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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 21:56

navire.jpg"Le Petit Journal, là, sous vos yeux. 


 Ce matin-là, le 27 juin 1905, le docteur Smirnov aurait préféré se trouver à cent lieues du pont du cuirassé Potemkine. Mamie aussi d'ailleurs. Très grand, mince, bien serré dans sa redingote, le toubib se penche vers d'énormes carcasses de boeuf suspendues à des crochets sur le spardeck. Près de lui, l'air ennuyé, un officier marinier. Un peu plus loin, des marins, à la fois goguenards et furieux : ils savent parfaitement de quoi il s'agit.


 La veille au soir, le torpilleur N. 267 s'est rangé le long du Potemkine. Il apportait du ravitaillement que l'on a hissé sur le pont. Pour les officiers, de la farine, du vin, des sucreries. Pour l'équipage, des carcasses de boeuf dont il était prévisible que l'on ferait du bortsch.

 Seulement voilà, cette viande-là grouillait d'asticots blancs frétillants et était une vraie puanteur et, pour les l'équipage, n'était bonne qu'à être jetée par dessus-bord ! Même des cochons ne voudraient pas d'une saloperie pareille !

 De toute façon, personne n'en mangerait.


 Smirnov se penche alors sur les carcasses pour vérifié si la viande est bel et bien avarié.

 L'odeur devrait lui sauter au visage. Il n'en montre rien.

D'évidence, ce qui lui plaît le moins, ce sont ces groupes de marins dont le regard inquisiteur pèse sur lui. Mais il ne se débine pas. Avec un naturel trop parfait pour n'être pas feints, il lance, à l'adresse du quartier-maître :


- Cette viande est excellente. J'estime qu'elle est parfaitement comestible. Il suffira de la laver au vinaigre.


 Un mot, un seul a frappé les marins : comestible.

On voudrait donc la leur faire manger, cette viande pourrie ? C'est le toubib qui a osé dire ça ? Si cette pensée est celle de chacun, nul ne songe à l'exprimer ouvertement. Le toubib est un officier. La discipline interdit à un simple marin de manifester ses sentiments devant un officier.

 Mais c'en est trop pour ma Mamie qui décide sur le champ de quitter le navire pour partir se la couler douce à la campagne parce qu'il ne faut quand même pas déconner.

Elle apprendra donc la suite de l'histoire dans les journaux, comme tout le monde...


 La suite ? A la fin de la matinée, la cloche sonne sur le Potemkine pour appeler les hommes aux réfectoires. Déjà, dans d'énormes chaudrons, des cuisiniers apportent la nourriture du jour : du bortsch.

Quoi ? Du bortsch ? On a donc fait cuire cette viande pourri ? Et les asticots, on les a fait cuire aussi ? Est-ce qu'on se fout du monde ?

Les protestations montent. Personne ne peut plus se contenir. Les hommes mettent leurs gamelles à l'envers et refusent qu'on la leur remplisse. Ils frappent alors sur la table avec leur cuiller. Sous les injures, les cuisiniers sont obligés de remporter leurs chaudrons. De l'entrepont monte un incroyable vacarme.


 Parmi ces marins furieux, il en est un qui se tait.

Il s'agit d'un tout petit homme maigre, au visage marqué d'influences asiatiques. Il se nomme Afanasy Matushenko. Il promène sur ce spectacle inédit un regard froid et lucide. Il croit au rêve socialiste, à l'égalité espéré et à la justice pour tous. Il en a parlé et on l'a écouté parce qu'on l'aimait bien mais ce n'est pas allé plus loin.

 Il a distribué des tracts aussi. On les a à peine lu. Soulever le Potemkine ? Matushenko en rêve, bien sûr, mais il sait qu'il s'agit d'une entreprise démesurée. A moins que...


 Que s'est-il alors produit sur le Potemkine ? Il est très malaisé de le savoir d'une façon précise. Même ma Mamie n'en sait foutrement rien.

Nous disposons du rapport rédigé par Matushenko mais nous sommes en droit de douter de son objectivité. Bien sûr beaucoup d'auteurs ont écrit sur le cuirassé mais la lecture de ces bouquins nous laissent rêveurs : nous découvrons qu'ils ont tous été considérablement influencés par le film d'Eisenstein.


 Voilà le grand nom prononcé. Enfin. Depuis le début de ce récit, le lecteur l'attend.

Il y a quelques années, un jury international de critiques de cinéma, ayant à établir la liste des dix plus grands films de ce monde, a placé en tête le Cuirassé "Potemkine".

Un chef d'oeuvre indiscuté, inégalé.

 Il est important de préciser dans quelles conditions Eisenstein l'a réalisé. A l'origine, il voulait évoquer la révolution de 1905 dans sa totalité. C'est là ce que lui avait demandé le gouvernement soviétique. Dans la fresque envisagée, l'épisode du Potemkine ne devait durer que quelques minutes. Eisenstein lui-même a révélé que l'anecdote ne comportait qu'une demi-page dans l'immense scénario du film en projet.

Pourquoi s'est-il rendu à Odessa plus tôt que prévu par le plan de travail ? Tout simplement parce que qu'il faisait trop mauvais à Leningrad où avait commencé le tournage !


A Odessa, du moins, on était sûr de trouver du soleil.

Or, sur place, cherchant des informations, recueillant des témoignages, s'imprégnant des lieux, Eisenstein a tout à coup ressenti la grandeur du thème. Il a confié combien l'exaltation l'avait saisi.

Le vrai sujet était là.

Eisenstein s'est alors scrupuleusement documenté. Il a retrouvé les survivants et il les a interrogé.  C'est ainsi que le film retrace très exactement les origines de la mutinerie, l'histoire de la viande en putréfaction et de la prétendue expertise du docteur Smirnov. Les noms et les personnages des principaux protagonistes sont véridiques : Golikov, Smirnov, Vakulinchuk, Feldmann et le pope Parmen pour ne citer qu'eux. 


 Aussi ma Mamie m'a dit que pour connaître la suite de l'histoire il suffisait de voir le film...

Sachez juste que l'équipage s'est révolté. Une révolte avec une seule idée en tête : revoir la Russie. Retrouver se famille et son village. Telle était la première pensée des marins du Potemkine. Mais de peur des représailles, beaucoup des mutins sont restés en Roumanie. Cinq seulement n'y tiennent plus : ils veulent rentrer. Parmi eux, Matushenko.


A la frontière, ils sont reconnus, arrêtés. Quatre d'entre eux sont envoyés en Sibérie. Matushenko, lui, sera pendu.


Ma Mamie m'a dit qu'elle aurait pu subir le même sort mais que pour rien au monde elle n'aurait mangé de ce satané bortsch...


 Epicurienne jusqu'au bout des ongles !

 

 

Collection "Mamie explore le temps"

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin