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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 13:02

Windsor.jpg"Le Petit Journal, là, sous vos yeux. 

 

 C'est dans ce journal qu'on trouve une photo célèbre. La photo ? Au centre, assise, la Reine Victoria. A sa droite... Trois générations saisies par l'objectif. Voilà qui dispense Mamie de bien des explications.

 Le 23 juin 1984, le père de celui dont ma Mamie va vous raconter l'histoire avait noté dans son journal : "A 10 heures. Naissance d'un charmant petit garçon. Il pèse huit livres."

 Comme le lecteur peut s'en douter, les prédictions n'ont pas manqué autour de ce berceau. La plus curieuse demeure celle de Ralph Shirley qui, en 1903, se déclara sûr que le prince de Galles n'accéderait jamais au trône : s'il y montait, jurait-il, ce serait guère pour y rester, car son frère Berthie le remplacerait aussitôt.

 Simple coïncidence ou prescience réelle ?

 Si on tourne les pages de son album de photographies, on reste stupéfait devant la garde-robe que l'on contraint cet enfant à endosser.

 Le costume marin, le kilt, le costume de chasse et toutes les tenues imaginables de cérémonies. Il grandit - peu -, le visage se forme.

 Pourquoi ne sourit-il jamais ? Pourquoi, le regard, presque toujours, est-il si triste ?

 La vie suit son cours. Le prince se heurte à son père qui ne comprend pas le célibat de son fils. Dire que le prince est entièrement à l'aise dans une telle situation serait contraire à la vérité.

 Lui-même a écrit là-dessus des phrases qui en disent long : "Quand il s'agissait de mariage, je ne voulait pas me hâter. Et ma vie restait toute pénétrée d'un sentiment d'insatisfaction."

 Qui sait ce qui peut arriver à un homme insatisfait ?

 11 janvier 1931. Ce samedi-là, le temps est exécrable. La voiture du prince se fraye un passage à travers l'épais brouillard qui recouvre le Leicestershire. Quant il rentre dans le salon où brûle un long feu de bois, on lui présente un couple qu'il ne connaît pas : Mr. et Mrs Ernest Simpson. Lui est courtier maritime. Elle, Wallis, une Américaine de Baltimore, plonge dans la révérence exigée par l'étiquette. Ils échangent deux mots. Pas plus.

 Qui pourrait le croire ? Un roman sans exemple vient de prendre son élan qui, pendant une décennie, surexcitera l'opinion anglaise et retiendra l'attention passionnée du monde entier en général et de Mamie en particulier.

 

Qui est donc cette Wallis Simpson ? 

 Penché sur la photo de sa fille qui n'avait que cinq mois, son mari avait dit avec une extrême douceur : "Je crains que physiquement elle soit une Warfield. espérons que moralement, elle sera, comme toi, une Montague."

Qui l'emportera de la solidité austère des Warfield du Maryland ou du charme, de la fantaisie, de l'esprit des Montague de Virginie, où la fortune est rare mais chez qui les femmes sont jolies ?

 Enfant, cette petite n'était pas une beauté. On peut la décrire comme un peu "spéciale".

 Comme si elle tenait à accentuer une différence, elle rassemble ses cheveux - ils sont extrêmement noirs - en une natte derrière la nuque, dégageant ainsi des pommettes aussi hautes que saillantes. l'image d'une Indienne vient tout naturellement à l'esprit. D'ailleurs, autour d'elle, on l'appelle : la Squaw.

 Le bas du visage est un peu lourd mais le corps est mince et souple. De toutes les élèves, elle est sans doute l'une des plus pauvres. Les autres enfants le savent. Il ne manque pas de filles pour lui crier au visage que sa mère "prend des pensionnaires" : insulte majeure. Alors, elle se jette sur l'ennemie et lui fait payer son audace à grands coups de pied dans les tibias.

 En mars 1914, à dix-huit ans, Wallis quitte le collège. L'habitude est, en un tel cas, qu'une élève appose une pensée sur le livre de l'école. En général, ces réflexions puériles ont trait aux charmes du collège, à l'intérêt des études ou aux amitiés que l'on y a nouées.

 Wallis elle, appose simplement trois mots sur le registre : All is love, "tout est amour". Un programme.

 Elle participe ensuite au bal des débutantes du Bachelor Cotillon où elle rencontre le plus séduisant des aviateurs : Winfield Spencer.

Ce Win bénéficie-t-il d'une fortune personnelle ? Non, aucune.

 Et s'il se tuait en vol ? Sa mère sait trop, hélas, le sort qui attend une jeune veuve sans argent. Wallis balaie les objections. Elle est amoureuse, un point c'est tout. Sa mère soupire mais consent : si Wallis a pris une décision, il serait vain de tenter d'y faire obstacle.

 Le mariage sera célébré à l'église de Baltimore.

 Parmi les demoiselles d'honneur figure la meilleure amie de pension de Wallis, Mary Kirk.

Retenons ce nom.

 Un charmant garçon, ce Win. On ne lui connaît qu'un défaut : il boit.

 Quand elle le voit ivre, Wallis le déteste. Le lendemain, il jure de ne plus recommencer et Wallis retrouve avec bonheur le Win des fiançailles.

 Le lendemain, il accepte un premier verre. D'autres s'ensuivent. Les réconciliations deviennent de plus en plus difficiles.

 Quand les amis sermonnent Win, il explique que, s'il boit, c'est parce qu'il ne supporte pas que sa femme soit si coquette. L'est-elle ? Elle recherche la compagnie des hommes, elle aime les longues soirées où, après avoir dansé et bu, on en vient aux confidences.

 Elle n'apprécie rien tant que la compagnie de ceux qui la font rire. Cela suffit à exaspérer la jalousie d'un marie amoureux et peu enclin à l'humour. Le succès de Wallis s'expliquent aisément : l'adolescente de naguère s'est muée en une jeune femme épanouie.

Quand elle rit, on découvre sur son visage un réel éclat.

 Le 11 novembre 1918, la célébration de l'armistice déchaîne l'enthousiasme de tous les Américains. Pas celui de Win.

Il boit plus que jamais. Sa jalousie  à l'égard de Wallis a pris d'incroyables proportions.

 L’état-major a sanctionné les beuveries de Win en l’affectant, en Asie, au commandement d’une canonnière. Ses lettres écrites de Hong-Kong témoignent d’une existence particulièrement morne.

 Il se désole de ne pas avoir assez d’argent pour s’amuser et, il lui semble, affirme-t-il, devenir peu à peu complètement idiot.

 Jamais, depuis leurs fiançailles, il ne s’est montré aussi tendre. Le jour vient où il la supplie de le rejoindre en Chine. Voilà qui finit par émouvoir Wallis. Qui sait ? Win s’est peut-être amendé ? Brusquement, elle se décide. Elle le rejoindra.

 

 Il me faut ménager ici une halte au lecteur.

Parmi les quintaux d’infamies que l’on a déversées sur celle qui devint la duchesse de Windsor, l’épisode pékinois semble avoir particulièrement inspiré les racontars.

 On résume :

1) Quand Wallis arrive à Pékin, c’est en qualité d’agent secret américain. Au service de qui ? Dans quel but ? Nul n’est capable de l’expliquer.

2) C’est en Chine que Wallis, en fréquentant les maisons de prostitutions, à appris les caresses «secrètes»  qui, plus tard, devraient rendre le prince de Galles fou d’amour. Quelles caresses ? Les détails croustillants varient à l’infini. Ma Mamie a cherché à vérifier ces informations, elle n’a jamais su où se trouvait ce "dossier chinois", ni qui l’avait établi.

3) Wallis aurait noué en Chine une liaison passionnée avec un certain Alberto de Zara, «bel attaché naval de l’ambassade d’Italie». Il est exact que ce Zara parle d’elle dans ses mémoires, mais surtout à propos des concours hippiques auxquels elle a assisté avec lui : "Elle portait une coiffure classique lui dégageant le visage et ses yeux et à laquelle elle est restée fidèle jusqu’à ce jour."

Que de "passion torride" en effet dans cette description !

4) De plus en plus fort : Wallis aurait été enceinte des oeuvres de Ciano.

 Elle a avorté en effet, un avortement qui a eu de graves complications qui lui ont ôté tout espoir d’avoir un enfant. C’est de là, affirme-t-on encore, que naquirent ses sympathies pour le fascisme.

5) Wallis aurait été une protégée de la mafia chinoise qui l’aurait fait accéder aux secrets des jeux de hasard truqués. Elle aurait gagné, au baccarat, à la roulette et aux vingt-et-un, des "sommes considérables".

 Au point où nous en sommes, le lecteur peut constater que l’on a imputé à Wallis, à l’exception de crimes de sang, la totalité de ce dont on puisse accuser quelqu’un.

 Bonne occasion de méditer une fois de plus sur la forte constatation de Talleyrand : "Tout ce qui est exagéré est insignifiant".

 Elle dira que Pékin fut la ville qu’elle a le plus aimé au monde, avec Paris. Peu à peu, elle y oublie Win et ses problèmes.

Elle s’est éloignée délicieusement du réel. Un matin, pourtant, elle s’interroge. Va-t-elle plus longtemps se fuir elle-même ? Eternellement se leurrer ? Il lui faut rentrer en Amérique et s’occuper sérieusement de son divorce. Win ira jusqu’à la reconduire à Washington. Pas au-delà.

 Ils ne se reverront jamais.

 

L'histoire vraie de l'attachement passionné qui unit Edward VIII et Wallis Simpson :

Le Duc de Windsor

Wallis va voir un astrologue

David et Wallis

L'amour fou

Elle et lui

L'abdication

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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie explore le temps

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin