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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 19:02

cartes-postales-photos-Foiral-aux-Bestiaux-MIRANDOL-BOURGNO.jpg"Salle des fêtes de Mirandol-Bourgnounac.

 

 Mirandol est une bourgade située à dix minutes de Carmaux (montre en main). C'est ici - à cet endroit très précis -, qu'on a revu Bérénice qu'on ne présente plus.

 Qui est Bérénice ?


  Bérénice est une native du pays qui tapine chez elle grâce à sa mère qui tapinait en hôtel et qui disait toujours à ses copines de trottoir : "Je mets de l’argent de côté, j’achète un appartement et comme ça, quand elle sera grande, ma fille tapinera chez elle."

 Ce n’était pas mal calculé, le travail à domicile est toujours plus agréable et ça évite d’enrichir des gros cons de portiers d'hôtel  de passe qui, la retraite venue, achètent des villas à Sainte-Maxime.

 Mais revenons à Bérénice.

 Ça ne s’est pas trop mal passé au début car, comme le disait la gardienne, il y avait un julot.

 Ce terme, révélateur d’une époque aujourd’hui révolue, désignait dans la vie de Bérénice la présence d’un souteneur. Le son des torgnoles résonnait dans la cour de l’immeuble depuis quelques temps quand Balmontes tapa à la porte de Bérénice au beau milieu de la nuit.

 Ce fut Julot qui vint ouvrir.

 La suite ? Balmontes ne dit pas un mot et ne frappa qu’une fois. Les pieds du souteneur quittèrent le sol et ne le retrouvèrent pas avant quinze mètres. Julot ne fit même pas mine de chercher une arme puisqu’il savait ne pas en avoir et cracha trois dents brisées net à la gencive avant de prononcer cette phrase intéressante au possible :

- Non mais fa va pas ?

C’est alors que Balmontes jugea utile de se présenter.

- Inspecteur Balmontes de la police des moeurs. Tu as dix secondes pour quitter le quartier.

 Julot qui avait vu beaucoup de westerns, comprit que le shérif ne plaisantait pas et qu’il lui fallait quitter Mirandol et Bérénice.

 A partir de cet instant, elle fut libre et devint la maîtresse de Balmontes, aussi célibataire que malabar.

 Fille intelligente, elle cessa de marcher dans les rues chaudes, tièdes ou froides et se fabriqua un catalogue de clients grâce à un site qu’elle créa elle-même.

 Elle se spécialisa dans les timides incurables, vieux garçons patentés, professeur de l’enseignement supérieur hantés par l’andropause, romanciers refusés de toutes les maisons d’édition et éjaculateurs précoces, séminaristes aux mères castratrices.

 Elle eut tous les cas de libido en berne, de sexualité claudicante, et acquit dans ce domaine une célébrité qui l’amena à travailler avec des sexologues d’avant-garde qui constatèrent qu’elle arrivait quelquefois en une seule séance à un résultat qu’ils n’avaient pas atteint en cinq ans d’analyse.

 Bérénice a aujourd’hui 54 ans mais son charme reste intact. Elle a recours de temps à autre à la chirurgie esthétique et les affaires vont bien. Elle est à la tête d’une entreprise qui fonctionne et envisage de se retirer dans une dizaine d’années. Elle ne sait pas encore très bien où mais ce ne sera pas à Sainte-Maxime parce qu’il y a trop de cons.


 Mais revenons à nos moutons, Bérénice nous a avoué qu'elle avait adoré le spectacle, ce qui était loin d'être gagné vu qu'elle déteste le ciné et la télé.

 A la fin, elle a même tenté deux pas de danse sur le French Cancan - en souvenir du bon vieux temps sans doute -, avant de lâcher cette phrase lapidaire :

- Nous avons les souvenirs que nous méritons.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Le Tour de Gaule
23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 23:29

ancienne-carte-postale-de-marseille.jpg"Marseille.

 

 Marseille est une bourgade située à quatre heures de Carmaux (en roulant peinard).  C'est ici - à cet endroit très précis - qu'on a rencontré M. Scionet qu'on ne présente plus.

 Qui est M. Scionet ?


 Son histoire a commencé il y a une vingtaine d'années.

 Il s'était rendu chez un ophtalmologiste qui avait diagnostiqué un excès de tension dans l'oeil, ce qui expliquait les migraines dont il souffrait. Il fut donc condamné à prendre des gouttes matin et soir, et cela jusqu'à la fin de sa vie.

 Ce fut à cette même époque qu'il se fit traiter pour insuffisance respiratoire et dut prendre des cachets à chaque repas.

 Dans la foulée, il enchaîna par un problème cardiaque qui l'obligea à ingurgiter des pilules qui déclenchèrent des troubles de le fonction rénale pour laquelle il dut se taper des comprimés ayant des effets secondaires en langage de pharmacologie.

 Le plus gênant était une impossibilité de dormir plus de deux heures par nuit, ce qui nécessitait la prise de soporifiques divers allant du plus léger au plus puissant, de la somnolence légère à l'effondrement total.

 Là-dessus, son généraliste constata après examen que son taux de globules rouges avait tendance à s'affaisser et prescrivit toute une batterie de médicaments qu'il devait prendre en alternance.

 Cela joua d'ailleurs des tours à sa prostate qui se mit à faire des siennes et pour laquelle il dut ingurgiter des sirops divers qui l'écoeurèrent mais régularisèrent quelque peu son flux urinaire.

 Arrivé à cette période, il compta tous les médocs qu'il se tapait du réveil au coucher et en dénombra vingt-trois.  Vingt-trois !

 Il trouva que cela faisait beaucoup et s'adressa à un ancien camarade de classe qui avait fait médecine et qui le rassura sur la raison d'exister de tous ces produits. Et après l'avoir examiné, rajouta à la liste une série de piqûres pour lutter contre l'artériosclérose dont il semblait être atteint.

 M. Scionet obtempéra et six mois après tomba malade, une bronchite pernicieuse qui lui démolit les alvéoles en quelques jours, à la suite de quoi il expérimenta une nouvelle molécule venue d'un laboratoire américain, molécule répartie dans cinq gélules à avaler toutes les trois heures. On est plus à ça près, après tout.


 Quelques années plus tard, M. Scionet fit les comptes un matin : il devait avaler soixante-douze médicaments, ce qui lui prenait une durée moyenne de deux heures trente-cinq chaque jour.

 Deux heures trente-cinq !

  Foutu pour foutu, il eut alors une idée qui devait s'avérer mauvaise.

 Il prit un bol, y jeta toutes ses pilules, ajouta de l'eau, touilla à la cuillère et, ayant ainsi obtenu une sorte de pâte relativement onctueuse, il avala le tout en se disant que cette méthode lui permettrait dorénavant de gagner du temps.

 C'est à ce moment-là que M. Scionet explosa.

 Il sentit une chaleur intense et son crâne éclata en premier, le reste du corps suivi produisant une déflagration violente.

 Comme quoi, on est peu de chose.

 Il fut toutefois sauvé - in-extremis ! - par un le médecin de nuit qui lui conseilla à l'avenir d'éviter les mélanges. Seulement voilà, M. Scionet perdit dans l'histoire tous ses souvenirs.


 Pourtant, à la fin du spectacle, M. Scionet lança - à la hussarde ! - cette phrase lapidaire :

- La vie ordinaire est celle d'un individu continuellement aspiré. Je suis aspiré par mes pensées, par mes souvenirs, mes désirs, mes sensations. par le repas que je mange, la cigarette que je fume, l'amour que je fais...

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Published by Régis IGLESIAS - dans Le Tour de Gaule
22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 14:43

dde3276d"Le clos du roi. Extraits :

 

 Un autre personnage encore, dans le hameau de la tante, nous fascinait : c'était un Italien qui habitait la plus haute maison. Tous l'appelaient le "Magnin", ce qui, dans ce pays, veut dire "rétameur".

 Il portait un vaste chapeau tyrolien, une énorme moustache à la gauloise, et parlait un mot de français et deux d'Italien. Il passait de ferme en ferme avec sa pierre à feu et il redonnait le tranchant aux faux et aux faucilles.

 Captivés par tous ces gens sortant de l'ordinaire, nous ne voyons pas passer nos huit jours de vacances.

 Le lendemain du jour de l'an, après nous avoir souhaité la bonne année et avoir mangé force poires, pommes et quelques "bisquitchellis" (gâteaux secs) que la tante sortait exprès pour nous d'un de ses petis placards noirs qui garnissaient chaque coin de sa cuisine, nous refaisions le chemin inverse sur nos mulets.

 Mais ce retour n'avait pas, et de loin, le charme et le mystère de l'aller, car il nous restait rien à découvrir.

 Mon père faisait quand même une halte à la ferme du Ponsonnet pour taper un petit coup du plat de la main sur les énormes "pousses" de son amie Jeanne.

 On y buvait le café dans lequel on trempait du pain d'épice.

 Quant à moi, je devais subir l'assaut de Marguerite. C'était une fille de mon âge avec d'immenses cheveux noirs et, sous le nez, un duvet qui pointait déjà dru, et qui, je l'imaginais, ressemblerait à la moustache de sa mère, ce dont j'étais effrayé.

 Marguerite se plantait devant moi, jambes écartées ; ses yeux noirs et brillants, à trois cm des miens, semblaient devoir me fasciner.

 

 Un jour, mon père vit dans le journal une annonce : "Berger cherche place. Mario Léon. Barrêmes. Lieudit Le Poil." Comme à cet époque le recrutement des bergers par annonce n'existait pas, cela lui parut un peu suspect et on en discuta en famille.

 Le grand-père, qui avait la plus grande habitude, dit que ce ne pouvait être qu'un rigolo, n'ayant jamais vu la queue d'un mouton.

 Pourquoi n'allait-il pas à la foire comme les autres ?

 En effet, cela nous paraissait bien étrange.

 Ce fut ma tante qui trancha la question :

"Va donc le voir, tu verras bien la tête qu'il a", dit-elle à mon père.

 Les bergers à l'époque avaient des têtes spéciales.

 Et puis ce berger pouvait être un "babi", un Italien venant travailler clandestinement en France.

 En l'écoutant, nous les enfants, nous eûmes un grand frisson de terreur dans le dos. La semaine précédente, le maître d'école nous avait parlé de cannibales.

 Ma soeur partit se coucher en pleurant. Moi, je n'en menais pas bien large. Je fis des rêves terribles où le Mario Léon me faisait cuire à la broche.

 Quand on se leva, mon père était déjà parti le voir.

"Pourvu qu'il en revienne", dis-je à ma mère, qui ne compris pas l'allusion.

 Il en revint le lendemain même. Il avait vu le Mario et pris des renseignements.

 "Brave type, disaient les voisins, mais feignant comme une mite."

 Nous les gosses, on respira.

 "Il est rond comme une cougourde mais je l'ai embauché quand même, car il ne demande aps de salaire. Il veut seulement être logé, nourri, blanchi."

 C'était une affaire rare.

 Il arriva à pied le surlendemain. Un mètre cinquante, joufflu, rose comme un cochon de lait, il avait des yeux anormalement espacés l'un de l'autre et de toutes petites oreilles pointues comme celles des rats.

 D'instinct, ma soeur et moi vîmes qu'il n'était pas bien méchant. Ouf ! On respirait.

 Auparavant, mon père nous avait raconté son histoire.

 Mario, c'était le plus riche de son village. mais il n'avait jamais travaillé de sa vie, ses aprents à leur mort lui ayant laissé des armoires pleines de linge, et, entre les paires de draps, de grosses liasses de billets de mille, pliées dans du papier journal.

 A l'époque c'était dans le linge et non à la banque que les paysans riches plaçaient leurs économies.

 Le Mario se laissait vivre : à quoi bon travailler ?

 Il avait bien essayé une ou deux fois ; mais le lendemain, il avait eu très mal aux bras et aux reins. Aussi décréta-t-il que le travail ne valait rien pour sa santé.

 Et il s'en tint là.

 Il s'éclairait à la bougie, posée à même le bois de l'armoire à linge, assez près de son lit.

 Et pour s'éviter un gros travail, il couchait tout habillé. C'était autant de fatigue épargnée pour le lendemain.

 Un soir, s'étant couché sans avoir soufflé la bougie, il s'endormit et celle-ci, en se consumant, mit le feu à l'armoire qui, elle, mit le feu à toute la maison.

 Il n'eut que le temps de sauter par la fenêtre dans le pré. Mario se félicitait de sa bonne habitude de coucher tout habillé. Sans cela, disait-il, je me trouvais à la rue, tout nu comme un ver.

 Plus de maison, plus de sous, mais habillé tout de même pour l'hiver : l'honneur était sauf pour lui.

 Mais il fallait vivre.

 Que faire ?

 Un voisin lui ayant dit que berger ce n'était pas trop compliqué ni fatiguant, il avait alors apssé l'annonce.

 Mario fut donc lâché tout seul derrière le troupeau. Il faisait beau.

 Sitôt dans la colline, il s'allongea sur son manteau et s'endormit au soleil.

 Le soir, le troupeau arriva tout seul à la porte de la bergerie. Ce fut bien après la nuit tombée que Mario, à son tour, arriva, essoufflé, tout ébouriffé, alors que nous allions partir à sa recherche. Penaud quand même, il dit en arrivant :

- J'ai perdu le troupeau.

 L'incident en resta là.

  D'ailleurs Mario s'était assis devant le poêle, jambes écartées. Sur l'une, il fit grimper ma soeur, et moi sur l'autre. Il nous faisait sauter à bidet. On rigolait.

"C'est quand même un bon berger", dit ma mère, attendrie par la scène.

 Dans les mois qui suivirent, Mario fit bien quelques gaffes, mais il perdit le troupeau moins souvent et réussissait, après des courses folles, à le retrouver : c'était bien lui qui rentrait le troupeau et non le troupeau qui rentrait le berger.

 Un soir, grand-père qui prédisait bien les choses - le temps du lendemain en particulier - dit devant toute la famille :

"Avec le temps, on en fera peut-être un bon berger."

 Mario bomba le torse, car ça ne sortait pas de la bouche de n'importe qui.

 Les mois passant, Mario se socialisait, et on le voyait parfois faire de longues causettes avec ma tante Pauline. Celle-ci, bonne causette, s'abonnait au Petit écho de la mode et lui céda le lot parce que Mario était intéressé.

 A partir de ce jour, on remarqua que Mario ne faisait plus la veillée avec nous, mais se retirait dans sa chambre où, nous le comprîmes plus tard, il écrivait longuement.

"Je me demande bien ce qu'il peut faire", disait ma tante. Et on sentait qu'une curiosité malsaine le travaillait.

 Un jour que Mario était aux étables, je vis ma tante passer dans la chambre du berger. La curiosité étant contagieuse, je collai vite un oeil au trou de la serrure juste au moment où elle prenait un papier sur la table. Et chose inouï qui me suffoqua, elle partit d'un fou rire qui allait s'amplifiant à mesure qu'elle lisait.

 Quand elle sortit de la chambre, elle était encore secoué par des sursauts de fou rire ets es yeux en pleuraient en même temps.

 Je lus la lettre sur laquelle était épinglé en coin une photo-mannequin du catalogue, son numéro et son prix. Elle disait :

"Madame, j'ai vu sur catalogue votre photo. Vous êtes très poulido et vous m'agradez bien.

Je voudrai me marier avec vous. Votre prix peut-il encore un peu se discuter ? Je vous trouve un peu haute pour moi qui ne suis qu'un simple berger débutant. Je suis inappointé pour l'instant, rien qu'à la nourriture. Mais dans quelque mois, le patron va me tarifier au cours du jour. Je pourrai alors vous payer.

 Je vous donne déjà mon signalement : j'ai des cheveux couleur chaille. je suis bien râblé. J'ai trente-trois ans, pas encore usé par les femmes et assez peu par le travail : je me suis toujours ménagé de ces deux côtés-là.

 D'ailleurs, je ne travaille que depuis six mois. Je pourrai vous contenter à votre demande et à la cadence qui vous conviendra le mieux, sauf les jours de foire de La Palud où je suis pris moi-même par mon patron et surtout les négociants qui me font monter les moutons. Je ne vous dis rien de mon pays natal qui s'appelle Le Poil : vous le verrez quand vous viendrez.

 Ecrivez-moi en mettant très personnel en rouge, à cause de la patronne qui est bien brave, mais curieuse comme un pet. Je vous civilise Mademoiselle."

 Mario Léon. Ferme de Vénascle

 A partir de ce jour, il y en eut trois - Mario, la tante et moi - pour guetter l'arrivée du facteur. Lassé d'attendre une réponse qui ne venait pas, Mario nous quitta un matin, et nous n'entendîmes plus jamais parler de lui.

 

 A lire : Les souvenirs de Marcel Scipion (1) ; Les souvenirs de Marcel Scipion (2) ; Les souvenirs de Marcel Scipion (3)

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 14:42

6e6c17f2"Le clos du roi. Extraits :

 

 L'époque remonte à cinquante ans. La science dentaire n'en était qu'à ses débuts. Seule les grandes villes possédaient  des dentistes.

 Mais, pour nous, ces grandes villes étaient à mille diables : nous n'y allons jamais.

 Quand nous avions mal aux dents, nous gardions notre mal jusqu'à ce que ça passe.

 Heureusement, il existait quand même des "rhabilleurs" qui, en deux coups de pouce, vous remettaient vite et bien membre ou nerf démis.

 On disait qu'ils possédaient le secret et qu'ils ne pouvaient se le passer que de père en fils. Aussi, quand un rhabilleur avait eu le malheur ou la chance de rester célibataire - c'est suivant que ! -, les populations environnantes le voyaient vieillir avec inquiétude et sa mort jetait la panique dans tout un département.

 "Où irons-nous quand il ne sera plus là ?" se lamentaient les gens à l'avance.

 Mais pour les dents, c'était le vide. Seules quelques vieilles disaient calmer ce terrible mal avec de petits toupins en terre cuite.

 

 Je me souviens de ma joie quand je braconnais. Je pouvais nourrir ma famille, sans oublier la joie obscure, qui me montait aux tripes et qui était sublime : celle de tromper les gendarmes, "bien les couillonner", comme disait mon grand-père. 

 La soupe aux chous...

 A un kilomètre de la maison, on sentait bouillir la soupe où la tante jetait un os de cochon grillé au four avec des herbes et un peud e couenne.

 Quant, à cette odeur de soupe, s'ajoutait le fumet du chou aux olives et aux boyaux de lapin, je vous jure que, vraiment, attendre midi devenait un supplice.

 Dès onze heures trente, nous, les enfants, étions déjà autour de la table. Et souvent, les hommes quittaient les travaux des champs un quart d'heure avant l'horaire, l'estomac les ayant descendu "d'un seul coup" dans les talons, disaient-ils.

 Ils arrivaient les yeux brillants de gourmandise.

 Après sa femme, demandez à un vrai montagnard ce qu'il aime le plus : "La soupe au choux", vous dira-t-il.

 Les lièvres avaient aussi bon nez.

 

 On l'appelait Mascara. Il avait la quarantaine bien sonnée quand je l'ai connu. Un jour il débarqua dans notre petit village par le car. Il alla taper tout droit à la porte d 'un vieil Italien qu'on appelait Bartolin.

 Comment Bartolin et Mascara se connaissaient-ils ? C'étaient bien sûr deux Italiens exilés, mais de provinces éloignées, l'un du Piémont, l'autre de la Sicile.

 Le Bartolin s'était fixé à Moustiers où il avait du travail assuré. Le Mascara s'était approché plus haut, à Soleils, petit village à quelques encablures de Castellane. Il s'y était marié avec la fille d'un berger du pays, une belle blonde, tellement blonde, tellement jolie, qu'il n'en garda hélas que fort peu de temps l'exclusivité.

 Pour gagner sa vie et celle de sa femme, le Mascara devait partir de grand matin chaque jour couper du bois dans la forêt. Il ne rentrait que le soir, exténué. Après lui avoir mis à mijoter une bonne soupe de lard et un ragoût, la blonde Mascarine aimait bien aller rouler les hanches dans un village voisin.

 Cette ville comme toutes les autres est peuplée de fainéants, qui sautent de la terrasse d'un café au comptoir d'un autre, et qui n'ont d'yeux que pour les fessiers bien roulés, et fallait voir la rondeur de celui de Mascarine.

 Ces paresseux sont pleins d'audace, et adroits de leurs mains que pour tripoter ces choses-là.

 Une fois, Mascarine se laissa faire.

 Ayant pris goût à ce divertissement, elle renouvela les escapades, tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre.

 Dans les débuts, cela resta discret, mais bientôt, de langue à oreille, ça coula le long du Verdon jusqu'à Soleils, où par maladresse et non par méchanceté un ricochet malencontreux en percuta l'oreille de Mascara, qui fut très malheureux mais n'en laissa rien voir.

 Dans le début, il essaya de lutter sur le même terrain que ses adversaires, mais baste ! allez lutter avec ces mains de fainéants, qui sont plus douces et plus fines que celles d'un évêque, tandis que la forêt avait mal éduqué celles du bûcheron. 

 Aussi, se sentant battu sur le sexe, il s'acharna sur la forêt, en pénétrant tous les recoins, en débusquant tous les mystères. Il en devint le maître incontesté et bientôt, on ne parla plus guère dans la région de son infortune conjugale, mais on parlait fort de ses prises miraculeuses. Il approvisionnait tous les restaurants des alentours, qui s'arrachaient la marchandise.

 Et ça lui faisait des sous.

 

 J'avais six ans. On s'inventait des tas de jeux, parfois même on se fabriquait des jouets. L'oncle François me fit une jolie brouette en bois de frêne. Mon père fit à tous les cousins des arbalètes en bois de buis qui permettaient de tirer les moineaux à vingt mètres.

 Avec on se livrait bataille avec les bandes rivales.

 J'étais sacré Charlemagne par l'évêque de la bande ; un cousin commandant de la bande rivale se faisait baptiser Duguesclin ; et on trouvait toujours une gorge de terrain propice, toute pareille dans nos imaginations à celle de Roncevaux.

 On se déclarait la guerre et l'on s'exterminait férocement.

 A nos ceintures, on s'était arrimé une épée en bois de saule, arme avec laquelle on donnait le coup de grâce aux mourants. De ces terribles batailles, nous ressortions souvent avec d'énormes bosses au front qui nous glorifiaient ou nous déshonoraient aux yeux de l'ennemi.

 

 On l'appelait Cousin Tin, quoique la parenté, fort lointaine, prêtât à confusion. Grand-père lui-même n'avait pas souvenance d'avoir jamais rencontré son père ou sa mère.

 Le cousin était un homme dans la force de l'âge, la cinquantaine environ, très grand très large d'épaules, très brun avec de grandes moustaches à la gauloise. 

 A le voir, on l'eût cru d'une force herculéenne. Mais il était d'une paresse exemplaire. 

 Comme il n'avait jamais travaillé de sa vie, sa vitalité et sa force n'étaient qu'apparentes. "Un fort coup de vent le fout par terre", disait mon père.

 Il est vrai qu'avec une telle carrure la prise était bonne.

 Pour subsister, il avait trouvé une astuce. pendant les mois d'hiver, pour ne pas geler, il rentrait à l'hospice, ou une assiette de une soupe chaude et un peu de pain trempé le tenaient en vie jusqu'au printemps.

 Dès que mars arrivait avec ses beaux jours, il sortait un petit calepin noir où il avait soigneusement noté toute sa parenté jusqu'à la dixième génération.

 A cette liste, il ajoutait les amis de ces derniers, puis les amis des amis et ainsi de suite, ce qui faisait un long chapelet d'adresses, et autant d'assiettées de soupes gratis en perspective.

 Il débarquait chez nous un beau jour, toujours entre onze heures trente et midi.

 Dans ces conditions, il était difficile à la maîtresse de maison de refuser de mettre une assiette supplémentaire. C'était d'autant plus gênant de lui refuser la soupe qu'il arrivait toujours en apportant des tas de bonjour et l'amitié du cousin des cousins ou des amis des autres amis, chez qui il s'était fait héberger les jours précédents, et sur qui, bavard comme une agasse, il nous donnait force détails jusqu'au souper du soir.

 Après quoi, il demandait s'il y avait un peu de paille à la grange pour aller dormir.

 Puis, il ne décrochait pas.

 Problème, personne à la maison n'avait le courage pour foutre à la porte ce parasite qui savait si bien s'incruster. Personne ne trouvait le bon truc.

 Ce fut l'oncle François qui, plein d'idées neuves comme toujours, trouva l'astuce.

"Vous allez le voir déguerpir demain, sans esclandre aucun", dit-il.

 Avec lui, il fallait s'attendre à tout, le pire y compris. Cette année-là, il y avait cinq jours que nous avuins le cousin Tin sur le dos et nous en avions vraiment marre.

 Le lendemain, le cousin Tin s'installa comme chez lui, au coin de la table, se servant à rasette un grand bol de café au lait, dans lequel il faisait nager force bouts de pain.

 Après l'avoir regardé manger quelques instants, l'ocle François se leva et sortit une grande scie qu'il jeta négligemment au pied de la table, à quelques pas du cousin Tin.

 "Mangez bien pour avoir des force, dit-il d'un air innocent à ce dernier. Quand vous aurez terminé, je vous embauche pour jeter à bas un énorme châne qui nous procurera du bois pour tout l'hiver, mais il est tellement gros qu'on en a pour dix heures de travail, rien que de louber."

 Le coup porta si bien qu'on vit un bout de pain manquer le dessous de la moustache et rebondir sur la table.

 Un air de contrariété s'était installé sur le visage si serein d'ordinaire du cousin Tin. on devinait que derrière son large front plat s'élaborait un plan de sortie. Mais lequel ?

 La dernière gorgée de café au lait ingurgitée, il se leva, sortit de la pièce puis dit de sa voix assurée :

"Je crois qu'il va faire une bonne journée. Je vais en profiter pour aller saluer les amis de Naverre et leur porter de vos nouvelles. Il y a un an que je ne les pas vu, ça leur fera grand plaisir et à moi aussi."

 Nous en étions débarrassés pour un an grâce à l'oncle François qui avait trouvé le bon truc.

 Si le bon pain que nous faisions à la ferme nous donnait cinquante pour cent de nos forces, où trouvions-nous les cinquante autres ?

 Nous avions de très belles sources qui nous donnaient une eau pure, excellente, fraîche pour étancher nos soifs.

 Mais mon père disait  "que l'eau, ça ne donne pas de force ; ça désaltère, ça rafraîchit, ça fait bien pisser : d'accord, c'est connu. Mais c'est tout, ça s'arrête là et c'est déjà pas si mal. pour avoir la force, la vraie, celle qui permet à un homme de pousser à bout de bras sa faux dix heures par jour, il faut boire du vin."

 Ce qu'il nous en fallait de la force ! Et ce vin, qui a la même couleur que le sang, faisait couler cette force dans nos muscles. Mais il faut en boire très modérément, juste assez pour bien faire son travail. Mon père disait même qu'il faut toujours le couper un peu avec de l'eau pour en tempérer la force.

 Je me souviens aussi de de Gonzague, le Zague pour les familiers. Vrai poilu de 14, il venait souvent me voir puisqu'il appréciait la tiédeur de ma cabane où, entre trois pierres, je faisais ronfler un bon feu.

"Ca me rappelle 14, avant l'attaque, à l'arme blanche, du bois d'Armont, en Alsace."

 Pendant plus de deux heures, il parla et j'entendis la plus terrifiante, mais peut-être la plus belle de ses histoires de guerre. la voici telle que ma mémoire la transcrit.

 "C'était un jour un peu comme aujourd'hui. tu aurais pu couper le brouillard au couteau. Depuis la veille, on avait reçu double ration de vin au bromure et aussi double ration de gnôle. On savait ce que cela voulait dire : on nous droguait avant de nous lancer à l'attaque.

 "vers les une heure, le commandant de compagnie arriva.

"Tous au carré. ouste, les gars !"

"Ils e promena devant nous un moment, les yeux rivés au sol.

"C'était nous le savions, un homme juste et bon. dans le civil il était professeur de lettres en banlieue parisienne.

"Il s'arrêta enfin. Son regard nous scuta un par un. Il semblait nous jauger. Peut-être était-ce aussi pour mieux s'imprégner de notre souvenir, car il savait, lui, que demain, au rassemblement de l'aube, il ne reverrait plus certains visages.

 C'est cela sans doute qui l'empêchait de a parler, car sa glotte montait et descendait, rapide, derrière sa cravate. enfin il nous dit :

"Mes enfants, la France compte sur vous. il nous faut reprendre le bois d'Armont aux boches, cet après-midi même. ce sera dur, terrible même. Mais si nous l'enlevons, c'est la porte de la plaine d'Alsace que vous ouvrirez. beaucoup d'entre nous n'en reviendrons pas, je le sais. Car c'est par surprise que nous attaquerons. Vous devrez vous battre à l'arme blanche, baïonnette au canon.

 L'ordre que j'ai reçu du quartier général est celui-ci : "Enlevez la position par surprise. S'y maintenir. S'y faire tuer sur place s'il le faut, mais ne jamais reculer."

 Vous avez deux heures de quartier libre, les enfants, pour écrire à vos familles. Je serai franc. Pour beaucoup d'entre vous, ce sera la dernière lettre. Pensez-y. pesez bien vos mots. Ceux qui vous liront là-bas au pays, ne devront aas être trop tristes. Ecrivez en hommes adultes et responsables. C'est tout ce que je vous de mande. A trois heures, vous aurez double ration de gnôle. A quatre heures, c'est l'attaque des tranchées. Allez, rompez !"

 "Chacun rejoignit sa butted e terre et, crayon en main, papier posé au dos du paquetage, on rédigea. Moi j'écrivais à ma mère. mes yeux s'embuaient de larmes, et ma main tremblait à chaque mot. J'étais presque sûr que jamais je reverrais ma mère revenant des vergers, le tablier rempli de poires à cuire.

 Jamais plus, peut-être, je m'assiérais sur l'épaisse planche de chêne qui, devant la maison, face au soleil du midi, réunissait en hiver la famille au complet.

 Jamais plus peut-être je ne plongerai mes lèvres dans le tronc d'arbre évidé qui, accotée au mur de la bergerie, recueillait l'eau de notre source.

 Jamais plus sans doute, je n'irais me promener ni n'entendrais les sonnailles du troupeau de mon père castagner sur les crêtes du Montdenier.

 Les plus vieux d'entre nous n'avaient que vingt-quatre ans. A vrai dire, nous n'étions que des gosses et on nous demandait d'égorger et d'embrocher le boche comme une bête sauvage.

 Ma lettre se remplit mais uniquement de mensonges. je disais à ma mère que j'allais bientôt partir en permission, qu'il me tardait de l'embrasser. Je lui demandais aussi de me faire plein de bocaux de confiture de coings mélangés de pastèques, que j'adorais. Enfin, pour la rassurer tout à fait, je lui dis que le capitaine m'avait promis la planque, bien à l'abris à l'arrière des lignes. je cahetai ma lettre. heureusement que la grosse larme tomba à côté.

 Je retrouvais ensuite nombre de copains qui, sans doute, avaient pondu autant de mensonges que moi pour rassurer les leurs. La gnôle promise arriva. La distribution fut généreuse : nous en bûmes un plein quart.

"Le capitaine s'avança, blême. s'adressant à tous, il dit, des larmes dans la voix :

"C'est à la boucherie que je vous envoie. Nous y allons tous ce soir. Ce n'est pas de gaieté de coeur que je vous lance à l'attaque mes petits. si on en revient, tous on se souviendra de ce 25 septembre 1915. soyez courageux les gars, mais soyez humains. Abrégez d'un coup de pistolet entre les deux yeux l'ennemi touché à mort. Ce sont nos ennemis certes, mais comme nous, ce sont des hommes qui ont mère, femme et enfants. Chacun doit faire son devoir. La France nous regarde. mettez baïonnette au canon et, à mon commandement poing levé, vous bondirez en silence derrière moi."

 En quelques bonds nous fondîmes sur les tranchées allemandes. les boches, confiants en ces heures creuses de l'après-midi, dormaient sur leurs capotes, ou mangeaient leur lard, ou encore jouaient aux cartes. Leur surprise fut totale.

 Devant moi je vis un Allemand déguerpir à toutes jambes vers le bois voisin. C'était une estafette. Il allait sûrement alerter l'artillerie ou chercher du renfort.

"Je bondis après lui, fonçant, baïonnette baissée. Nous courûmes ainsi plusieurs centaines de mètres. Tous les camarades étaient restés loin à l'arrière ou l'on s'entretuait avec une rage sauvage. On entendait des terribles cris d'agonie.

 "L'Allemand entra dans le bois, moi toujours à ses troupes. Encore quelques bonds et je l'aurai rejoint. j'allais bientôt le transpercer. mais brusquement, il stoppa, me fit face et, dans le temps d'un éclair, il mit lui aussi baïonnette au canon.

 Je vis alors ses yeux, de grands yeux bleus remplis de peur, et de confiance aussi. Il pouvait avoir dix ans de plus que moi.

"camarade, moi pas te faire kaput", me cria-t-il.

"Interloqué, à trois mètres de lui, je m'étais arrêté. Je savais que c'était le premier qui aurait le courage de planter sa baïonnette dans les tripes de l'autre qui aurait raison et qui serait vainqueur. Mais vainqueur de quoi ?

 En un instant, moi aussi, je réalisais que même vainqueur, si je le tuais, jamais plus je ne pourrais oublier ses yeux bleus que ma baïonnette allait fermer à la vie pour toujours.

 Quelque chose tourna vite, très vite dans ma tête. ma main gauche lâcha la crosse, plongea dans ma poche, y saisit une photo, celle de ma mère. Je la brandis face au Boche. celui-ci laissa choir à terre son fusil et sa main fouilla aussi sous sa chemise. Il en tira un médaillon, l'ouvrit et nous nous présentâmes nos deux photos. la distance nous empêchait de bien les voir. La voix du boche répéta encore :

"Moi, pas kaput toi."

"Comme un écho, la mienne répondit :

"Moi pas kaput toi aussi."

D'une main tremblante, j'avançai vers lui la photo de ma mère. Il la prit me tendant son médaillon. Nous tombâmes à genoux l'un contre l'autre. Une jolie femme blonde, aux yeux bleus de trente ans peut-être ornait le médaillon.

Alors pendant un long moment, lui comme moi, regardant les photos, on oublia la guerre. On avait aussi oublié de s'égorger. a quelques centaines de mètres en arrière, on entendait toujours une fusillade nourrie. les Allemands s'étaient ressaisis et toujours ripostaient au fusil-mitrailleur et à la grenade. Ce devait être un carnage épouvantable.

"je ne sais pas ce qui m'a sauvé, si c'est la photo de ma mère ou si c'est le canon, car notre artillerie entrait elle-aussi en action. Un obus s'enfonça à trois mètres devant nos pieds, y ouvrant un large cratère. l'Allemand s'allongea face contre terre ; je fis de même. Des dizaines d'obus nous environnèrent alors et ce fut un déluge de fer et de feu. on était presque enseveli et ma main, comme par hasard, rencontra la main du Boche. Je sentis qu'il la serrait. Côte à côte, nous restâmes couchés des heures, qui nous parurent des siècles dans cet enfer.

"Enfin la nuit arriva. Les canons français avaient rectifié leur tir, et c'était devant nous que, maintenant, ils balayaient le terrain tombant en plein dans les tranchées boches. Le tir dura jusqu'à l'aube.

"Les canons français s'arrêtèrent de tirer l'un après l'autre.

 Là, las, le boche se leva le premier. Dans sa main, il me montra, confus, la photo toute cassée de ma mère et sembla s'excuser. sa frayeur comme la mienne avait été grande. Je lui tendis son médaillon, puis nous nous regardâmes un instant en silence dans les yeux, éberlués tous les deux d'être encore en vie.

 "Un soleil blafard pointa dans le lointain horizon des crêtes. Avec reconnaissance, nous le regardâmes, car, sans doute ensemble, nous pensions à nos camarades qui, eux, ne reverraient jamais ce spectacle. combien en restait-il de vivants ?

"Mon boche, avec force gestes et baragouins, me faisait comprendre qu'il en avait marre de cette putain de guerre. Je le vis dénouer un de ses lacets de soulier, me le tendre, puis croiser ses poignets l'un sur l'autre. D'un mouvement sec, il pointa son menton en direction des lignes françaises comme une invite à l'y conduire. Je compris qu'il voulait que je le fasse prisonnier.

 Je lui ficelai alors légèrement les deux poignets avec le lacet. Je ramassai son fusil, le mien et je aprtis devant. Il m'enboîta le pas.

Les tranchées allemandes étaient jonchées de cadavres, tant Français qu'Allemands, souvent entremêlés, certains épinglés au sol par une baïonnette.

"Je reconnus mon capitaine. Un éclat d'obus français lui avait troué le front.

 Le boche dodelinait de la tête, montrant pour cette affreuse guerre toute sa réprobation.

 Ensuite mon boche fut emmené pour être interrogé.

 "Avant de suivre le colonel, il s'avança et me tendit la main. Je la lui serrai avec force, moi-aussi, car mutuellement nous nous étions sauvé la vie.

 "J'ai toujours regretté de ne pas lui avoir demandé son adresse. ce devait être un homme bien.

 Je crois bien que si je suis un pacifiste, je le dois aux terrifiants récits du vieux berger Gonzague.

 

 Caléri, le légionnaire, parlait surtout des femmes. peu ou prou, à toutes, d'après lui, il avait goûté.

 Il prétendait que la jouissance d'une Anglaise n'a rien à voir avec  celle d 'une Tonkinoise ; que les femmes indiennes, ça vous fait hurler de plaisir ; que l'Allemande, c'est, c'est fade comme un bout de lard ; et qu'enfin, avec les négresses il ne faut jamais aller, car, à chaque coup de queue, elles vous collent une chaude-pisse.

 "Seules les Françaises sont polyvalentes", concluait-il. 

 Que voulait-il dire ? Il n'avait guère le sens des mots. mais ses récits frappaient mon esprit de grand gosse déjà travaillé par la puberté.

 

 Un dimanche sur deux, on nous donnait un quartier libre et je descendais alors au village retrouver quelques copains de mon âge. Enfourchant de vieux vélos, on se rendait tous ensemble aux fêtes des villages voisins où des bals champêtres gratuits étaient organisés sous les platane des places publiques.

 Nous regardions nos aînés de dix ans qui prenaient à bras-le-corps de belles filles et les entrainaient dans les tourbillons tumultueux de la valse ou dans les lents et nostalgiques tangos.

 Ils martelaient ensemble de saccadées javas.

 Les voyant faire, l'envie nous prenait de les imiter. mais hélas ! dans notre bande aucun ne savait danser. Chaque dimanche, avant d'enfourcher le vélo, on promettait toujours aux copains de leur en boucher un coin et de se lancer enfin dans une java pour se "faire la main".

 mais arrivés au bal, une fois de plus on se retrouvait comme bloqués et pris de complexe devant la virtuosité des aînés : le mal danser rend ridicule aux yeux des spectateurs, du moins on se l'imaginait.

 On se contentait alors de bien regarder les autres et il nous semblait paradoxal que, dans cette sarabande de pieds quis e croisent et s'entrecroisent, on ne s'emmêle pas avec ceux de la cavalière.

 Ca nous fascinait ces pieds qui virevoltaient en tous sens et qui jamais ne venaient s'écraser les uns sur les autres.

 A la fermeture du bal, on se trouvait bien un peu minable de ne pas avoir eu l'audace de se lancer une bonne fois.

 "ce coup-ci, j'ai bien vu comment il place les pieds, mon frère Jacques, pour faire la java, dit l'un de nous. Au bal de dimanche, je m'en pique une."

 La fête de notre village approchait. Pour éviter de passer pour un pas trop dégourdi, pour ne pas dire un couillon vis à vis de ceux du village qui dirait encore : "Mias un grandet comme toi, pourquoi tu danses pas ,", je résolus d'essayer et de me jeter à l'eau.

 Pour nous donner du courage, nous décidâmes de nous envoyer deux cognacs.

Légèrement grisés apr l'alcool, on revint vers le bal par la grande rue en mimant avec une cavalière imaginaire les pas d'une java...

 C'est sans doute ce qui nous regonfla à fond.

 Nous arrivions à pic : justement l'orchestre entamait une java, qui est la danse par excellence des débutants. Plus brave que moi, le copain, franchissant les cordes, aborda une cavalière et carrément se lança. il sautilla trois pas, raide comme un piquet puis passa à l'attaque... 

 

 Savez-vous que pour nous, les bergers, le printemps est comme un vrai miracle ? Dès février, on l'attend, on en guette le moindre signe et ça vous chauffe le coeur : c'est d'abord les touffes d'herbe, puis c'est la visite des abeilles.

 Un autre signe encore, c'est la première bergeronnette qui vient sautiller entre les pattes des moutons.

 Enfin, un beau matin, c'est le cri du coucou qui ricoche sur les collines et la jeune feuille verte des chênes. Et puis, et puis, on ne ne sait comment, en vingt-quatre heures, c'est partout le roux de la terre qui disparaît, envahi par des milliers de pousses d'herbe verte.

- Affaire conclue", lui répondit le Costel.

 Il sortit de la cabine, le visage rayonnant, suivi du Firmin qui n'avait pas perdu un mot de la discussion.

"Il me le prend à trois mille, claironna-t-il dans le café. Adeline, tu sers le pastis gratuit à tout le monde. C'est moi qui l'offre."

 Le bar était plein. Ca vida un nombre considérable de bouteilles, sans en affecter le patron qui, au contraire, exultait. 

 La partie de belote du Tistet avait comme par hasard pris fin. Comme les autres, ils burent ravis la tournée offerte par le patron.

 

 Certains jours d'été, au Clos du Roi, on peut passer d'une chaleur brûlante au froid de la brume la plus épaisse. Par temps clair, la sensation de dominer la plaine et la vie tout entière y est intense.

 Si tu montes jusqu'ici lecteur. peut-être toi aussi, pendant quelques instants, y deviendras-tu un roi.

 

A lire : Les souvenirs de Marcel Scipion (1) ; Les souvenirs de Marcel Scipion (2) ; Les souvenirs de Marcel Scipion (3)

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...
12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 16:43

f5ejuplr"Il est mort le fournil. Extraits d'un roman historique :

 

 Grand'mère, je sais que dans ta jeunesse tu avais une belle voix et un sens inné de la musique ; le dimanche, à la messe, tu dirigeais les choeurs de femme.

 Tu fus toujours pitoyable aux misères d'autrui et jamais ne laissa sans secours les détresses qu'on te signalait, payant de ta personne et du peu d'argent dont tu disposais.

 Brave, mamm-goz, va, qui, près de la mort dont tu avais peur, souriais, pour te rassurer, au souvenir de tout ce que tu avais fait pour les malheureux.

- Je ne leur ai jamais donné un morceau de pain sec, disais-tu, c'eût été les offenser.

 Et c'était vrai ! tu y y avais toujours ajouté un morceau de lard ou de poisson ; pas de beurre, c'était trop cher !

 Tu nous quittas à quatre-vingt-deux ans, doucement, discrètement ; nombreux furent ceux qui se souvinrent de ta bonté et de l'aide que tu leur avais apportée, car beaucoup de messes de reconnaissance furent dites en ton honneur, longtemps après ta mort.

 

 Ah ! chez grand'mère ! C'était une vie et un monde à part où tout était à sa place depuis le commencement du temps. Là était ma demeure, mon paradis ; là seulement j'ai savouré le goût du bonheur.

 J'arrivais sur la pointe des pieds, mais tu m'entendais : "Entre, ma petite fille" me disais-tu gentiment. Tu me recevais avec une joie réelle, sincère, comme honorée de ma visite : tu me donnais de l'importance ! Qu'est-ce qui flattes davantage un enfant que de sentir qu'il "compte" ? 

 Je m'intsallais près de toi et, dès cet instant, nous étions l'une à l'autre.

 Nos premières relations furent muettes : notre amour, qui se cherchait n'avait que faire des paroles, n'est-ce pas grand' mère ?

 Je posais ma tête contre ta poitrine et tu me serrais dans tes bras, tout doucement, comme un objet fragile et précieux.

 je ne dormais pas, je faisais semblant. Je laissais tout simplement s'écouler ma vie. Onde vibrante chargée de tendresse, ta chaleur, ô ma grand'mère bénie, me dilatait le corps et l'âme et j'étais au ciel.

 Avec toi pour guide, grand'mère, je me ferais obéissante, soumise et bonne, abandonnée à ta volonté ; j'essayerais d'oublier ma révolte et ma haine de ce pays.

 

 J'avais deux amies, Yéyette avec ses longs cheveux blonds et dédée, qui portait de si belles robes.

 Nos bonnes nous emmenaient jouer au square, nous faisions des parties de ballon et des courses de cerceaux ; le mien avait une sonnette. Papa venait me voir et jouait avec moi. Il ne voulait que je pleure. Il m'aimait bien, papa !

 Parfois, grand'mère venait nous voir. Elle passait des heures à me parler.

 Je l'écoute, attentive ; la conversation me captive, car grand'mère a une manière à elle de donner de la vie aux choses les plus simples et d'y ajouter en même temps la joie de son coeur.

 D'autre aprt, je me laisse prendre au charme des coutumes d'autrefois et je sens que s'il en reste encore quelques-unes, elles disparaîtront aussi, peu à peu. Il faut donc les observer pour les garder dans sa mémoire. 

 Quelle vie intense, autour de moi...

"Ecoute et regarde mieux, m'avait dit grand'mère... La vie change et dans quelques années tout ce que tu vois à présent aura disparu comme un théâtre qui ferme ses portes parce que la pièce n'est plus à la mode."

 J'allais désormais suivre "la pièce" avec un regard nouveau.

 Je n'ignorais pas que jamais plus ce ne serait "comme avant", mais j'étais jeune et un jour vint où j'éprouvai le besoin d'entrouvir mes ailes repliées. En route pour la vie !

 Mais la vie est comme le ciel de notre pays, rarement bleu, le plus souvent gris.

 Et il suffisait d'un air entendu que chantait papa, d'un onjet qui lui avait appartenu et que je retrouvais au fond d'un tiroir, ou d'une expression remarquée dans le regard de mon grand-père pour qu'à nouveau ce fût la descente dans le trou noir.

 j'en perdais le sommeil et l'appétit et personne, à ces moments-là, ne pouvait rien pour moi. j'en arrivais à envier ma petite soeur, heureuse et gaie parce qu'elle n'avait pas connu notre papa.

 

 L'hiver dans lequel on entrait devait m'apporter les paroles qui bercent et consolent la peine des enfants, en dirigeant leur attention sur les sujets qui les captive, en les libérant de leur obsession.

 maman avait organisé de vraies veillées. Chacune avait sa place attitrée et son siège. Rien ne manquait dans l'âtre pour préparer toutes sortes de bonnes choses ; un trépied, une pincette, un gril, une petite pelle à long manche pour retirer la braise ou la cendre brûlante et, accroché à un montant, l'indispensable soufflet.

 Je me souviens du pichet de cidre doux, des marrons croustillants et de la prière du soir en commun...

 Ainsi s'acheminait-on petit à petit vers les fêtes de fin d'année, Noël d'abord. la naissance d'un enfant - dieu, les anges, les étoiles, les mages, la paille de la crèche avec l'âne et le boeuf - pour nous les petits, c'était un cinte merveilleux qui se terminait par des cadeaux descendus on ne sait comment dans nos sabots de bois bien cirés, rangés autour de la cheminée : aucun miracle ne semble impossible à l'imagination d'un enfant !

 Nous allions à la messe de minuit, bien protégées du froid par nos capuchons de tissu des Pyrénées, nos sabots tiédis devant l'âtre pour conserver longtemps la chaleur de nos chaussons fourrés.

 Maman ne nous accompagnait pas à la messe de Minuit, elle irait à celled e l'aurore. Elle gardait chaude la maison, préparait notre retour et disposait le décor de la cheminée du réveil.

 les trois messes basses nous semblaient interminables ; sans doute faut-il passer de tels moments au Purgatoire pour mieux mériter le Paradis ! Celui qui nous attendait nous les faisait vite oublier. Nous trouvions une table dressée avec les bols de porcelaine, un pot de chocolat fumant, si parfumé !, et des assiétées de craquelins de Lnavollon pleins de beurre à ras bord. Ah ! mes amis, quel réveillon !...

- Ah présent, allez mettre vos sabots devant la cheminée et couchez-vous bien vite, les enfants.

 Nous ne demandons pas mieux ! Nous nous endormions le coeur plein de bonheur... et d'espérance.

 Dès que maman était revenue de sa messe du matin, elle montait nous réveiller en claquant les mains :

 

L'enfant Jésus est descendu

Il est venu l'Enfant Jésus

 

 Nous étions vite debout pour découvrir les merveilles tombées du ciel de si étrange manière.

 Pour ma soeur, toujours des poupées et des livres d'images.

 

 Le premier jour de l'an était une corvée. Il fallait se lever tôt pour être les premiers à s'offrir les voeux en famille, entre voisins ou amis. deux grandes cafetières débordant de café frais attendaient les visiteurs durant toute la matinée. Que de souhaits, d'accolades et d'embrassades.

 

"Bonne année, bonne santé, lonhue vie et le bonheur à la fin."

 

 Le soir nous dînions chez nos grands-parents, c'était l'habitude. Avec les crêpes minces, croustillantes, doéres et saupoudrées de sucre... 

 Le menu ? Un délicieux bouillon puis un poulet aux pruneaux, véritable confit, carottes moelleuses, petits oignons fondants, fruits gonflés d'un jus exquis, viande dorée et tendre. quel régal !

 Puis le gâteau des rois... A qui la fève ? celui-là était à l'amende d'une chanson - mais on persuadait grand-père que lui seul possédait une assez belle voix pour charmer la compagnie. C'était le prendre apr son point faible. il se levait sans se faire prier, posait la main sur l'épaule de sa femme dans un geste de tendresse et entonnait une ritournelle ou un grand air appris je ne sais où.

 Le lendemain, j'étais heureuse de me réveiller. l'école allait reprendre et les veillées aussi.

 

 Mon livre s'achève... J'y ai mis mes souvenirs d'enfance, douloureux ou pittoresques, mais tels qu'ils sont, ils constituent le fondement même de ma vie et ils m'ont faite ce que je suis.

 Ils sont restés intacts.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...
12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 01:48
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Published by Régis IGLESIAS - dans Mamie fait son cinéma
11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 18:38

e1cbca7b"Les boutiques d'autrefois, un livre de Claude Weill et François Bertin.

 

 Quand j'étais petit, j'aimais bien faire les courses, soit seul, soit avec maman, le jeudi après-midi, jour de congé pour l'école.

 Je me souviens du bec de cane en ébonite noire et le carillon qui signalait notre arrivée..., les sacs de jute entrouverts d'où l'épicier sortait avec sa pelle en cuivre le café vert, le riz, les poivres, les lentilles, les pois cassés..., la balance aux plateaux de cuivre et les poids de fonte...,

... l'imposante caisse enregistreuse..., chez le marchand de couleurs, les objets suspendus au plafond, y compris l'horrible martinet, les bocaux de verre devant les confiseries..., l'odeur du cambouis de garage..., les innombrables tiroirs aux poignets dorés chez la mercière..., les beaux yeux et la taille fine de la boulangère..., le pot à lait que le crémier remplissait à la louche..., les couleurs tendres de la guimauve, les roudoudous, les boîtes de coco...,

... l'odeur d'encre et de papier chez le libraire..., le choix du chapeau avec voilette chez la modiste après quinze essais devant le miroir..., les choux à la crème, les religieuses, les mille-feuilles, les saint-honoré, les babas au rhum du dimanche chez le pâtissier..., les pochettes surprises dans un très grand cornet dans lesquelles, déçus, on ne trouvait qu'un tout petit cadeau, chez le boulanger...,

... la sciure de bois sur le carrelage des boucheries et des restaurants..., les rutilantes bicyclettes neuves accrochées au plafond du marchand de vélo qui nous faisaient rêver..., les bocaux remplis d'eau colorée du pharmacien et les pots de porcelaine avec une inscription mystérieuse en latin..., la friction à l'eau de Cologne et la brillantine chez le coiffeur...

 

 Les dimanche matin, j'aime bien aller avec Papa au "Café des amis". Derrière le comptoir, le percolateur à café siffle, crache et souffle sa vapeur. Papa prend une fine à l'eau, moi je prends un Vérigoud orange que je sirote lentement, les jambes pendantes en regardant tout ce petit monde qui s'agite. J'aime bien les bistrots.

"Garçon, une fine à l'eau !"

"Un bock, un alexandra, une fine à l'eau, un Mandarin, deux Picon-bière, un blanc limé !"

"Un petit café, c'est dix centimes. Le double pour le même arrosé."

 

 La suite prochainement.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Les souvenirs de ...
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 17:49

6e6c17f2"Il suffira d'un signe...

 

 La scène se passe dans le film Cuisine et dépendances... Là, las, Zabou Breitman déboule en furie dans la cuisine et dit à la soeur de l'ami de son mari (Agnès Jaoui dans son meilleur rôle), je cite :

 "On a toujours des problèmes avec lui, normal, c'est un Scorpion, moi j'ai horreur des Scorpion, c'est le pire signe du zodiaque le Scorpion, de quel signe es-tu toi ?

- Scorpion.

- C'est pas vrai (petite voix), mais attention, quel ascendant ?

- Ascendant Scorpion, je crois.

- Mais ça s'annule ! Scorpion ascendant Scorpion, ça s'annule !"

 

 Je crois que c'est ce jour-là, à ce moment très précis et devant cette scène que l'astrologie est rentrée dans la vie de Mamie.

 Cette analyse signe par signe du zodiaque sort de la plume éclairée de Gérard Miller. Un Gérard Miller inspiré d'ailleurs qui livre comme vous pouvez le lire un tableau brillant et sans complaisance de l'astrologie.

 Il met le doigt la où ça fait mal. Et met ainsi en exergue qu'il y a à boire et à manger dans la soupe que nous sert les astrologues.

 Après tout, c'est quand même le même jour qu'il vous faut fêter l'anniversaire de  Raymond barre et de Landru, celui de Bayrou et du maréchal Tito, celui de Ségolène Royal et d'Yvette Horner, ou celui de François Mitterrand et de Michel Galabru. En tirer des conclusions hâtives paraît dés lors présomptueux.

 On peut même en rajouter une couche : savez-vous que la philosophie s'honore qu'Eric Charden soit né le même jour que Nietzsche ? La poésie non plus n'est pas en reste puisque Verlaine et Céline Dion, Bob Dylan et Eric Cantona... he oui, même jour de naissance, même destin.

 De même, Philippe Seguin est né un 24 avril, comme le maréchal Pétain. Jacques Dutronc quatre jours plus tard comme Saddam Hussein. Que Brad Pitt est le jumeau de Raimu, Napoléon celui de Sylvie Vartan. Et que le ciel a peut-être plus d'humour que ceux qui se laissent abuser par les coïncidences du calendrier et le délire interprétatif de l'astrologie.

 Alors faut-il jeter l'astrologie à la poubelle ? Aux orties ? A la casse ? Aux oubliettes ?

Oui mais non.

 

 "Nous ne naissons pas par hasard, mais à un moment précis où l'ordre cosmique correspond au visage de notre âme."

- Citation de Mamie -

 

 C'est de notre devoir d'élever un temps soit peu le débat et de l'appliquer à la communauté de ce blog. Parce que force est de constater qu'il y a des profils,  des traits de caractère, des ressemblances qui... ne sauraient être fortuites !

 Manuel Ferreira par exemple, pour ne citer que lui, est un vrai Gémeaux (Troisième période du printemps, moment de la conquête aérienne de la végétation par le branchage et le feuillage, mais aussi par le va et vient incessant des abeilles qui butinent. A cette période aérienne d'échange correspond le signe du Gémeaux marqué par le mouvement, l'adaptabilité, la communication mais aussi la superficialité, le batifolage). 

 

 Antoine Lombard est un Poissons (Dernier signe du zodiaque, nous observons dans la nature cet état transitoire, imprécis, informe, entre l'hiver qui s'achève et le printemps qui s'annonce. A l'image de la nature et de cet animal, les natifs des Poissons sont insaisissables) comme on en fait peu.

 Ou plus.

 

 Robert Fuenza-Lorca est un gentil Scorpion (Ce deuxième signe de l'automne marque la mort de la végétation : l'herbe s'arrête de pousser, les feuilles tombent et pourrissent. Les natifs de ce signe sont puissamment marqués par cette force de tranformation, de mort et de renaissance, qui peut les rendre angoissés ou destructeurs s'ils ne aprviennent pas à réaliser leur alchimie  intérieure qui les pousse à surmonter leurs puissants instincts et à accéder à une lumière supérieure, un secret caché).

 

 En revanche, Dario Secoïa n'a rien du Capricorne (Aux alentours du 21 décembre arrive le solstice d'hiver. A l'image de la nature qui est entièrement dépouillée, concentrée, silencieuse, sévère, les natifs du Capricorne sont concentrés, sérieux, , austères, parfois tristes et solitaires) mais absolument rien du tout ! Ou si peu. Alors que Clément Letellier l'est carrément.


 Et Primatice dans tout ça ?

On sait pas.

 Toursalino est un vrai Lion (Le 23 juillet vient le signe du Lion qui symbolise qui symbolise dans la nature le triomphe de la végétation, la plénitude du fruit, , la puissance du soleil et des fortes chaleurs. Ceux qui naissent à cette période sont des êtres puissants qui ont besoin de rayonner ou d'exprimer leur domination ou leur créativité, mais ils peuvent aussi pêcher par orgueil ou vanité).

 Pour s'en convaincre, il suffit de le voir avec un micro et il n'y a plus de place au doute.

 

 Jean-Daniel ? Un Sagittaire jusqu'au bout des ongles (Puis vint le signe du Sagittaire, le 22 novembre. Tout semble mort dans la nature. Mais à l'image du Centaure qui décoche une flèche vers le ciel, le Sagittaire est entièrement tourné vers la renaissance, il sait que la végétation repartira et que cette mort n'est qu'apparente. 

  Les enfants du Sagittaire sont donc tournés vers un idéal élevé, ils sont optimistes, attirés par le lointain, les grands voyages du corps et de l'âme. Epris de liberté, ils peuvent assi être des rebelles qui ne supportent aucun lien de dépendance).

 De même, on ne peut pas faire plus Verseau que Pascaline, ce n'est pas possible.

 Le signe Verseau, le 20 janvier, symbolise dans la nature l'assimilation de la graine nouvellement semée qui s'intègre  à la terre. Comme l'esprit féconde la matière. Le Verseau n'est pas un animal mais un ange, figure de l'intelligence, de la victoire de l'esprit sur l'opacité de la amtière.

 Le natif du Verseau est un intellectuel capable de détachement des choses sensibles, un libre-penseur qui n'agit que selon sa conscience, un éveilleur qui entend faire germer dans les entrailles de la terre des idées nouvelles susceptibles de la transformer.

 

On ne peut pas rêver plus Bélier que Jérôme.

 Ainsi le zodiaque commence avec l'équinoxe du printemps, le 21 mars. Le premier signe, celui du bélier, exprime donc ce jaillissement de la force qui anime la nature au début du printemps. les hommes qui naissent pendant cette période sont dès lors marqués par un tempérament entreprenant, énergique, fonceur, parfois béliqueux.

 De même Gérard Pelletier est un vrai Taureau. Mamie est formelle.

Puis le 21 avril vient le Taureau. C'est cette seconde épriode du printemps qui se caractérise par l'abondance des formes, la montées des essences végétales, l'apparition des gras pâturages. A l'image de la nature, on retrouve chez les natifs du Taureau stabilité, puissance, épanouissement sensuel mais aussi entêtement ou rancune. Ce sont des ruminants !

 

Brice Poulpin est Vierge, c'est un fait. Une évidence qu'on ne peut nier.

On écoute Mamie religieusement : "Puis le soleil entre dans le signe de la vierge. C'est la période des moissons, c'est à dire l'aboutissement d'un long processus ou le grain semé en hiver donne l'épi mûr. L'épi va être coupé, les grains vont se détacher. Tout dans la nature se différenci, se sélectionne, se réduit.  

 Les natifs de la Vierge sont marqués par l'esprit qui calcule, sépare, ordonne. Ils n'ont pas une grande énergie vitale, mais une forte capacité de travail, de rigueur, d'analyse."

 

 Là, las, on doit parler  de Lara Delmas qui est - évidemment Balance.

Magnéto Mamie : "Le 23 septembre arrive l'équinoxe d'automne symbolisé par la Balance. C'est l'équilibre aprfait de la longueur des jours et des nuits. C'est l'équilibre entre la chaleur de l'été et la rudesse de l'hiver.

 C'est une période de douceur, d'harmonie.  Ainsi les natifs de la Balnce sontils constamment en recherche de paix, d'équilibre, de justice. Mais ils peuvent être aussi de eprpétuels indécis. Ils sont aussi modérés et conciliants que les natifs du Bélier, signe de l'équinoxe opposé sont entiers et provocants."

 

Eric Delmas et Ricardo Letellier sont Cancer, on s'en serait douté.

Mamie est alors sans concession et appuie là ou ça fait mal : "Le 22 juin le soleil est au plus haut dans le ciel et tous les jours sont à leur apogée : c'est le solstice d'été (blague de l'auteur : "Solstice dans les près, fleurrissent, fleurrissent..." Nul !). La régression des jours qui s'ensuit jusqu'au prochain solstice d'hiver est fort bien caractérisée par le crabe, un des euls animaux à amrcher en arrière !

 Les natifs du Cancer ont donc  l'esprit tourné vers leur enfance et les choses du passé. C'est au cours de cette première période de l'été que se forment les graines : toute la nature est en gestation. C'est donc un signe de fécondité., de maternité .  Les natifs sont atttachés au foyer, à la famille, aux valeurs traditionnelles.

 Ce sont aussi des créatifs à l'imagination forte.

 

"L'ascendant est le cheval qui te mène à ton signe."

- Affirmation de Mamie -

 

 Mais revenons au fil invisible ou astrologique (au choix) qui unit Pascale à Jérôme et qui est un vrai cas d'école. Ces deux-là sont ensemble depuis belle lurette, ça marche du tonnerre et figurez-vous que selon la classification des astrologues leurs signes sont affinitaires.


Est-ce un signe ?

 De même, ça me fait penser que Françoise file le parfait amour avec Jérôme (un autre) qui est... Capricorne. Son signe affinaire !

 Un autre signe ? 

 Il semblerait donc établi (toujours selon selon nos statistiques) que les signes affinitaires se marient, ce qui voudrait dire un peu implicitement que les signes opposés deviennent amants et que les signes inverses sont les parfaits ennemis.

 Ça tient la route.

 Si on fait un tour de table, Pascale coucherait donc en cachette avec Dario. Et Toursalino serait donc son pire ennemi.

 Ça colle.

 Berthie prendrait alors Eric comme amant tout en deversant sa colère sur Pierrot.

 Rien d'étonnant la dedans.

 En revanche, je ne vois pas Poulpi avec Pascaline sous la couette en train de faire des trucs. Mais bon. Pourquoi pas, après tout. On en a vu d'autres.

Et puis, il y a des signes qui ne trompent pas !

 Parce qu'on a beau dire, on a beau faire, il y a peut-être à creuser de ce côté-là. Connaissez-vous un Capricorne qui file le parfait amour avec un Poissons ?

 Mieux : Un Bélier avec un Verseau ? Deux Scorpion entre eux ? Au départ, ce n'est quand même pas gagné sur le papier. Mais après-tout peut-être qu'avec les ascendants, les signes qui s'annulent et tutti quanti...

 Qui sait ?



 Et les enfants dans tout ça ? Vous y avez pensé vous ? Imaginez une seconde une Vierge, pire : une Cancer qui accouche d'un petit Bélier... Elle va rien comprendre la pauvre.

 Mieux que ça, une petit Lion dans les pattes d'une mère Taureau. Ça laisse songeur n'est-ce pas ? J'ai un exemple sous la main, le petit lionceau vient de naître, je vous donne le résultat dans 20 ans mais d'après moi il aura fugué bien avant...

 Et au boulot ? est-il possible qu'une Balance puisse travailler avec un Cancer ? Imaginons - soyons fou - une société avec 80% de Bélier... Assurer la pérennité de la société s'annonce un peu compliqué quand même. Je me souviens d'une société américaine qui recrutait par signe astrologique, les Bélier au service commercial, les Vierge à la comptabilité et j'en passe et des meilleures.

 Mais revenons aux enfants, d'un coup d'un seul, je me pose la question : pourquoi ne pas jouer la dessus ? Partant du principe que le meilleur signe est le Sagittaire, dès lors, il ne faudrait faire des enfants qu'au mois janvier.

Après les fêtes.

 Si ça ne marche pas, tant pis, on re-essayera l'année prochaine. Ou l'année d'après. Un mois à fond les ballons, si je peux me permettre l'expression.

 Mais il y a une autre école, les petits futés peuvent se dire un truc du style : "Chérie, avec l'atavisme, le petit devrait avoir mon côté Bélier, il sera fonceur c'est évident. Mais il sera peut-être un peu dépressif aussi, vu que tu es Vierge, il nous faudrait donc une Balance pour équilibrer. On attaque donc les hostilités en décembre donc, une opération jambes ouvertes comme dit - très justement - Delmer."

Un  raisonnement qui me paraît censé.

 Mais là aussi, c'est sans compter sur le sexe du loulou. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a des signes féminins et des signes masculins. Scorpion par exemple, pour ne citer que lui, est un signe très masculin. Balance un signe très féminin. Alors que faire ?

 Le choix du prénom peut être.

 Peut-on appeler un Capricorne Ange ? Ou une Vierge Marie ? Cela me paraît peu approprié quand même.

Quoique. 

 Il est temps de re-cadrer avant que ça parte en vrille. Comme l'immense Gérard Miller le dit lui-même (je suis devenu fan), même si l'astrologie est la plus belle femme du monde, ce qui est loin d'être le cas, elle ne pourrait donner que ce qu'elle a.

 Et encore.

 C'est l'étrange Chamfort qui remarquait d'ailleurs avec à-propos que la plus belle femme du monde ne donne que ce qu'on croit recevoir, puisque c'est toujours l'imagination qui fait le prix de ce qu'on reçoit.

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Published by Régis IGLESIAS - dans Astrologie
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 16:05

cartes-postales-AIX-EN-PROVENCE.jpg"Aix.

 

 Fondée en 122 avant J.C par la garnison romaine de Gaius Sexitus Calvinus, Aix-en-Provence est une bourgade située à cinq heures de Carmaux (en roulant bien).

 C'est ici - à cet endroit très précis -, que nous avons - le temps d'une représentation sur les vacances de 36 - fait la connaissance de Jean de Laroche Brizon Saint Macquart.

 Qui est Jean de Laroche Saint Macquart ?

 Jean de Laroche Saint Macquart est rentier.

 Rentier et poète.

 Sa famille - issue d'un monde qui n'a jamais souffert - est l'une des plus riches de l'Ancien Régime et il possède dans son vestibule deux portraits en pied représentant ses ancêtres, Saturnin de Laroche Brison Saint Macquart et Aurélien  Enguerand de Laroche Brizon Saint Macquard.

 Tous deux furent militaires et commandaient leur propre régiment lors de  batailles royales, ce qui est la moindre des choses lorsqu'on sait que la devise de la famille, figurant sur le linteau de leur château est : "Une parole, un Dieu, un Roi", agrémentée de l'inscription "et deux couilles" qu'un touriste - sans doute roturier - s'est cru tenu d'ajouter.

 Quoi qu'il en soit, Saturnin, chargeant à la tête de ses troupes lors d'une bataille sur les bords du Cérou contre les impérieux espagnols, eut la tête emportée par la mitraille tirée d'un fortin, et Aurélien Enguerand reçut à Rocroi un coup de pertuisane qui le laissa intégralement gaga. Il se prit pour une poule jusqu'à la fin de ses jours qui survint en 1687.


 Mais revenons à nos moutons, Jean de Laroche Brizon Saint Macquart - Jeannot ! - ne se passionna guère pour cette généalogie, le château et les terres environnantes ont été vendus depuis belle lurette et du coup, il achève de dépenser les dernières cartouches de la famille.

 Cela ne tient d'ailleurs à peu de chose car il ne mène pas grand train de vie, il se contente d'obéir à une loi pour lui sacrée que ses ancêtres respectèrent scrupuleusement depuis les croisades : ne jamais en branler une.

 Le travail étant fait pour les gens à la naissance commune, ce qui leur permet de fréquenter ateliers, usines, bureaux, wagons de RER, correspondances de métro à l'heure de pointe et autres menus plaisirs.

 Pendant ce temps consacré au labeur, Jeannot se donne tout entier à la poésie. Il fit publier la totalité de son oeuvre qu'il devait intituler Fêlures et qui comportait pas moins de vingt-cinq mille alexandrins répartis en douze volumes dont voici les titres, dans l'ordre :

 Interstices, Chalcédoines, Sur le milieu du lac, Ineffable et fragile, Au coeur des nuits, Frondaisons, Calme mon âme calme, Aubade palatine, Ta robe dans le soir, Fragrances, Ô chemin sans retour et, le dernier, Vive le jambon et la saucisse, que les exégètes s'expliquent assez mal étant donné la rupture quasi totale avec le reste de l'oeuvre.

 Parallèlement, Jeannot a souvent postulé pour des prix mais jusqu'à présent, aucun laurier n'a couronné son front. Il n'en fallait pas plus pour qu'il décide - sur le champ - de se convertir au Bouddhisme pour réaliser son "éveil" et atteindre le nirvana.

 C'est peut-être pour cela - qu'en quittant la salle ! -, il a lâché cette phrase lapidaire :

- Bouddha nous apprend que chacun de nos souvenirs vit quelque part au fond de nous, peut-être pourriez-vous transporter vos réflexions dans le jardin des méditations*.

 

* Phrase issue de Very bad Trip 2 (pour les amateurs).

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Published by Régis IGLESIAS - dans Le Tour de Gaule
5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 17:38
Tidou à la plage
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Published by Régis IGLESIAS - dans Livre d'or

Livre d'or

Première affiche

 

  "MA MAMIE M'A DIT"  

Spectacle nostalgique 

 

"On nous avait promis la magie, promesse tenue : un spectacle plein de féérie de souvenirs où chacun se retrouvait. Une belle énergie. Les résidents ont adoré. Merci." Marie ("La Clairière de Luci" - Bordeaux)
 
"Formidable ! Nous sommes tous remontés dans le temps, nous avons vingt ans, on a ri, on a presque pleuré et surtout on a chanté. Merci." Cathy (Arles)
 
"Un véritable petit chef d'oeuvre" ; "La légion d'honneur pour la créativité" "Un véritable artiste" ; "Après-midi formidable" ; "Absolument parfait" ; "Une rétrospective originale" ; "Un très bon moment d'évasion". Propos recueillis à la résidence Emera d'Angoulême  
 
"Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux... C'était magnifique. Nous avons revu toute notre jeunesse et notre enfance. Et c'est beau de redevenir jeune dans l'ambiance d'autrefois." Aimée et Janine
 
"Les chansons, les réclames et les anecdotes ont transporté les résidents dans leur enfance. Une après-midi de nostalgie mais aussi de chansons et de rires. Merci encore pour ce magnifique spectacle." Sandrine
 
"Spectacle complet, tellement agréable et thérapeutique pour nos personnes âgées, encore félicitations !" Docteur Souque
 
"Un choix extraordinaire de chansons, des moments magiques, des photos magnifiques, vous nous avez mis de la joie dans le coeur. Et retrouver sa jeunesse avec tous ces souvenirs, ça fait plaisir et j'espère que vous reviendrez nous voir." Mme Lorenzi (Juan-Les-Pins)
 
"Pour ma fête, par un pur hasard je me suis retrouvé dans un club de personnes âgées où j'ai pu assister à votre spectacle sur le passé. Cela m'a rappelé mes grands-parents et mes parents et c'était vraiment un moment magique." Josette, La Roque d'Antheron
 
"Bravo bravo bravo Regis, c'est le meilleur spectacle que j'ai vu depuis que je fais le métier d'animatrice." Bénédicte La Salette-Montval (Marseille)
 
"Je n'imaginais pas lorsque je vous ai accordé un rendez-vous que vous enchanteriez pendant 1 h 1/4 les personnes âgées d'une telle façon. Merci pour votre prestation qui a fait revivre les moments publicitaires, évènementiels et musicaux de leurs vies." Michelle, CCAS de Toulouse
 
"Un super voyage dans le temps pour le plus grand plaisir des résidents. Merci à Régis pour cette magie et à bientôt." Brigitte (Lunel)
 
"Enfin un retour à notre "époque". Quel bonheur, que de souvenirs, quelle belle époque ou l'amitié était de mise. Merci pour cette très belle après-midi, on s'est régalé avec ce très très beau spectacle". Danielle (Mirandol)
 
"Super - divinement bien -  tout le monde était enchanté même que M. Benaben a dit : "Vous nous avez donné l'envie de revivre notre vie"." Sylvie (Sainte Barthe)
 
"Un grand merci pour ce bon moment et je crois, je suis sûre, qu'il a été partagé par mon mari." Mme Delbreil
 
"Une féérie de l'instant." Christian
 
"Beaucoup d'émotion dans ce spectacle plein de chaleur et d'humanité." Sylvie
 
"Une soirée inoubliable. Continuez à nous émerveiller et faites un long chemin." Claude
 
"Le meilleur spectacle que j'ai jamais vu. De loin." Tonton Kiko
 
"C'est bien simple, je n'ai plus de Rimmel !" Claudine (seconde femme de Tonton Kiko)
 
"A ma grande surprise, j'ai versé ma larme. Tu as atteint mon coeur. Bravo pour ces sentiments, ces émotions fortes, j'ai eu des frissons par moment." Ta couse Céline
 
"Redge, encore un bon moment passé en ta présence. On était venu plus pour toi que pour le spectacle, mais quelle agréable surprise ! On est fier de toi, continues d'oser, de vivre !" Pascale
 
"J'avais froid, un peu hagard, l'humeur moribonde et puis voilà, il y a toi avec toute ta générosité, l'intérêt, l'affection que tu as toujours su apporter aux autres, à moi aussi et Dieu sait si tu m'as rendu la vie belle depuis qu'on se connaît comme tu as su le faire une fois de plus." Jérôme
 
"Ce spectacle est nul à chier et je pèse mes mots." Gérard
 
memoria.viva@live.fr

Ma Mamie m'a dit...

Madka Regis 3-copie-1

 

COLLECTION "COMEDIE"

Mamie est sur Tweeter

Mamie n'a jamais été Zlatanée !

Mamie doit travailler plus pour gagner plus

Mamie, tu l'aimes ou tu la quittes

"Casse-toi pauvre Régis !"

Papi a été pris pour un Rom

Mamie est sur Facebook

Papi est sur Meetic

Il y a quelqu'un dans le ventre de Mamie

Mamie n'a pas la grippe A

La petite maison close dans la prairie

 

COLLECTION "THRILLER"

Landru a invité Mamie à la campagne...

Sacco et Vanzetti

Mamie a rendez-vous chez le docteur Petiot

La Gestapo française

Hiroshima

 

COLLECTION "SAGA"

Les Windsor

Mamie et les cigares du pharaon

Champollion, l'homme qui fit parler l'Egypte

Mamie à Tombouctou

 

COLLECTION "LES CHOSES DE MAMIE"

Mamie boit dans un verre Duralex

Le cadeau Bonux

Le bol de chocolat chaud

Super Cocotte

Mamie ne mange que des cachous Lajaunie

 

COLLECTION "COUP DE COEUR"

Mamie la gauloise

Mamie roule en DS

Mamie ne rate jamais un apéro

Mamie et le trésor de Rackham le Rouge

 

COLLECTION "DECOUVERTE"

Mamie va au bal

La fête de la Rosière

Mamie au music-hall

Mamie au Salon de l'auto

 

COLLECTION "SUR LA ROUTE DE MAMIE"

Quand Papi rencontre Mamie

Un Papi et une Mamie

Mamie fait de la résistance

Mamie au cimetière

24 heures dans la vie de Mamie

 

COLLECTION "MAMIE EXPLORE LE TEMPS"

Jaurès

Mamie embarque sur le Potemkine

Mamie et les poilus

Auschwitz

 

COLLECTION "FRISSONS"

Le regard de Guynemer

Mr et Mme Blériot

Lindbergh décroche la timbale

Nobile prend des risques

 

COLLECTION "MAMIE EN BALLADE"

Mamie chez les Bretons

Mamie voulait revoir sa Normandie !

La fouace Normande

La campagne, ça vous gagne...

Mamie à la salle des fêtes

Launaguet

La semaine bleue

Le monastère

 

COLLECTION "MAMIE AU TEMPS DES COURTISANES"

Lola Montès

Les lorettes

Mme M.

Napoléon III

Plonplon

La marquise de Païva

Mme de Pompadour

Générique de fin