un ami de Mamie. Le maître des lieux ? Alain de la Renaudié (nom changé par la rédaction).

 Un personnage dont l'austérité des traits et du maintien laissait présager une soirée à ranger du côté des instants funèbres de la vie. C'était un peu une obligation et il était évident qu'on allait pas se marrer des tonnes.

  Ça débute de façon frisquette. Je me dis que si, les entrées non terminées, on en est déjà à chercher des sujets de conversation, ça risque d'être longuet.

 Et à un moment, je vois mon personnage esquisser un sourire, je lui demande pourquoi, il me montre un disque que ma Mamie avait posé sur le coin de la table : des chansons de Jacqueline François, vedette des années 50. Je lui demande en quoi ça l'amuse, et il m'avoue connaître toutes ses chansons par coeur. Pourquoi pas, après tout.

  Je m'étonne pour briser le silence et on a pas fini les rillettes que, sans se faire prier et, même avec un plaisir évident, il entame un récital.

 Tout le monde est scié : vous avez à votre table un condensé de notaire de province mitigé de haut fonctionnaire d'administration pénitentiaire, avec quelque chose d'un podologue dans la démarche, et le voici qui se lance dans la chansonnette, une jolie voix d'ailleurs avec trémolos et glissandos. Comme quoi.

 Du coup, on repousse les assiettes et on pose les fourchettes ; après quatre chansons enchaînées, légèrement rougissant il nous informe que, s'il est fou de Jacqueline François, il peut, si nous le désirons, taper dans le répertoire de Lys Gauty - qu'on ne présente plus - qu'il connaît sur le bout des ongles : acceptation unanime et enthousiaste autour de la table. A la nuit tombée, il entame Yvette Giraud qui a quitté son vieux rancho pour être "à San Francisco en voilette avec dentelles, son ombrelle et son petit manchon, sa guêpière et ses longs jupons...". 

  Un festival !

 Mamie et moi sommes jaloux et prenons la relève avec Lili Fayol et notre grand succès, un tube que nous avons baladé vingt ans à tous les karaokés du camping de la Tama au village naturiste du Cap d'Agde : "La guitare à Chiquita".

 Alain intervint à son tour avec un air qui l'a rendu célèbre dans le haut Saumurois, et dont nous ignorons toujours le titre, mais dont les paroles sont inoubliables : "Jim, c'est moi Jim, la terreur des pampas du Mexique...

  Imparable !

 La nuit est déjà là, elle se continuera avec d'anciennes goualantes : une douceur, sous les étoiles.


 

Collection "Mamie en ballade"

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Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin