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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 18:19

Paris flirt"Un roman de Francis Huster.

 

S’il s’est senti naïf parfois, maladroit dans ses pulsions de jeunesse, il les assume. Parfois exubérant, cocasse, il a su être un fêtard quand il le fallait.

 A 30 ans passés, il décide d’apprendre l’anglais. Non pas pour le parler mais pour le comprendre. Tout ce qu’il entreprend doit avoir un sens et une utilité. Rien ne saurait être inutile et surtout pas le futile qui donne son sens à la vie. La mort ne cesse de le hanter. Il est super superstitieux.

 Le décès de sa mère à 51 ans le persuade qu’il pourrait disparaître au même âge. Cela devient une obsession. Elle-même terrifiée par ce funeste présage, madame delahaye, sa voyante, le mettra en garde avant qu’il parte à Montecatini. pourquoi n’a-t-il pas suivi son conseil ? Pourquoi est-il resté sourd à cette prémonition fatale ? Alors qu’il l’écoutait toujours.

 Les ailes de la renommée allaient s'ouvrir pour lui en 1947. Lucien Lelong avait créé sa propre maison. C'était son tour. Il fallait pour cela qu'une femme s'en mêle. Ce fut la plus imprévisible de toutes, bien entendu.Rédactrice en chef de tous les magazines du monde, le Vogue des etats-Unis, elle se nommait Bettina Ballard.

 Que s'est-il donc passé ? ce soir-là, Bettina sort en boîte en Dior. Elle s'imagine déjà d'une séduction folle et compte bien entendue ne pas passer inaperçue. mais alors qu'elle est bien loin de s'en douter, rien, mais alors rien du tout, ne va se déroueler comme elle l'avait prévu ! Le destin en a décidé autrement.

 Et malgré elle, Betina Balard va faire faire le premier pas, bien involontaire, à la gloire de ce bon monsieur Dior. Au moment où elle se présente à l'entrée, l'improbable se produit : on lui refuse l'entrée. Sous prétexte que sa tenue serait trop indécente ! La discussion qui s'ensuit tourne au vinaigre. Le ton s'envenime.

 En vain.

 L'incident va faire l'effet d'une bombe : le scandale éclate à la une du très sérieux Time Magazine. 

 La suite ? En révélant pour la première fois le nom de Christian Dior aux yeux du microcosme le plus efficace de la planète, Carmel Snow déclenche une révolution. Ce que Bettina, vexée, n'a pas su faire, Carmel, fine bouche, le réussit. L'avenue Montaigne est prête à entrée dans la légende.

 Dior est l'élu de la mode. Il porte en lui plus qu'une mission, un destin. C'est à lui seul que revient le redoutable honneur de réagir contre la tristesse et l'accablement de l'après-guerre. Il a besoin pour mener à bien sa tâche de se retrouver face à lui-même.

 De s'écouter surtout. De ne pas se trahir. Et il aura cette remarque aux lèvres qui passera à la postérité lorsque chaque année, à chaque nouvelle collection, il dira : "Demain, vous ne me verrez pas !"

 Tout ça pour qu'il puisse réaliser la plus impérieuse des tâches : créer ses modèles. 

 

 Mais ce qui frappe le plus chez Dior, c'est la clarté de sa vision. Cet homme-là ne peut avoir que des lignes dans son cerveau. Sa spontanéité se ressent si fort dans ses créations parce qu'elle provient d'une culture profondément humaniste. Dior est une personnalité rare. d'un seul bloc. Comme un dé. A six faces, certes. Bien différentes. Mais indissociables. Et qui forment un tout à parts égales. Même si chacune, suivant les divers moments de sa vie, ne revêt pas la même importance.

 

 Il est un être bon mais il n'est pas dupe. il penser que rien dans l'avenir ne changera vraiment. l'oppression, la terreur, la mort, l'horreur continueront de danser leur ballet tragique. mais il veut laisser de son passage sur terre l'espoir retrouvé, la reconquête d 'une féminité, une vie ressuscitée et vouée à la bonté, l'amour, la fête.

 Il se sent fort. plus fort que tout. Seul le travail acharné permet d'envisager la réussite, et cette réussite est tournée vers le monde entier. Rien n'est plus beau à ses yeux, ni plus émouvant, au terme d'un dur labeur parfois ingrat, que la ferveur du public.

 La vie grimace malgré elle quelquefois. Elle a parfois des exigences qu'on comprend mal. Elle en trahit, alors qu'on ne s'y attendait pas, certains. Sans qu'on sache de quelle faute ils semblent punis, comme abandonnés aux pires malheurs. Cette vie n'ose pas s'en prendre encore à Christian Dior. 

 Elle pense à autre chose. Elle est occupée ailleurs. Elle a bine saisi qu'elle s'adresse a un homme parfaitement conscient de ce qu'il vaut, qui n'en tire néanmoins aucune vanité. Un homme qui restera jusqu'au bout un artisan acharné.

 Tout chez lui n'est qu'authenticité. Jamais d'arrogance, d'apparence ou de convenu. Il met toute sa passion et tout son coeur, pour atteindre le sommet. Il ne craint pas de se heurter au cynisme des créateurs qui ont, eux, bafoué leur idéal.

 Dior a surmonté ses doutes, maîtrisé ses hésitations. Ainsi se construit la seule manière de venir à bout d'un travail épuisant, stressant, harassant, même si ce travail se trouve, à la fin, couronné de succès et fait tout oublier.

Dior ressent chez sa garde rapprochée la sensation de paix intérieure que procure le travail accompli jusqu'au bout des possibles. Tant que cela durera, la maison Dior vivra.

 Dior refuse aussi une réussite toute tracée. Ne serait-il pas devenu milliardaire s'il était demeuré patron de galerie, marchend de tableaux ?

 Braque, Dufy et Picasso ne lui avaient pas échappé. Lui aussi préféra sa blouse comme manteau de pèlerin et sa baguette de couturier comme bâton de guide. Lui aussi choisira, au lieu de rêver sa vie, d'embellir celle des autres. Lui aussi endossera une vie intense, risquée, au lieu d'une confortable existence.

 L'enjeu est passionnant. Se faire respecter, certes, mais aussi se faire aimer.

 Il y réussira. Le plus difficile à convaincre, ce sera lui-même. Il lui faudra plus de temps pour ses séduire, s'accepter lui-même, ne plus craindre de ses propres réactions, de ses manquements, de ses angoisses comme de son enthousiasme ou de sa naïveté. Il ne se retrouve face à lui que devant la feuille blanche. Faut-il qu'il accepte alors de s'ouvrir vraiment pour donner le meilleur de lui-même : sa vraie folie, sa vraie générosité, sa grâce et son désir ?

 Ses quarante premières années lui ont permis d'apprendre. Il est temps désormais de comprendre. Comprendre ce que son destin attend de lui.

 

 Tout dans sa sensibilité parle à l'âme féminine. Si ce sont les femmes qui portent ses robes, ce sont les hommes qui les regardent. Et Dior connaît le regard des hommes. Il sait ce qu'ils regardent chez une femme : ce qu'elle ne montre pas. Ses seins. Ses fesses. ses reins. Ses cuisses. Son sexe. Sa peau à caresser. Son cou à embrasser. Sa chevelure à tordre. Son dos à tenir. Ses pieds à prendre. Ses chevilles à sentir.

 Dior sait que les hommes sont dingues. Qu'ils ont besoin de fantasmer pour se croire dominateurs et soumettre la femme comme une chienne consentante. Le jeu de la séduction, Dior en connaît toutes les règles.

 Dans son travail, il refuse de ses répéter. D'une création à l'autre, il veut se surprendre lui-même et aller là où on ne l'attend pas.

 Il ne pense pas qu'ild écouvre à proprement parler mais qu'il recouvre au contraire des beautés, des formes, des couleurs inscrites dans sa mémoire, laissées par lui enfouies, sachant qu'un jour il les ressortirait.

 Il a l'humilité du vrai créateur qui sait qu'il n'invente rien mais qu'il innove seulement en reliant entre eux des éléments qui n'auraient jamais dû se rencontrer.

 La providence l'a amené au bon endroit au bon moment, en face des bonnes personnes. Fallait-il encore qu'il décide d'avancer dans le bon sens. Tous n'ont pas ce talent-là. peut-être le plus important de tous. Savoir exactement ce que l'on veut. La femme que l'on veut. L'homme que l'on veut. La vie que l'on veut. Et pour certains, la mort que l'on veut.

 La plupart des choses qui nous arrivent dans la vie sont précisément celles que l'on ne veut pas. Alors quand, comme Dior, on se décide un jour à abattre les cloisons du "qu'en-dira-t-on", quand on choisit enfin où l'on veut aller et ce que l'on veut faire, on ne peut qu'être félicité.

Oser. Tout le monde peut écouter et donc aimer l'incomparable Mozart mais tout le monde n'ose pas. Pas besoin d'être cultiver pour entendre les oiseaux chanter, le vent murmurer, la mer rugir, la pluie tapoter, l'orage gronder, les feuilles frissonner, les arbres frémir, le ruisseau clapoter, la source couler. Ni pour voir le soleil rougir en se couchant, furieux de disparaître, ni pour voir la lune pâlir, timide en diable. Ni pour sentir l'odeur de la rose ou celle du jasmin.

 La seule culture nécessaire, c'est la culture du vrai. Et le vrai, c'est le travail. Rien d'autre n'existe. Sans cesse recommencé à chaque saison de la vie. Tout enfanter, tout construire, tout tenir et tout perdre. Pour tout recommencer à nouveau en sachant que tout devra encore être perdu.

 En devenant international, Dior ne se remet pas en danger, il se remet en question. C'est différent. Et c'est tellement intelligent. Et visionnaire. Dior avait parié sur l'avenir de son nom, maintenant il pariait sur l'avenir de sa marque.

 Mitzah Bricard perdait en la personne de Dior non seulement l'homme de son destin, mais une partie d'elle-même.

Tout ce qu'on pourra résumer en deux mots : une mémoire.

 Ces plus beaux instants de leur vie qu'elle ne partageait plus avec personne et que Christian Dior avait emporté avec lui, là-haut. Cette femme superbe, le chic incarné et qui avait le visage du destin.

 Grâce aux femmes, il avait réussi le meilleur de sa vie : rendre heureux. Les voyantes l'avaient prédit : tout viendrait des femmes pour la réussite de sa vie.

 Peu d'entre nous ont le courage de creuser en nous-même pour y trouver de quoi se construire un destin. En général, au lieu de s'appuyer sur soi, on ne cesse de s'appuyer sur les autres, pour mieux leur faire porter, après, le poids de nos échecs. Changer de vie sans changer de peau, c'est ce que Dior a réussi, et sans esbroufe.

 Il y a des vies qui parlent d'elles-même s. Tout s'y enchaîne logiquement. Il n'y a qu'à les conter telles quelles. Mais il y a aussi de ces vies qui sont fracassées, brisées, déchirées, pleines de contradictions, et qui doivent être racontées au plus près de l'émotion qui s'en dégage. Ce sont des vies comme dictées par des forces qui nous échappent. JFK, Marilyn Monroe, Edith Piaf, James Dean, Camus, Rimbaud, François Truffaut, Patrick Dewaere, Gérard Philippe, Bernard Giraudeau, Jean-Luc Boutté, Jacques Villeret ou Christian Dior. Les évènements ont donné à leur vie une tournure tragique.

 Il fait part à sa voyante de cette prémonition permanente qui lui apprend à rester sur le qui-vive. La villa des Dior à Granville portait le nom dansant des rhumbs, et la vie a été une véritable rumba pour Dior, avec ses pas de côté, en avant ou de travers, mais ceux en arrière ne l'étaient que pour retrouver l'élan de toujours glisser en avant.

 

 Lorsqu'il constate que sa filiale new-yorkaise se trouve au croisement de la 5ème Avenue et de la 57ème rue, Dior, qui entretient avec les chiffres un rapport mystérieux, y voit un présage magnifique.

 L'ouverture doit avoir lieu un 24 octobre, un mois fétiche pour lui : octobre est le 10ème mois de l'année et sa vie aura toujours avec bonheur été à la rencontre de ce 10. maison Dior comporte dix lettres.

 Mais les compositeurs ne sont-ils pas tous foudroyés avant d'avoir pu achever leur dixième symphonie ? Aussi, il laissa échapper cette phrase prémonitoire : "Et si moi aussi c'était mon dernier ?"

 La science et la culture doivent avancer main dans la main pour permettre l'enrichissement des êtres et la sauvegarde de leur santé. Sinon, nul doute que les deux monstres, Politique et religion, entraînés dans la spirale de la haine et des guerres de domination, se permettront tout et précipiteront pour de bon cette fois la fin du monde. 

 La vie a été pour Dior, un jeu de cartes. Avec ses reines, Mitzah, Marguerite, madeline Dior sa mère, Catherine Dior sa soeur, Raymonde... Son as, Saint laurent. Ses valets, Ivan le jardinier, Pierre Perrotino le chauffeur, Ferdinand le portier en uniforme. les jokers, Carmel Snow, Bettina Ballard, Suzanne Leling, sans oublier Christian Bérard le joker imprévu et tant aimé. Les rois Lelong, Piguet, Boussac. Christian Dior avait oublié malheureusement qu'une carte inattendue se glisse toujours dans le jeu de la vie : la Faucheuse - la Mort.

 La vie est une tragédie. le talent, c'est de la traiter comme une comédie. la tragédie nous mène à la mort qui nous attend tous. La comédie nous mène à l'amour. Le parfum de la vie, c'est l'éphémère. Lorsqu'il inspire le désir, le plaisir, le bonheur, on fait semblant d'oublier que la vie nous sera reprise et qu'elle ne dure qu'un temps. Le passé et l'avenir n'existent pas. Il n'y a que le présent. Le présent passé et le présent à venir.

 Si Dior a été si haut, si loin et si vite, c'est parce qu'il était l'homme du présent.

 Dior avait du tempérament. Avec du tempérament, personne ne peut rien contre vous. Vous faites preuve d'une sacré trempe. Vous faites peur parce que vous êtes imprévisible, capable de réagir, de vous redresser de toutes les situations, même les pires.

 A l'aube des années 60, Dior était persuadé d'avoir un rôle à jouer. La guerre s'était éloignée, même si l'Algérie se fissurait, et que l'Indochine était perdue. Ce n'était plus le cauchemar de l'hallucination nazie. 

 Les sanglots étouffants allaient céder la place aux rires et aux copains yéyés. Brigitte Bardot remplaçait déjà Martine Carol et Françoise Arnoul. Johnny Hallyday et Gilbert Bécaud avaient pris le relais de Charles Trenet et Luis Mariano. la jeunesse s'affichait vorace et redoutable, prête à tout, sexe, pavés. 

 Elle refusait de se voir, comme les précédentes générations, martyrisée, trahie, sacrifiée. l'héroïsme se trouverait maintenant dans le sport, la famille, la DS ou la 2 CV, le ski, le club méditerranée, le fer à repasser, le paquet de Bonux, la vie des animaux à la télévision, les "36 chandelles" ou encore "La tête et les jambes".

 La jeunesse avait la tête à flirter, à danser. La jeunesse voulait dévorer la vie et elle y a mis tout son coeur.

 Dior savait que si on fait exactement ce qu'une femme attend de lui, il n'a aucune chance de la séduire. Il faut toujours surprendre. Il n'y a que l'inattendu qui ravisse l'âme. Dior ne voulait pas devenir comme les autres : c'eut été un drame.

 Perdre sa place de numéro 1 comme on perd sa femme eût été là la tragi-comédie de la vie. La vie s'écrit au gré du hasard et on doit l'accepter.

 Dior savait que la vie était laide et égoïste. il a voulu nous apprendre qu'elle pouvait être tendre et belle. 

 Il y a des gens qui vous disent la vérité à longueur de temps. Soit. Nous apprécions. Mais ces mêmes gens ne vous révèlent jamais leur vérité. Qui sont-ils vraiment ? Qui aiment-ils ? En général, ils n'aiment qu'eux-mêmes. D'où la raison de taire cette vérité-là.

 Les étoiles ne se trouvent pas seulement dans le ciel. Il faut savoir admirer celles qui brillent dans le coeur de certains êtres. il ne s'agit pas de lever les yeux au ciel, mais de regarder en face. C'est plus difficile et peu d'entre nous ont ce courage-là. les rôles que la vie nous a décernés sont pour beaucoup des erreurs de distribution.

 Ce que nous a appris Dior, c'est que rien n'est impossible parce que rien n'est improbable.

 La vie nous surprend toujours. 

 

"Quoi que vous fassiez, faites-le avec passion." Christian Dior

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 23:37

f5ejuplr"Etienne Gailly.

 Si l'histoire ne se répète jamais, elle bégaie parfois fâcheusement. Après Dorando, le Belge Etienne Gailly fut le plus célèbre perdant des JO de 1948.

 Né le 26 novembre 1922, à Beringen, Gailly avait à peine seize ans quand il adhéra au club de l'Union saint-gilloise. Ses qualités physiques n'avaient pourtant rien d'exceptionnel. Déjà, cependant, perçaient sous des dehors quelque peu raides une volonté à toute épreuve et une générosité peu commune dans l'effort.

 Il vécut donc dans l'ombre des grands coureurs avant de participer à son premier marathon aux Jeux de Londres. Méthodique et trop sérieux pour rêver, Gailly ne se berçait pas d'illusions. 

 C'est assez dire que notre homme, qui ne pouvait se prévaloir que de quelques bonnes performances nationales, était loin de prétendre aux rôles de premier plan. Une fois de plus, les noms des Finlandais revenaient dans toutes les bouches. Des français Josset, Cousin et Piesset, il n'était évidemment pas question. 

 Josset figura bien aux avants-postes vers le vingtième kilomètre, mais ce ne fut qu'un feu de paille.

 Pourtant, ce fut bien Gailly qui fit la course en tête. Quand, environ au trente-deuxième kilomètre, le Coréen Yun-chil le dépassa, Gailly ne put cependant s'empêcher d'avoir un doute. Était-ce le Coréen qui allait trop vite ou lui qui baissait de régime ? Il ne tarda pas à être renseigné. Tandis que l'ombre du Coréen rapetissait devant, il fut rejoint tour à tour par Guinez et Cabrera, ainsi que par le modeste Gallois Richards, en regain de forme à trente-huit ans.

 Sans perdre courage, Gailly rétablit le contact avec les Argentins et le Gallois. Il prit même de l'avance sur eux.

 A l'avant, Yun-chil blessé, avait connu une défaillance terrible et s'était couché dans un fossé. Gailly se trouvait donc en tête, mais il l'ignorait. Il l'apprit à l'approche du stade par les escrimeurs belges accourus en grande hâte. Il allait gagner !

 Enfin, il fut sur la piste et c'est alors que le drame éclata : soudain, Gailly eut des boulets aux pieds !

 Les quatre-vingt milles spectateurs se dressèrent d'un bond, le coeur suspendu. Brisant cette chape de silence, une longue ovation monta. Il ne lui restait plus que 270 mètres à parcourir, et Gailly semblait hésiter sur la conduite à tenir. Allait-il s'arrêter ou avancer coûte que coûte ? Levant des genoux qui paressaient peser des tonnes, il reprit sa marche en avant de somnambule.

 Déjà, Cabrera fondait sur lui. Un frisson avait parcouru l'assistance quand il était entré. C'était trop injuste ! Il n'allait tout de même pas arraché au pauvre Gailly une médaille d'or chèrement méritée ! Sans se soucier de la cruauté de la situation, bien en ligne, l'allure régulière et l'oeil lucide, l'Argentin ne cessait pourtant de se rapprocher. Un doux sourire assassin esquissé sous sa moustache drue, il dépassa Gailly à 250 mètres du fil.

 Il avait franchi la ligne d'arrivée quand sa victime s'arrêta, stupide de douleur. Les secondes qui passèrent durèrent une éternité. Ces 150 mètres qui lui restaient maintenant à parcourir, Gailly en viendrait-il à bout ? La mécanique grinçante de son corps recommença à bouger. Encore 120 mètres !  A cet instant, Richards le dépassa à son tour. Le stade applaudit juste parce que c'était un britannique, mais le coeur n'y était pas.

 Plus que 100 mètres, 80 mètres. La ligne droite qui s'ouvre sur une souffrance interminable. Le Belge s'arrêta encore. Serait-il jamais en mesure de franchir les trente derniers mètres le séparant de ce point qu'il fixait l'air extatique, comme hébété ?

 Derrière la ligne d'arrivée, son coach faisait de grands signes éperdus. Ainsi appelé, Gailly repartit encore, à la vitesse d'un scaphandrier. Deux mètres à la seconde peut-être ! La scène était insoutenable. Quand elle prit fin, des milliers de poitrines libérèrent un soupir de soulagement. Il fut emporter sur une civière, raide momie ne laissant apparaître qu'un visage cireux.

 Plus tard le héros malheureux de Londres devait raconter ainsi sa mésaventure : "Je n'avais plus de forces pour lutter. Ce que je voulais par dessus-tout, c'était de sortir du gouffre de ma faiblesse pour atteindre cette maudite ligne d'arrivée qui semblait si lointaine."

 Trois mois plus tard, il couru à Pragues le 10 000 mètres et finit second.

 Apparemment il avait retrouvé la forme.

 Finalement, cet homme de caractère, qui avait affronté cent fois la mort depuis son engagement dans la Résistance et dont on a pu dire qu'il fut le "Saint-Exupery du marathon" mourut en 1971, renversé banalement par une voiture.

Fin de l'histoire.

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 14:41

0dfeea55"Gabrielle Andersen-Schiess.

 Quand elle se présenta sur la piste, les soixante-dix-sept milles spectateurs rassemblés au Coliseum de Los Angeles, au matin du dimanche 5 août 1984, en eurent le souffle coupé.

 Ils étaient venus passer un moment doucement héroïque au soleil de la Californie. Et voilà que l'histoire hoquetait lamentablement ! Le drame faisait de nouveau irruption dans l'univers désormais bien policé de l'athlétisme.

 Avec sa casquette de travers, ses jambes qui se dérobaient sous elle et son regard vitreux, non vraiment, elle n'était pas belle à voir, la Suissesse, à l'arrivée du premier marathon olympique féminin.

 Pendant d'interminables minutes d'une intensité dramatique suraiguë, la malheureuse allait tanguer comme un bouchon secoué par la houle. Ses genoux s'entrechoquant, la foulée cassée, elle divaguait d'un couloir à l'autre de la piste, sur laquelle des cônes rouges traçaient une rambarde dérisoire.

 Trois juges l'escortaient, écartant les bras, comme pour la maintenir debout à distance quand elle s'arrêtait, stupide d'épuisement, avant de repartir cahin-caha. "J'ai pensé un instant abandonné, mais c'était tellement idiot, car la fin était si proche ! Et puis, il s'agissait d'un marathon pas comme les autres. L'instinct me dictait de continuer", raconta-t-elle plus tard.

 Parmi les officiels, on s'interrogeait : fallait-il l'empêcher de continuer ou non ? Et l'on s'inquiétait. Autant à propos des dangers encourus que de l'image déplorable donnée. Des "Go on ! Go on !" s'échappaient de la foule, digne échantillon d'un pays d'anciens pionniers qui ne déteste rien tant que ceux qui abandonnent en cours de route. Surtout si près du but !

 Au terme de son tour et demi en forme de chemin de croix, elle s'effondra dans les bras de deux juges. Secouristes et médecins s'affairèrent autour de la civière qui l'emporta sous un tonnerre d'applaudissements mêlant admiration et soulagement. "Lorsque j'ai fait mon entrée dans le stade, les encouragements que j'entendais par intermittence, m'ont redonné quelques forces. J'essayais d'aller droit. Vainement ! Mon corps était tellement chaud ! Je me souviens pas du tout de ce qui est arrivé", témoigna-t-elle quand elle eut retrouvé ses esprits.

 A 39 ans, elle n'était pourtant pas une débutante. Mais il faisait chaud et elle n'avait pas suffisamment bu. De même, elle s'était levé une heure seulement avant la course et pris le départ le ventre vide. La chaleur allait faire le reste.

 L'obscurité et le froid relatif du tunnel conduisant à la piste lui portèrent le coup de grâce. Victime d'un coup de chaleur et d'une importante déshydratation, elle parvint tout de même à se traîner jusqu'à la ligne d'arrivée, qu'elle franchit à la 37ème place en 2 h 48, au terme d'un dernier tour pantelant de 400 mètres en un peu moins de six minutes.

 Preuve de sa belle santé : deux heures après, elle était sur pied et courut encore par la suite plusieurs marathons sans encombre.

Fin de l'histoire.

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 00:00

6e6c17f2"Pietri Dorando



 Né le 16 octobre 1885, à Mandrio, ce petit bonhomme haut de 1.59 m vécut longtemps à Carpi, et non pas à Capri, comme on l'écrit trop souvent. Si l'homme était petit, la personnalité de l'athlète était grande.

 Confiseur de profession, sa réputation prit une renommée internationale, avec un ensemble de performances qui en dit long sur ses qualités d'endurance. Qu'on en juge ! A Rome, il s'est classé deuxième du 1 000 mètres et premier du 5000 avant de gagner dans la foulée le titre des 20 kilomètres. Rien que ça.

 Le voici au départ du marathon des Jeux de Londres où pour la première fois les concurrents auront à parcourir. 42 kilomètres, 194 mètres et 99 cm, distance qui, à un centimètre près, deviendra classique.

 A trois kilomètres de l'arrivée quand on annonce l'arrivée du futur vainqueur, une immense clameur s'élève des gradins. C'est alors qu'apparaît Dorando en piteux état. Il reste un demi-tour de piste à parcourir quand Dorando, égaré, commence à s'engager dans la mauvaise direction.

 On le remet dans le bon sens. Et voilà qu'il s'effondre. Il s'est évanoui, agité par des compulsions grotesques. Le public est à présent fasciné et horrifié. "Aidez-le !" "Aidez-le !", supplie-t-on là. "Pitié pour lui !", réclament ailleurs des voix indignées.

 C'est l'hystérie collective lorsque Pietri, au prix d'un effort inouï, parvient à se dresser sur ses jambes flageolantes. Autour de lui, propulsés par la crainte du pire, tous ceux qui se trouvaient sur la pelouse sont accourus.

 L'histoire retiendra que parmi eux se trouvait l'écrivain Artur Conan Doyle, le célèbre créateur de Sherlock Holmes. Dorando, nom sous lequel on l'a inscrit par erreur apercevra alors à travers un brouillard opaque l'ombre de Hayes qui refaisait son retard.

 Cinq fois, la même scène se reproduira. Alors rassemblant ses propres restes d'énergie, il rétabliera l'équilibre chancelant de son corps martyrisé. Il franchit alors la ligne d'arrivée, porté littéralement par le Docteur Burger et Jack Andrew. Ils viennent à peine de le lâcher qu'il s'écroule.

 Son calvaire est terminé.

 Il sera finalement disqualifié.

 Immédiatement, il fallut transporter Pietri d'urgence à l'hopital sur une civière. Pendant de longues heures, il resta entre la vie et la mort.
 
 Et quand il reprit connaissance, ce fut aussitôt pour protester contre sa disqualification et donner des évènements une version à... dormir debout :

 "J'étais très bien quand j'ai fait mon entrée sur la piste. Quand j'ai entendu la foule crier et que j'ai su que j'avais pratiquement gagné, j'ai senti un frisson me parcourir et mes forces me quitter. Je suis tombé plusieurs fois mais je n'ai pas perdu conscience et si on ne m'avait pas aidé, je suis sûr que j'aurais pu terminer tout seul."

 Le lendemain, dernier jour des jeux, eut lieu la cérémonie. Le défilé dura plus d'une heure quand, soudain, le comte Bosdari s'écria : "Dorando !"

 Lorsqu'elle le reconnut, la foule lui fit un formidable triomphe. Pietri s'avança alors vers la reine Alexandra. On prononça au micro un simple mot : "Dorando", auquel répondit une ovation extraordinaire. Des milliers de poitrines libéraient d'un seul coup l'angoisse qui les avait oppressées la veille.

 Le héros malheureux s'inclina respectueusement, sa casquette à la main, sans chercher à cacher son émotion. Ce qui suivit appartient à la légende dorée des jeux.

 Mais cela aurait tout aussi bien marquer la fin d'un conte de fées. "Je n'ai ni diplôme, ni médaille, ni lauriers à vous remettre, monsieur Dorando, dit en effet la reine. Mais voici une coupe d'or et j'espère que vous ne rapporterez paas de notre pays que des mauvais souvenirs de notre pays." Pietri s'en saisit et fit un long tour d'honneur qui déclencha des salves d'applaudissements."

 L'histoire de la fin pathétique de cette course fit le tour du monde. Aux Etats-Unis, un jeune chanteur Irving Berlin, se tailla un beau succès en composant une chanson simplement intitulée Dorando.

 Celui qui demeure le plus célèbre vaincu des jeux se fit surprendre par la mort le 17 février 1942, à San Remo. Sa gloire avait été telle en Italie qu'un usurpateur, s'emparant de son identité, avait eu des obsèques grandioses quelques années plus tôt. Lorsqu'il mourrut effectivement, le monde avait d'autres soucis, et il fut enterré discrètement.

Fin de l'histoire. 

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 15:54

d31bf724"Félix Carvajal dit Félix The Flyer, est un des personnages les plus truculents de l'histoire des marathons.

 

 Personne n'avait entendu parler de lui avant le 30 août 1904, jour du marathon olympique de Saint-Louis, et personne n'entendit plus parler de lui après d'ailleurs.

 Particulièrement fier de son endurance, il décida de participer à l'épreuve mythique lorsque la nouvelle parvint à Cuba. Comment ce petit homme filiforme très brun de peau, déjà âgé de 29 ans et haut de 1,52 m qui ignorait tout de l'athlétisme et vivait dans une île isolée, éprouva-t-il pour cette compétition encore sans grand prestige un attrait irrésistible ?

 Mystère.

 Quoi qu'il en soit, Carvajal dut résoudre un important problème pour mettre son projet à exécution. Un problème qui tenait en une seule question : comment se rendre à Saint-Louis ?

 Voici la solution que trouva notre facteur : son travail terminé, il visita les jardins publics de La Havane et décrivit des cercles en courant ; lorsqu'il jugeait le nombre des badauds intrigués par son manège, il montait sur une caisse de bois et déclaraît à la cantonade : "Je veux aller à Saint-Louis pour gagner le marathon ! Aidez-moi parce que je n'ai pas un peso !"

 Autre mystère, il parvint ainsi à ses fins.

 Débarquant à la Nouvelle-Orléans, il se trouva rapidement impliqué dans une partie de dés au cours de laquelle il perdit le peu qu'il possédait. Vivant de combines et de mendicité, parcourant 1000 kilomètres en auto-stop pour parvenir à Saint-Louis, il toucha néanmoins au but à temps.

 Une fois sur place, il devint la mascotte des lanceurs de l'équipe des États-Unis. 

 Les géants américains partagèrent leur nourriture avec lui et hébergèrent le petit Cubain en essayant de lui inculquer quelques principes de vie saine et d'entraînement.

 La vérité oblige à dire que Carvajal ne fut pas un très bon sujet. Pour lui, courir était un acte instinctif. Il n'y avait pas à sortir de là et il ne voulait pas entendre parler de stratégie. En revanche, il ne se fit jamais prier pour échanger des plaisanteries avec ses hôtes et raconter des histoires dans un anglais rudimentaire. Bref, il continua de mener la même vie décousue et fantaisiste.

 Et c'est avec une température de 32° et alors que le taux d'humidité atteignait 90% que Félix se présenta ensuite sur la ligne de départ curieusement accoutré.

 Porter une chemise de nuit avec de longues manches en guise de maillot, un pantalon au lieu d'un short et des chaussures de ville munies de gros talons n'est pas, on en conviendra, la meilleure façon d'aborder un marathon.

 Surtout par une chaleur pareille.

 Pourtant, c'est tout juste  si le Cubain permit à un policier New-Yorkais de couper avec des ciseaux les jambes de son pantalon à hauteur des genoux. L'opération prit quelque temps, et il est généralement admis que Carvajal partit avec un léger retard sur le peloton, libéré à 15 h 03.

 Il trotta en route avec désinvolture, exactement comme s'il accomplissait sa tournée habituelle dans les rues de la Havane.

 N'ayant pas d'entraîneur pour le conseiller, l'encourager ou réprimer sa fantaisie, il plaisanta avec les spectateurs et, comme on lui refusait quelques pêches, il en vola deux avant de s'enfuir en mangeant. Un peu plus loin, il grimpa dans un pommier et croqua plusieurs fruits verts.

 Sur la fin de la course, ces pommes troublèrent l'estomac de Carvajal.

 Tourmenté par des coliques, pris de crampes dans la foulée, il fut contraint de se reposer longuement sur le bas-côté du chemin, ce qui ne l'empêcha pas de se classer quatrième.

 Ce fut aussitôt pour disparaître de la scène sportive. Par la suite, on s'accorda à penser que le fantasque Cubain, qui possédait sans doute les meilleures qualités athlétiques parmi les engagés, aurait aisément gagné le marathon pour peu qu'il ait fait preuve d'un peu plus de sagesse.

Qu'importe, il avait réalisé son rêve...


Fin de l'histoire.

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 15:44

b66f315b"Spiridon Louys...


  Aussi appelé Louys le magnifique, est connu pour être le vainqueur de premier marathon aux JO d'Athènes en 1896. Agé de vingt trois ans, haut de 1,60 m, le regard un peu triste, de fières moustaches qui masquaient difficilement la timidité de ce parfait inconnu.

 Plus tard, la légende voudra qu'il ait entendu parler des jeux en faisant paître son troupeau de moutons dans la campagne ceinturant Athènes et qu'il se soit mis en condition de façon mystique, par le jeûne et la prière.

 On prétendra, singulière préparation, qu'il passa la nuit précédant la course devant des icônes et des cierges. Et on trouvera à sa victoire des raisons évidentes, en soulignant la frugalité de son existence et l'excellence d'un entraînement naturel propre à cultiver son existence.

 En vérité, on ne sait trop si Spiridon Louys passait l'essentiel de son temps à suivre son troupeau ou à courir les chemins pour porter des lettres. Une autre version plus plausible de sa biographie présente en effet cet habitant du petit village de Maroussi sous les traits prosaïques d'un facteur.

 Une troisième version prétend qu'il était porteur d'eau et qu'il prépara sa victoire en courant dès sa tendre enfance derrière un âne guidé par son père. Le fait que Pierre de Coubertin ait lui-même accrédité cette thèse bucolique du pauvre berger soudain couvert de gloire n'autorise pas à trancher dans ce sens. 

 Alors, combien étaient-ils, en ce vendredi 10 avril 1896, à prendre le départ du premier marathon de l'histoire ? 16 ? 17 ? 18 ? 19 ? ou  25 ? Parmi tous les chiffres avancés, il faut sans doute retenir le dernier.

 Avertis des risques d'insolation qu'ils courraient et déjà effrayés par la légende maléfique du célèbre soldat de l'antiquité, sept d'entre eux se seraient esquivés à la faveur de la nuit. Un mystérieux Allemand se serait d'autre part perdu en cours de route dans les archives. Il est donc généralement admis que dix-sept athlètes auraient effectivement pris le départ.

 Ces jeux furent un désastre pour les grecs, aussi, il était dit que  si seulement un enfant du pays gagnait le marathon, tout serait oublié ! Pour stimuler l'ardeur des concurrents grecs, les promesses de cadeaux s'étaient multipliées. Georges Averoff, un riche négociant avait promis une somme astronomique et la main de sa fille à celui de ses compatriotes qui serait vainqueur.

 Un certain Dr Theoflaxos avait offert des barriques de vin millésimé. Un tailleur s'était engagé à habillé gracieusement, et un barbier à raser gratis le sauveur de l'honneur national jusqu'à la fin de ses jours.

 Le propriétaire d'une chocolaterie avait offert 1000 kilos de chocolats, un boulanger du pain pour toute la vie, et des centaines d'autres gens ce qu'ils avaient de plus précieux, à commencer par leurs bijoux.

 Ce jour-là des paysans arrivèrent avec des bovins et des moutons destinés au vainqueur, et la vie de la citée athénienne s'arrêta. A 14 heures précises,  quand le roi Georges et la reine eurent occupé leur loge, tout fut en place pour le drame sportif qui allait se jouer.

 Mais voyons les frémissants acteurs de plus près. Dire qu'ils sont parfaitement préparés à l'épreuve qui les attends serait abusif. Un seul d'entre eux, le Hongrois Gyula Kellner est prêt. Quant aux autres, ils comptent sur leurs qualités physiques, leur volonté ou... leur bonne étoile.

 Comme André Tournois par exemple qui participait à deux épreuves : le 100 mètres et le marathon, sous prétexte que "un jour je parcours une petite distance très rapidement, le jour suivant une longue distance très lentement". Finalement, André Tournois renonça.

 Ainsi les voilà partis !

 Il est difficile de tenir compte du rapport officiel mais, toujours est-il que Flack, un comptable australien qui travaille à Londres, précède alors Blake, dont l'allure semble particulièrement aisée, et Kellner. Flack a demandé un congé pour se rendre à Athènes à ses frais.

 Il se signale par sa haute taille et par le fait qu'il est suivi à bicyclette par le très distingué maître d'hôtel de l'ambassade de Grande-Bretagne, qui porte... un chapeau melon. N'ayant jamais couru plus de dix miles auparavant, soit à peine plus de 16 km, sa double victoire dans le 800 mètres et le 1500 mètres lui a fait dire à propos des autres candidats du marathon : "Ils ont tous la trouille de moi !"

 Pour l'heure, Spiridon Louys passe avec plusieurs minutes de retard sur lui. Informé de l'ampleur effrayante de son handicap par les paysans qui se trouvaient là, le futur vainqueur aurait répondu : "Ne vous inquiétez pas. Je les rattraperai et les battrai tous."

 Déjà quelques concurrents se sont évanouis et trois kilomètres supplémentaires suffiront pour dérégler la belle foulée de Blake : au 23ème, vidé de ses forces, l'américain abandonne.

 Parti trop vite, le français Lermusiaux s'effondrera au 32ème km. Ramassé dans un état comateux, il reprendra ses sens dans une petite voiture tirée par deux poneys et versera des larmes sur ses espoirs anéantis. A ses côtés, gisait Flack évanoui, qui s'était pourtant juré d'accompagner le meilleur Grec au moins jusqu'à 4 km de l'arrivée.

 Revenons à la course. Lermauniaux est éliminé et Flack a pris la tête. Pas pour longtemps ! Dans son sillage se profile en effet la gracile silhouette de Spiridon Louys. L'allure harmonieuse et efficace, le Grec progresse avec aisance. Encore un kilomètre et il est sur les talons de Flack.

 Puis il passe.

 Du 33ème au 36ème, l'australien se maintient à moins de 20 mètres. Pour parvenir à le lâcher, Louys devra sprinter brièvement. C'est alors que Flack commencera à vaciller dangereusement avant d'aller rejoindre Lermusiaux dans la position horizontale.

 Il reste moins de 4 km à parcourir, et Louys précède de très loin son compatriote Vassiliakos et le Hongrois Kellner. Autant dire qu'il ne peut plus être battu. L'état de fraîcheur de ce futur vainqueur surgit de nulle part ne laisse pas d'étonner.

 A tel point qu'on a pu suggérer qu'il avait pris des raccourcis et même que le colonel Papadiamantopoulos, dans son ardeur patriotique, s'était laissé aller à lui faire un bout de chemin en croupe sur son cheval. Il est d'autant plus difficile de se faire une idée précise que Spiridon n'avait terminé que 5ème d'une épreuve de sélection et qu'il laissa loin derrière lui lors de sa victoire des compatriotes qui l'avaient alors précédé et qu'il ne courut jamais plus après.

 Impossible, dans ces conditions, de se faire une idée de sa vraie valeur athlétique !

 Quoi qu'il en soit, selon certains témoignages, la foule rompit les barrières et envahit le stade. Des colombes furent lâchées. Un Grec avait gagné et le marathon olympique avait connu un succès colossal. Ce fut aussi le début d'une longue série de scandales.

 En effet, à peine avait-il franchi la ligne en 4ème position qu'il s'était plaint auprès du jury. Il en était certain : sur la fin de course, deux adversaires seulement le précédaient. Kellner ne pouvait en jurer, mais il lui semblait bien avoir vu  Spiridon Velokas, classé 3ème, descendre d'une charrette.  

 Rapidement, on s'était aperçu que Velokas avait parcouru nombre de kilomètres caché dans une voiture tirée par des chevaux et qu'il n'avait fait usage de ses jambes qu'à l'approche du stade. Naturellement, il fut disqualifié.

"Dieu sait ce qu'il se serait passé si un Grec n'avait pas gagné !", dira Edwin Flack revenu à lui.

 Spiridon Louys, quant à lui, devint un objet de vénération et un motif de réjouissance. Au soir de son triomphe, Athènes s'embrasa.

 Des feux d'artifice éclatèrent, on dansa tard à la lumière des lampions. Bref, ce fut du délire. Tout le monde voulait fêter le héros : un hôtelier lui signa des bons de repas pour chaque jour des dix années à venir ; une personne envoya une montre, une autre un étui à cigarettes en or ; une petite ferme lui aurait été offerte, ainsi que la main de plusieurs jeunes filles.

 Entra-t-il en possession de tous ses cadeaux et de ceux qui avaient été promis avant la course ? Rien n'est moins sûr.

 Une chose est certaine. Spiridon Louys n'épousa ni la fille de la famille Averoff, ni cette veuve américaine de vingt-cinq ans, riche de 4 millions de dollars, accourue en Grèce pour devenir la femme du vainqueur du marathon. Il n'accepta pas la main des demoiselles qu'on lui proposa et se maria un an plus tard avec sa promise, Eleni, qui lui donna trois fils avant de le laisser veuf en 1927.

Fin de l'histoire.

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 14:17

dde3276d"J'étais stressé.

Pas bien du tout. La boule au ventre quoi. Jamais un compliment de la part du réalisateur. Tout pour Sophie Marceau, parce que c'était son actrice, sa fille de cinéma, il l'avait inventé.

Alors à la fin des prises, c'était : "Très bien, impeccable, Sophie tu as été formidable."

Au bout de cinq jours, j'ai dit a mon agent : "On arrête tout, on rembourse,  je ne peux plus aller plus loin, je pense que je le gène, il ne m'aime pas patati patata..."

Le lendemain on tourne la scène de la rencontre, on fait 6 ou 7 prises, 19h30, coupé. Claude Pinauteau vient me voir et me dit : "Vincent, tu es vraiment formidable, il n'y a rien à dire, j'ai tout ce que je veux, c'est exactement comme ça que j'imaginais la scène."

Et à ce moment là, comme au théâtre, tout est parti, toute la peur, toute l'appréhension dans les pompes, ça c'est échappé.

Il m'avait fait un compliment, il était content et à partir de là, on rentre chez soi et on se dit : "Ah, tu m'as trouvé bien et bien tu vas voir ce que tu vas prendre demain matin, maintenant je peux te dire que je suis inarrêtable.

Et de là est parti le tournage, j'en revoulais encore et encore et j'attaquais le film bille en tête !"

 

Comme disait Churchill : "Des mots aimables peuvent être brefs et faciles à dire mais leur écho peut être sans fin."

 

Rideau.

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 13:59

4d37037e"Alors que je tournais Le Garçu, j'étais en train de patauger dans une piscine à Quiberon, le soleil se couchait, il n'y avait plus que moi et un autre type qui, tout à coup, me dit :

"Regardez comme c'est beau.


- Oui, effectivement c'est beau, lui dit Gérard.


- Je trouve cela d'autant plus beau que je suis un ressuscité.


- Qu'entendez-vous par "ressuscité" ?


- Je suis un greffé du foie. J'ai traîné un cancer pendant deux ans. J'attendais la mort. Ma femme attendait ma mort, mes enfants attendaient ma mort... J'avais donc tout préparé. Quand on m'a greffé un foie tout neuf, toute ma famille était persuadée que j'allais faire un rejet, que la greffe ne prendrait pas. Bref que j'allais mourir !


- ...


- Et je suis là aujourd'hui, vivant, bien vivant, devant ce coucher de soleil merveilleux, à jouir de ma nouvelle vie. Je n'arrête pas de baiser. J'ai divorcé, je suis bien...


- ...


- Ne dîtes rien, profitez de ce coucher de soleil et jouissez, mon vieux ! Jouissez !"

 

Rideau.

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 15:57

Paris flirt"Nous avons eu le plaisir d'accueillir virtuellement dans nos locaux Marc Esposito, l'auteur de la duologie Le Coeur des hommes, il a accepté de revenir sur cette aventure pour notre plus grand plaisir et pour celui de nos lecteurs.

- Bonjour Mr Esposito, on ne va pas y aller par quatre chemins : Qui a eu l'idée ?

- J'étais avec Gérard Darmon qui était d'une humeur morose - "Je suis un acteur nul, pourquoi on me donnerait des beaux rôles ?" Moi, j'arpentais le salon et je pensais à haute voix : "Ce qu'il te faudrait, c'est un film choral, un film où vous seriez plusieurs à avoir le premier role. Tu vois, genre..." Et c'est parti. Une heure après, je me posais la question fatidique : " Et pourquoi, je ne le ferais pas moi, ce film ?"   

- Et le coeur des hommes est né...

- Au départ, le titre était L'amour est un bouquet de violettes, puis C'est beau l'amour, je n'ai trouvé Le Coeur des hommesque quelques semaines avant le tournage.

- Parlez-nous des "quatre", on commence par le génial Gérard Darmon...

- Avec Gérard tout à commencé un soir d'hiver en 84. Je traînais dans un restau, j'étais tombé sur lui, Jean-Pierre Bacri et leur petite bande. Dés les premières vannes, Darmon et Bacri ont vu que j'étais un bon client. Ils étaient étourdissant de drôlerie, je hurlais de rire. On a continué chez Gérard et au moment ou je la vivais, je savais que cette nuit resterait la plus hilarante de ma vie. On est devenue ami ensuite. C'est un acteur formidable.

- Le grand Jean-Pierre Daroussin...

- Il était celui que je connaissais le moins des quatre. Nous avons bien rattrapé le retard. Aujourd'hui, je sais que, même si nous sommes différents, nous avons en commun un trait de personnalité déterminant qui nous distingue des trois autres de la bande : nous sommes des heureuses natures, pas des inquiets, ni des anxieux. Rappelez-vous dans le 1 quand Alex dit a Jef pendant le mariage : "Je suis une heureuse nature, c'est ma force." Il aurait pu dire : "C'est ma chance."

C'est lui qui dans le rôle de Manu est le plus loin de lui-même. Je me souviens sur le premier quand il avait hurlé pour la premiere fois "Qu'est ce que je ferais si j'étais moins con ?",j'avais été  a la fois sidéré et bouleversé. Jean-Pierre est un calme. C'est un doux, je ne l'ai jamais vu gueuler ou être en colère comme Manu. C'est cette nuit-là que Manu personnage du film est né pour de bon.

- L'immense Bernard Campan...

- Nous sommes les deux de la bande qui ont la larme facile. Il est arrivé dans le film quelques semaines après Jean-Pierre. Son rôle etait déjà attribué mais à chaque fois l'acteur en question se dérobait. Ça m'a agacé, alors je suis allé voir Se souvenir des belles chosesdans lequel Bernard étonnait tout le monde depuis plusieurs semaines. A la sortie du film, ma fille m'avait dit : "Ne va pas le voir, sinon tu vas changer d'avis, tu vas vouloir Campan dans le rôle d'Antoine que tu as promis à..." Elle avait raison. J'ai téléphoné a Bernard dés ma sortie de la salle de cinéma. 

- Le magnifique Marc Lavoine.

- Marc nous a rejoints le dernier. Nous sommes ami. Un an plus tôt, il m'avait dit : "Si tu veux que je sois dans ton film, je n'ai pas besoin de lire, je serai ravi d'en être même pour un petit truc."Ca m'avait touché. Mais je ne le trouvais pas crédible en charcutier ni en prof de gym trompé, et il était trop jeune pour jouer le rôle de Jef. Il ne pouvait jouer que le rôle d'Alex, et je n'arrivais pas a l'imaginer dans ce role de coureur, lui qui l'est si peu. Et en plus c'était le role de Gérard ! Mais l'acteur qui devait jouer Jeff a refusé au dernier moment, alors j'ai pris ma décision, que j'ai annoncé illico a Gérard : "C'est toi qui va jouer Jeff. C'est plus un rôle de ton âge. Tu vas être formidable." Le destin avait bien fait les choses. Marc a été exceptionnel. C'est décidément incompréhensible que j'ai mis tant de temps a voir qu'Alex lui était destiné, comme Jeff l'était a Gérard, Manu a Jean-Pierre, Antoine a Bernard.

- Parlez-nous de votre technique... 

- En général, tous les plans rapprochés sont joués par des acteurs qui jouent tout seuls puisque leur partenaire sait qu'il n'est pas filmé et qu'il ne fait que donner la réplique, hors champ. Sur mes films, les acteurs jouent toujours vraiment ensemble, et toute la scène d'un coup. Cela favorise la recherche du vrai, mon obsession.

- La musique est très présente dans vos films, il semble que...

- (il coupe) J'ai découvert mon amour pour la musique et les chansons dans les films dans les années 80. Quand ma fille avait deux ans et que je me retrouvais a dîner en tête a tête avec elle, je mettais le camescope sur un pied et je laissais tourner pour voir ce qu'elle faisait dans sa chaise. Après je m'amusais a mettre des chansons sur des images banalissimes d'une petite fille qui mange ou qui rêvasse. C'était magique : avec une chanson triste, on avait envie de pleurer, c'était bouleversant, avec une chanson gaie, ça devenait un hymne a la vie, au bonheur !Dans le Coeur, il n'y a aucune chanson de Keane, le film les refusait. A l'inverse, il y en a cinq de Katie Melua, le film les a aspirées, elles étaient faites pour lui.

- Vous n'êtes pas sans savoir que j'ai joué avec Valerie Kaprisky dans Jaurès, comment l'avez vous découvert ?

- J'ai pensé à elle dés la première version, mais je ne parvenais pas a l'imaginer dans les personnages  que j'avais écrits. Elle dégage un coté taureau de combat, une fierté, une détermination qui me plaisent. C'est une immense actrice.

- Claude Lelouch vénère le chiffre 13, avez-vous un chiffre préféré ?

- Le 7. Pour un fana comme moi, l'année qui s'approche n'est pas anodine. 2007, c'est le plus beau nombre finissant par 7 depuis que je suis né, et je n'en vivrai jamais de plus beau. Ma fidélité au 7 vient de ma date de naissance a trois 7 : 16-7-52.

- Votre phrase préférée ?

- Louis Malle a dit un jour : "Aller au cinéma, c'est s'asseoir devant le rêve d'un autre."

- Une révolte personnelle peut-être?

- Il n'y a que quand vous êtes avec des vedettes qu'on vous offre la tournée du patron !

- La suite ?

- Cendrillon. J'aurai à recréer un univers qui n'a rien a voir avec mes précédents films. Cela dit, il y sera encore question de sentiments, d'amour et de quête du bonheur.

- Un grand merci Mr Esposito. Le mot de la fin peut être...

- Avec les quatre, on vit un truc rare, c'est fou d'avoir construit si vite cette relation d'amitié. Pendant le tournage, un journaliste avait utilisé le mot recette, je l'avais coupé : "Ce n'est pas une recette, c'est un miracle."

Le coeur des hommes...

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 16:42









"Qui mieux que Claude Lelouch pour nous parler du grand Jacques. On l'écoute:

"J'ai peur que le courant ne passe pas entre Jacques et Lino Ventura.  Au bout de quelques jours, toutes mes craintes se volatilisent. Mieux ils deviennent vite les meilleurs amis du monde. Ce sont leurs différences, précisément, qui les rapprochent. Jacques n'en revient pas de constater qu'on peut vivre d'une manière bourgeoisement organisée, comme le fait Lino. Et Lino est stupéfait de voir qu'il est possible de fonctionner dans la bohème la plus complète, comme le fait Jacques.

Nous tournons a Antigua et j'organise sur place des auditions destinées a dénicher les partenaires adéquates de mes personnages. Je ne trouve pas mon bonheur. Je fais donc venir de Paris quatre superbes métisses. L'une d'elle s'appelle Madly. Entre Jacques et elle, c'est le coup de foudre au premier regard. Ils ne se quittent plus.

A la facon qu'a Jacques, dans les jours suivants de me parler d'elle, avec la retenue et la pudeur qui le caractérisent, je comprends cependant tres vite que cette histoire est une grande histoire.

Nous avons souvent parlé des femmes. Il ne me parle plus que d'une seule. Madly va nous l'enlever, c'est sur. Et me l'enlever. Pour un peu, j'en serais jaloux. Car Jacques Brel, je l'avoue sans honte, a bouleversé ma vie.

"Je vous souhaite des rêves a n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns."

Si je l'admire, si je le respecte, et si je l'aime tant, c'est que j'ai découvert en lui un homme au sens le plus noble du terme. C'est a dire quelqu'un qui va au bout des choses, jusqu'au bout de ses convictions et de ses certitudes, sans jamais se laisser acheter ou divertir, parce qu'il a une vision parfaitement claire du monde et de lui-même.

Chacune de ses réactions est saine, qu'elle soit de révolte, de colère ou d'amour. Angoisse par l'inactivité, il est toujours a fond sur l'accélérateur, ignorant la ligne d'arrivée. Chaque fois qu'il en franchit une, il prend le départ d'une autre course.

Jacques est un extraordinaire mélange de tendresse énorme et de révolte permanente, de lucidité et de poésie, d'intelligence, de culture et de sensualité.

Si j'avais été une femme, il est l'homme dont je serai tombée amoureuse. Il est celui que je leur souhaite, a toutes, de rencontrer. Celui qui, a ce jour, m'a le plus étonné."

Juste quelques phrases de Jacques piochées, ça et là...

"Quand un homme n'a pas peur de coucher avec une femme, c'est qu'il ne l'aime pas."

"Moi je t'offrirai des perles de pluie venues de pays ou il ne pleut pas."

"Je prendrais dans les yeux d'un ami, ce qu'il a de plus chaud, de plus beau et de plus tendre aussi. Qu'on ne voit que deux ou trois fois durant toute une vie et qui fait que cet ami est votre ami..."

"Ça me fait peur les gens prudents, les gens précautionneux. Ils ont plus d'avenir que de présent, ils sont assis, ils se croient debout. C'est effrayant, non ?",

"Je vous souhaite des rêves a n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns."

"On ne réussit que ses rêves. C'est l'intensité de la vie, plus que sa durée, qui compte."

"Le talent, ça n'existe pas. Le talent, c'est d'avoir envie de faire quelque chose."

"Aimer jusqu'à la déchirure-aimer même trop, même mal, tenter sans force et sans armure, d'atteindre l'inaccessible étoile..."

Le grand Jacques... 

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Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin