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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 15:06

polonais"La nostalgie n'est plus ce qu'elle était...

 

- Mamie, tu étais seule quand tu as rencontré Papi ?

 

- Non, j'étais avec Charles. Un jour, à la sortie du cinéma, il m'a vue, il n'a vu que moi. On s'est mis ensemble. Il m'aimait, je l'aimais. Un homme très respectable. On s'est un peu ratés, lui et moi. Bien sûr, on a eu la joie de vivre les bons moments, mais nous n'avons jamais partagé les mauvais temps. 

 

- Et Papi, dans tout ça ?

 

- Je travaillais dans un restaurant où il venait souvent dîner. Un jour il me voit. Le lendemain, il revient déjeuner pour me revoir. Le surlendemain, je vais le voir avant qu'il parte pour une mission ailleurs... et c'est déchirant. Voilà. Je ne vais pas tomber dans Intimité ou Nous deux. En quatre jours, il s'est passé une chose fulgurante, indiscrète et irréversible.

 

- Tu savais déjà que c'était irréversible ?

 

- Je ne savais pas que ça durerait plus de cinquante ans. Mais ce qui s'était passé était irréversible, pour moi en tout cas, et je ne voulais pas qu'on joue là un vaudeville. J'ai beaucoup pleuré. Il n'y a rien de plus triste au monde que de faire du mal à celui à qui on ne veut que du bien, et d'être incapable de faire la seule chose qui arrangerait tout, c'est-à-dire de cesser d'aimer l'autre.

 C'est dérisoire d'essayer de s'accrocher à la raison. C'est effrayant de penser à l'autre qui n'est pas là et qui a peut-être oublié. C'est miraculeux de recevoir un coup de fil de l'autre bout de la France. C'est tuant de faire semblant d'aller bien et d'avoir tout le temps du chagrin. Enfin, c'était comme pour tout le monde quand ces choses-là arrivent.

 

- Alors tu es partie ?

 

- Non. Pendant quelques semaines, on a vraiment essayé, tous les trois de cicatriser. Ça n'a pas marché du tout. Dans un roman mondain, ça aurait pu être un chapitre genre "Idylle sous la cathédrale"... Ça n'était pas idyllique du tout. C'était bel et bien la passion avec tout ce que ça comporte.

 

- Et tu as librement choisi de vivre la passion.

 

- Je ne sais pas dans quelle mesure on est libre de choisir ce qu'on va vivre. Si j'avais rencontré ton papi dans une ville étrangère, loin de mes familiers, des siens et de ceux de Charles, il n'y aurait pas eu de témoins, il n'y aurait pas eu ces regards qui décuplent tout.

 Je pense qu'il y a des histoires d'amour comme des engagements qu'on prend dans la vie, qui sont finalement aussi des histoires d'amour. j'ai eu un ultimatum de ton Papi. Il m'a expliqué qu'il n'attendrait pas cent sept ans ; qu'il fallait que je fasse mes paquets et que je vienne vivre avec lui, ou bien ça n'était plus la peine, même de téléphoner.

 

- Il n'avait pas d'attaches ?

 

- Il était marié avec ses copains mais était superbement disponible, et cette histoire lui est tombée sur la tête. La passion, ça occupe. C'est très dérangeant la passion.

 

- Et tu as fait tes paquets...

 

- Un tout petit baluchon. J'ai fait beaucoup de peine à Charles et aux copains. Quand vous changez de vie, vous changez leur vie. J'ai été jugée, condamnée, encouragée aussi, par des gens qui ne portait pas à Charles la tendresse qui était la mienne et qui l'est restée.

 C'est difficile et cruel et encore une fois indiscret de refaire sa vie, comme on dit. Tout se passe dans des larmes très chaudes. Et il faut singulièrement s'aimer pour faire décoller et voler ce drôle d'engin à deux places qui est une nouvelle vie commune. Malgré tout, contre tout et contre tous...

 

- C'était il y a cinquante ans.

 

- Oui. Et ça fait cinquante ans que ça dure. Nous avons le même âge. S'il a vécu mon vieillissement à mes côtés, moi j'ai vécu son mûrissement à ses côtés. C'est comme ça qu'on dit pour les hommes. Ils mûrissent, les mèches blanches s'appellent des "tempes argentées", les rides les "burinent". 

 

(une pause) Maintenant, ce qu'il nous reste, c'est du surplus, des cadeaux, la surprise que ça continue, la gratitude envers les bons et même les mauvais moments. C'est dans la continuation du voyage, dans un wagon de première classe bien installé sur ses rails, alors qu'on a pris le train a vingt ans dans un compartiment de troisième qui roulait sur une voie cabossée, jalonnée de gardes-barrières et de gare où l'on descend pour la première fois.

 Les gares dans lesquelles je vais descendre à compter de maintenant sont des gares où je suis descendue avant, elles sont celles des retrouvailles, des constats, rarement celles des découvertes. Sauf une, celle qui m'a faite grand-mère pour la première fois de ma vie. Et les autres fois aussi.

 

- Mamie, tu as beaucoup hésité à raconter tes souvenirs. Tu m'as même dit : "Mes souvenirs ne m'appartiennent pas".

 

- Ce ne sont pas mes souvenirs qui ne m'appartiennent pas, c'est ma vie ! Je considère qu'on est fait que par les autres. Même les options qu'on peut prendre dans la vie sont toujours dues à quelqu'un d'autre, à une rencontre ou au fait qu'on veut être à la hauteur de l'opinion de quelques-uns. Pas beaucoup, en fait. Je sais très bien que ce que j'appelle "ma conscience", c'est le regard de ces personnes-là. Pas nécessairement des gens que je vois souvent. Des gens qui ne savent pas du tout qu'ils sont ma conscience. 

 

- Je dois y aller Mamie.

 

- Tiens, prends-ça pour mettre de l'essence et n'oublies pas de revenir me voir...

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Published by Régis IGLESIAS - dans Ma Mamie m'a dit

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin